Les négociations entre l’Iran et les Occidentaux piétinent

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Muhammad Javad Zarif, a entamé à Muscat, à Oman, des pourparlers sur le programme nucléaire iranien. Ses partenaires sont le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, John Kerry, et la représentante européenne, encore en poste, des Affaires étrangères, Catherine Ashton. Leur but : mettre fin à l’impasse des négociations.

La reprise des discussions pour la levée des sanctions qui frappent l’Iran en échange d’une réduction sensible d’enrichissement d’uranium, a lieu seulement deux semaines avant le terme fixé par les Occidentaux du 24 novembre 2014. La presse iranienne s’est contentée de signaler la reprise des discussions sans donner de détails. En attendant la date fatidique, d’après l’AIEA, (l’agence à l’énergie atomique de l’ONU), les Iraniens entassent des stocks d’uranium enrichi, parvenant ainsi à 8,4 tonnes, 8% environ d’augmentation par rapport à leur dernière estimation en l’espace de deux mois.

« L’Occident exige des actes concrets. 

Le négociateur iranien affirme que les deux parties sont résolues à parvenir à un accord. L’AIEA pense que si aucun accord n’est signé avec l’Iran, le monde verra sa montée en puissance. Afin que les choses soient bien claires, l’AEIA a remis un rapport confidentiel détaillé aux 5+1. Le niveau de traitement du gaz d’uranium réalisé par la République islamique donnera la mesure exacte de sa capacité à obtenir l’arme atomique. L’Iran continue à prétendre que son programme nucléaire est pacifique, mais les Occidentaux exigent des actes concrets pour être sûr que l’Iran ne sera pas en mesure de produire des armes nucléaires. L’Iran et les six pays se réuniront à Vienne le 18 novembre pour tenter de sceller un accord à long terme, de crainte de voir se soulever une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Le rapport qui a été remis aux Occidentaux fait mention d’une augmentation de 625 kg de matières fissiles par rapport à septembre 2014, et que les stocks actuels se situent à 8.390 kg. L’Iran a stoppé son enrichissement d’uranium à 20% pour répondre à un accord intérimaire, mais il enrichi encore des stocks d’uranium.

« Israël n’adhère à aucune des conclusions des 5+1. »

Les experts occidentaux affirment que l’Iran pourrait utiliser l’uranium qu’il possède pour fabriquer des armes nucléaires en quelques mois. Les négociateurs des 5+1 voudraient que ce délai soit d’un an, alors qu’Israël a demandé que ce délai soit de trois ans. Même la solution de transférer les stocks existants d’uranium à la Russie, qui en ferait des barres de combustible, ne satisfait pas les Israéliens, pour la raison simple que les centrifugeuses resteraient montées et prêtes à être mises en service.

Il semble évident que pour les analystes de l’AIEA, l’Iran tente de gagner du temps et d’exacerber les Occidentaux qui sont pressés d’arriver à un accord. Mais si la réduction de stock d’uranium n’est pas satisfaisante, ni son transfert vers la Russie, les Occidentaux seront prêts à allonger les négociations, ce qui serait un signe négatif qu’ils enverraient à l’Iran, le signe de leur absence de détermination. Et même s’ils arrivaient à ce genre d’accord, Israël ne serait toujours pas satisfait.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *