Les femmes de Daesh, des chasseuses de têtes efficaces

Bien que leur place ne soit pas au front, selon la hiérarchie de Daesh, les femmes ne se cantonnent pas à élever les jihadistes de demain. Si la présence de certaines à des postes stratégiques tient de l’anecdote, la plupart participent au recrutement via les réseaux sociaux.

En mai dernier, un raid américain avait eu raison d’Abou Sayyaf, le ministre du pétrole de l’EI. Les États-Unis en ont profité pour capturer son épouse, Umm Sayyaf. La veuve détenait une position stratégique au sein de l’organisation.

“Umm Sayyaf n’avait pas formellement de position au sein de la hiérarchie de l’organisation mais ses responsabilités officieuses étaient nombreuses. Le réseau qu’elle animait au sein du groupe était chargé de recruter des femmes, d’accumuler des renseignements et d’organiser l’esclavage sexuel dans le califat.”

Daesh est à l’origine d’un large réseau d’esclavage sexuel. Entre 2 000 et 5 000 femmes seraient sous son joug, dont bon nombre sont issues de la communauté Yézidie.

“Leur rôle est d’élever leurs enfants dans l’idéologie jihadiste”

Leur fonction majeure reste celle de mère de foyer, de se concentrer sur l’éducation des enfants et prendre soin de leur mari combattant. Umm Sayyaf fait figure d’exception. “Elle n’avait d’existence qu’à travers son mari qui était ministre du pétrole. Aucune femme n’est à un poste de commande”, assure le journaliste David Thompson. S’il n’y a aucune chance de voir une femme armée d’un fusil sur la ligne de front, il est en revanche possible que certaines occupent des postes dans les hôpitaux ou les écoles. “Puisque selon la loi islamique un homme n’a pas le droit de soigner une femme, il doit certainement y avoir des femmes médecins”, suggère le reporter de RFI.

Reines des RH

Cela n’empêche pas les femmes de participer, de leur domicile, à la croissance de l’entreprise. Celles-ci seraient visiblement adeptes de télétravail.

“Les femmes sont très actives sur le recrutement via internet. C’est quelque chose qui n’est pas forcément très organisé, chacune le fait à sa façon. Elles ont un rôle d’incitation de femme à femme”, détaille David Thomson.

Depuis leur ordinateur, elles sont de formidables chasseuses de têtes pour le compte de l’EI. Sur les réseaux sociaux, elles racontent leur quotidien et encouragent leurs “sœurs” à les rejoindre.

En 2013, une Écossaise de 19 ans, Aqsa Mahmood, quitte soudainement Glasgow pour rejoindre le territoire de l’EI. Depuis, la jeune femme s’est ouvert des comptes sur plusieurs réseaux sociaux, notamment un tumblr intitulé “Umm layth”. Elle y décrit son quotidien, un univers où “tout n’est pas parfait”, contrairement à ce qu’elle avait imaginé, mais toujours mieux que le monde des “Kuffr” (mécréants). Des récits de vie dont l’unique but est de séduire des potentielles recrues. La BBC a recensé plusieurs tweets de l’Écossaise faisant l’apologie du terrorisme. Elle serait à l’origine du recrutement de trois jeunes Londoniennes de 15 ans, ayant récemment rejoint la Syrie.

Participer au choix de leur co-épouse

Le recrutement des jeunes filles se fait souvent via un mariage avec un soldat de Daesh. Engagées devant Dieu, elles quittent leur famille et leur pays pour retrouver leur “âme sœur”. On découvre le fonctionnement d’un vaste réseau de rencontre mis en place par l’EI. jusqu’à organiser des mariages par Skype. Mais les hommes ne sont pas les seuls à choisir leur future maîtresse de foyer. Si les femmes sont autant présentes dans le recrutement sur les réseaux sociaux, c’est aussi parce que “certaines cherchent des co-épouses pour leur mari”. La polygamie étant perçue comme un prescription religieuse, les épouses anticipent la venue de nouvelles femmes dans leur foyer, et s’impliquent dans la sélection.

D’après une étude publiée en septembre 2014, le France est la nationalité la plus représentée parmi les recrues féminines de Daesh, avec 63 filles.

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