Le Liban signe un contrat avec Total sur le gaz…israélien

 

Telles des frontières terrestres établies en fonction de l’historique d’un pays, lesquelles peuvent fluctuer en fonction de décisions nées d’accords diplomatiques ou d’actes de guerre, il existe des frontières maritimes soumises aux mêmes règles !

Depuis plusieurs années, la Méditerranée orientale est devenue une zone d’exploitation gazière active, notamment après la découverte de gisements au large d’Israël, de Chypre et de l’Egypte, ce qui n’a pas manqué de donner lieu à des tensions entre divers pays de la région sur la légitimité des droits et des frontières maritimes de chacun…

Ainsi, très récemment, obligation fut faite au ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, de dénoncer une attitude provocatrice de la part du Liban qui s’est senti autorisé de lancer des appels d’offre pour l’exploitation de ressources offshore et signer vendredi dernier son premier contrat d’exploration d’hydrocarbures avec un consortium alliant le groupe pétrolier français Total, l’italien ENI et le russe Novatek … Alors que le différend entre Beyrouth et Jérusalem concernant la délimitation de leurs frontières maritimes n’est toujours pas résolu !

« Lorsqu’ils (les autorités libanaises) attribuent l’exploitation d’un champ gazier, notamment le bloc 9, qui, selon tous les normes, nous appartient, il s’agit d’un comportement très très provocateur », a lancé M. Lieberman.

Qui, comment, en fonction de quoi est déterminé l’espace de chacun ?

Selon l’Article 56 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la Zone Économique Exclusive (ZEE) est un espace maritime (sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière économique) qui s’étend de la ligne côtière jusqu’à une profondeur maximale de 370 km.

Je vous fais grâce des détails* mais dans le cas du Liban et d’Israël, c’est notamment la délimitation de cette zone qui pose problème.

Et risque d’en poser encore longtemps !

Il suffit d’entendre le ministre libanais de l’Energie, César Abi Khalil, dénoncer « l’hérésie israélienne » en ces termes : « Il n’y a ni zone disputée ni contentieux. Il y a agression », a-t-il déclaré à l’AFP. « Israël a adopté le tracé de sa zone économique exclusive (ZEE) avec une frontière située plus au nord que celle notifiée dès 2010 par le Liban aux Nations unies, et définie selon les lois internationales (…). Le bloc 9 est situé entièrement dans les eaux maritimes libanaises », a-t-il martelé.

Quant au député Nawaf al-Moussaoui du Hezbollah, cet ennemi juré d’Israël, d’affirmer que le Liban « n’accepterait aucune agression contre (ses) droits nationaux »..

Les États-Unis mènent de leur coté une médiation depuis plusieurs années déjà pour trouver une solution au contentieux concernant une zone disputée de 860 km² en mer sur laquelle déborderait le bloc 9 et dans ce contexte a dépêché mardi à Beyrouth le secrétaire d’État adjoint pour les affaires du Proche-Orient, David Satterfield.

Que peut en espérer Israël ?

Depuis toujours, (même combat !), qu’elles soient terrestres ou maritimes, les frontières de ce tout petit pays ont toujours été remises en cause …

Il suffit de se souvenir de Tabba et ce magnifique hôtel construit par les israéliens « rendu » à l’Egypte sous le fallacieux prétexte que le tracé physiquement trop épais de la frontière à cause d’une mine de crayon mal taillée laissait à penser que cet établissement superbe pouvait avoir été installé en terre égyptienne !

Quant au bloc N°9, espérons qu’il ne connaitra pas le même sort !


* Dans sa ZEE, l’État côtier « a des droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, biologiques ou non biologiques, des fonds marins et de leur sous-sol, ainsi qu’en ce qui concerne d’autres activités tendant à l’exploration et à l’exploitation de la zone à des fins économiques, telles que la production d’énergie à partir de l’eau, des courants et des vents ».

De plus, cette ZEE ne doit pas être confondue avec les eaux territoriales, c’est à dire l’espace maritime sur lequel s’étend la pleine souveraineté de l’État, c’est à dire qu’il peut y exercer ses lois et réglementer toutes ses utilisations. Les eaux territoriales s’étendent jusqu’à 22 km à partir de la côte.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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