Les migrants : Une nouvelle/ancienne forme d’islamisation

La question des migrants fut longtemps occultée voire déniée par les pouvoirs en place en Europe. Tous ceux qui osaient en parler étaient considérés comme des racistes, des fachistes ou relégués avec mépris au rang d’adeptes de l’extrême-droite. Il était de bon ton de se ranger parmi les humanistes ouverts à l’accueil de l’autre. Par Yehouda DJAOUI

Vu d’Israel, ces élans compassionnels actuels pour les migrants contrastent avec les réactions de ces populations européennes vis-à-vis des juifs, il n’y a que quelques décennies. Nous n’avons pas oublié la déchéance de nationalité imposée aux Juifs, la spoliation de leurs biens, les dénonciations indignes et les déportations avec l’aide effective de la police nationale. Nous n’avons pas oublié l’Exodus parti des côtes de France et refoulé avec sa cargaison de rescapés de la Shoah.

Aujourd’hui, on distingue les réfugiés qui fuient le danger dans leurs pays des migrants qui recherchent ailleurs de meilleures conditions de vie. N’est-il pas étonnant de constater qu’il ne s’agit, en grande majorité, d’homme jeunes et robustes issus essentiellement de pays musulmans ? La constatation de ces faits relève-t-elle du racisme ou la triste réalité ?

Après s’être déchirés, les pays européens ont réuni un Sommet pour s’interroger, non pas sur les causes et les conséquences de ces transferts de population mais sur manière d’imposer des quotas de répartition de ces nouveaux arrivés légalement ou non !

A-t-on encore en France, qui fut de mon temps, la Fille Aînée de l’Eglise, le droit d’évoquer la dimension religieuse de ces nouveaux arrivants ? La laïcité est devenue le nouveau credo de la République, elle autorise l’expansion de l’Islam en France mais jugule ses racines chrétiennes ! Elle autorise l’expression des musulmans mais bâillonne celle des Chrétiens ! Elle censure les revendications nationalistes et respecte les identités des nouveaux venus !

 La complexité de l’Islam

Le temps est venu de connaitre et de comprendre la complexité de l’Islam, non pas seulement par les musulmans mais aussi par la voix d’islamologues non musulmans, seuls capables de décrypter la véritable doctrine religieuse et de mettre en évidence leurs non-dits.

Il est classique de se voir rétorquer qu’il faut être musulman pour comprendre vraiment l’Islam. Cet argument est bien fallacieux.  A ceux-là, je répondrais, faudrait-il être esquimau pour apprendre à connaitre l’art Inuit ou encore Aztèque pour apprécier leur civilisation ? N’appelle-t-on pas cela, tout simplement la culture ?

Alors que l’expansion territoriale du christianisme fut caractérisée par son aspiration à vouloir évangéliser les populations, la doctrine de l’Islam se distingue par sa volonté d’islamiser toute la terre. Le regard des Chrétiens est tourné vers le ciel alors que celui des musulmans est plutôt attiré par la terre.

L’Islam n’est pas venu pour coexister mais pour remplacer les autres religions. Dans le concept musulman, la religion juive a disparu avec la chrétienté et la chrétienté a disparu avec l’Islam, dès lors « la seule religion pour Allah est l’Islam ».

Selon la doctrine de l’islam, le monde se divise en deux :

le Dar al Islam, la Maison de l’Islam, qui est la partie du globe où l’islam domine, où il a le pouvoir politique

le Dar al ‘Harb, la Maison de la Guerre. l’autre partie du monde qui n’est pas soumise à la domination politique de l’islam.

Entre les deux, doit exister un état de guerre perpétuel, qu’une trêve peut suspendre momentanément, lorsqu’il y va de l’intérêt des musulmans. (maslaha).

La volonté d’Allah

Étendre le Dar al Islam, c’est accomplir le mieux possible la volonté d’Allah, et conquérir le paradis concret, matériel, réservé aux plus saints des musulmans : celui de martyr mort pour l’agrandissement du Dar al Islam.

Le symbole idéal de cette conquête, le jihâd, est le glaive : c’est l’arme de la conquête que l’on voit représenté sur de nombreux drapeaux et emblèmes de pays musulmans Cet idéal de conquête permanente, englobant l’ensemble du monde, est vécu par les musulmans comme un idéal de paix puisque, après son accomplissement, il n’y aurait qu’une seule entité, le Dar al Salam, la Maison de la Paix.

L’Islam n’est vraiment lui-même que dans sa dimension politique et étatique comme il est dit : « Al islam din wa-dawla », (l’Islam est religion et État), contrairement au titre péremptoire du livre de Dalil Boubakeur: « Non ! L’Islam n’est pas une politique » [1]

On assiste aujourd’hui à une troisième vague d’islamisation de l’Occident.   « Dans le passé, le jihad combinait la terreur, l’immigration, la corruption et souvent la collusion des responsables politiques et religieux chrétiens. Or de nos jours, contrairement au passé, il n’y a pas de conquête militaire de l’Europe, mais un accueil enthousiaste des idéologies et passions islamistes par des sociétés désagrégées se berçant du déni de l’histoire et de la réalité, pour se droguer d’un pacifisme antisémite qui se retourne en boomerang ». Et Bat Ye’or d’ajouter : « Ainsi le palestinisme fut le cheval de Troie de la vassalisation de l’Europe ».[2]

Alors que population de l’Europe est en constante diminution, celle des autres continents, au contraire, ne cesse d’augmenter. Pour conjurer le vieillissement de leurs populations ainsi que la chute de leurs populations actives et afin d’éviter la mise en péril des systèmes de sécurité sociale et de retraite, les gouvernements d’Europe de l’Ouest ont longtemps encouragé une immigration sans contrôle provoquant un dangereux emballement démographique.

   Du fait de leur proximité géographique, les pays musulmans du bassin méditerranéen sont devenus les principaux fournisseurs de nouveaux Européens.

Renoncer à l’espoir chimérique d’une réforme de l’Islam

Ces nouvelles vagues d’immigration massive et clandestine sont-elles encore aujourd’hui une chance pour la France ?

Ces migrations massives risquent de devenir un problème vital pour tout l’Occident et les promoteurs de la doctrine de l’Islam ont bien compris qu’ils pouvaient se servir des valeurs de l’Occident pour combattre l’Occident.

L’article 30, la charte du Hamas est à cet égard très important à connaitre. Il précise : « Les écrivains, les intellectuels, les gens des médias, les orateurs, les éducateurs, les enseignants, et tous les secteurs du monde arabe et islamique doivent jouer ce rôle et accomplir leur devoir à cause de la férocité de l’offensive sioniste et de l’influence sioniste dans de nombreux pays où ils ont mis la main sur les finances et les médias. Le jihâd ne se limite pas au combat et à la confrontation armée avec l’ennemi. Le mot qui porte, le bon article, le livre utile, l’appui et la solidarité, ainsi que le désir sincère de hisser la bannière d’Allah toujours plus haut, sont partie intégrale du jihâd pour Allah ».

La « vieille » Europe commence à être consciente de cette stratégie de conquête. Va-t-elle vraiment prendre des dispositions pour enrayer ces flots migratoires. Pour cela, elle devra sortir des « islams rêvés » et renoncer à l’espoir chimérique d’une réforme de l’Islam, à un aggiornamento, comme a su le faire l’Eglise dans la ligne du deuxième concile du Vatican.

—————————————————————————————————————

[1]  Dalil Boubakeur Non ! L’Islam n’est pas une politique. Desclée de Brouwer

[2] Bat Ye’or Les Chrétiens d’Orient, entre jihad et dhimmitude. Editions Jean-Cyrille Godefroy.

Yéhouda Djaoui

Yéhouda Djaoui

Ecrivain israélien. Auteur des livres - Israël, la paix et les médias. Editions Brit Chalom 1998. - Le temps des confusions. Editions Le Manuscrit 2006. - Israël miroir du monde. Editions Persée 2009. - Quand l’Occident s’éveillera…Editions Persée 2012 -Amnésie internationale. Editions Persée 2014.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *