L’histoire des Juifs (blancs et noirs) de Cochin en Inde

 

Ville de Cochin (Etat de Kérala). Nous sommes à 1200 km au Sud de Bombay sur la côte des Malavbars en Inde. Une  communauté, qui n’a rien de commun avec les B’nai Israël s’est développée. Son origine est partiellement entourée de légende. Elle comporte trois groupes bien distincts : les Blancs, les Noirs et les Meshurarim ou émancipés.

On put, à peu près, établir l’origine des Blancs de Cochin. Ils sont un mélange de réfugiés, ayant fuit la Judée après la destruction du premier Temple, et en partie d’autres réfugiés qui débarquèrent à partir du début du 16ème siècle, venant d’Espagne, de Hollande, d’Allemagne et de Syrie. L’assimilation entre les Juifs de ces origines disparates fut relativement facile, de façon à en constituer, en peu de temps, une ethnie presque homogène.

Par contre, les Noirs et les Meshurarim ont la peau très foncée, comme celle des Hindous de cette région. Leur origine n’est pas connue ; on suppose que les Noirs soient descendants d’Hindous convertis, alors que les Meshurarim seraient issus d’anciens esclaves émancipés, également convertis au judaïsme.
Il y a là un état de choses bien confus, en dépit des contacts de cette communauté avec le monde extérieur, juif et autre, depuis plusieurs siècles.

Déjà vers 1170, Benjamin de Tudéla, de passage dans la région, constate la présence d’un millier de juifs, aussi noirs que leurs voisins, qui observaient la Torah, et même la loi orale. Il y a ensuite un grand vide jusqu’au début du 16ème siècle, lorsque la femme du voyageur portugais Gaspar de Gama, qui était juive de Cochin, rapporta à ses coreligionnaires beaucoup de livres de prières en hébreu, qui avaient été confisqués à des Juifs au Portugal, lors de leur exode en 1497.

Par la suite, les contacts avec le monde extérieur furent plus fréquents, grâce surtout à l’arrivée de nombreux marranes d’Espagne et du Portugal. Sous la domination portugaise, jusqu’en 1663, c’est grâce à la protection du rajah (gouverneur local), que les Juifs purent garder leur identité, en évitant la conversion forcée ou l’expulsion, sous la contrainte des agents de l’Inquisition par ordre du Pape.

Les hollandais débarquent

En 1663, ils accueillirent les Hollandais (qui chassèrent les Portugais) en libérateurs, d’autant plus qu’ils s’étaient eux-mêmes libérés de l’autorité pontificale. Peu après, une délégation de la communauté juive d’Amsterdam arrivait à Cochin, pour examiner sur place les problèmes de leurs coreligionnaires.

Synagogue de Cochin
Synagogue de Cochin

Bien que depuis lors les contacts avec l’extérieur aient été maintenus et l’émancipation assurée, les juifs de Cochin sont restés divisés en trois groupes, comme auparavant. Encore au début de ce siècle, cette discrimination était visible, excluant tous liens, surtout entre les Blancs et les autres. En outre, jusqu’en 1932, les Meshurarim n’étaient pas admis aux synagogues des autres groupes, sauf à Simhat-Thora.
Cependant, dès 1882, Rav Leir Panigel, Grand Rabbin d’Israël, déclarait que les Juifs Noirs de Cochin étaient de vrais Juifs, tandis que les Meshurarim devaient passer un processus de conversion.

En 1948, beaucoup de Juifs cochinois demandèrent à s’établir en Israël. La première aliya fut cependant retardée par le gouvernement israélien, qui voulait avoir tout apaisement sur l’immunisation des nouveaux immigrés contre l’éléphantiasis, maladie très répandue au Kérala. Dès qu’il fut établi que cette maladie n’est pas contagieuse, un premier flux de deux mille personnes eut lieu entre 1953 et 1955. En 1970, plus de quatre mille se trouvaient définitivement intégrés en Israël. Il en restait encore quelques milliers en Inde, où ils vivent toujours en parfaite harmonie.

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