Les dernières heures de ma grand-mère avant de quitter ce monde

Voici un récit tendre et poignant que nous a fait parvenir un lecteur de Coolamnews. Roy Hassan raconte les derniers instants de vie de sa grand-mère.

Une nuit, Aiza Dayan s’est réveillée lentement et tranquillement. Pour Aiza (Aïcha) Dayan, il était clair que l’ange de la mort se présentait à elle ce soir-là. Elle a dirigé son regard autour d’elle et a marmonné les noms des justes, rabbi Shimon Bar Yochai, rabbi Baba Sali, Rabbi Meir Baal Haness… Elle avait fait ainsi toute sa vie.

 Le matin, Aiza Dayan a demandé à son aide-soignante de la doucher, de lui couper les ongles, de l’habiller en blanc et de la mettre sur le sol de la chambre.

 » Quelque chose ne va pas Mme. Aiza ? » demanda la jeune femme

  » L ‘ ange de la mort vient me chercher. Appelle mes filles et dis-leur de venir. Dis également à mes petits-enfants de venir me saluer une dernière fois. Dans quelques heures je ne serai plus là  », a-t-elle répondu.

Une heure plus tard, nous sommes presque tous arrivés à la maison de retraite à Ein Hahoresh. Grand-mère Aiza n’arrivait plus à marcher. Nous l’avons soutenue toute de la journée. Avant d’entrer dans la chambre de mamie, nous avons dû calmer ma mère et sa sœur, qui connaissait assez bien grand-mère pour savoir qu’il ne s’agissait pas d’une fausse alerte. Nos larmes coulaient en permanence.

Allongée et calme, habillée de blanc

Je voulais les rassurer et leur dire que tout aller rentrer dans l’ordre, mais je n’en ai pas eu le courage. J’avais l’impression qu’ils savaient que quelque chose allait se produire. Nous étions d’accord à l’unanimité : pas de larmes ni d’hystérie. Nous avons aperçu mamie Aiza depuis le couloir. Elle était allongée et calme, habillée de blanc.

Mazal, sa fille aînée, est entrée en premier et avant même de prononcer un seul mot elle éclata en larmes. Il était impossible de ne pas l’entendre. Après elle, ma mère est entrée et ce fut à notre tour, les petits enfants. Mamie Aiza nous a parlé à tous et nous a dit avec détermination et tendresse:  » Ne pleurez pas pour moi, je suis vieille, c’est comme ça que le monde est « . Elle a béni chacun de nous en joignant ses mains sur nos têtes comme elle l’a toujours fait. Puis nous l’avons embrassée tour à tour. L’odeur de son doux parfum embaumait dans la pièce.

Nos adieux ont duré environ une demi-heure. Après quoi mamie Aiza a soudainement plongé dans un profond sommeil. Le personnel soignant nous a demandé de quitter la chambre. Ils ont pris son pouls. Son souffle était très irrégulier, mais malgré leurs tentatives, ils n’ont pu la réveiller.

Cette nuit-là, ma grand-mère s’est réveillée

Quelques minutes plus tard, une ambulance est arrivée. Ma mère et sa sœur ont pris place à bord avec elle. Nous suivions dans nos voitures. À l’hôpital, ils nous ont dit que mamie Aiza se trouvait dans le coma et qu’elle risquait de ne plus se réveiller.

Mais cette nuit-là, elle s’est réveillée. Elle avait une affaire en cours. Elle a demandé à ma mère de sortir le linceul en coton blanc du placard. A la mort de papy Shimon, ma grand-mère avait acheté deux linceuls blancs identiques, pour son mari et plus tard…pour elle. Puis elle a donné ses instructions : Elle a demandé qu’il y ait une séparation lors de ses obsèques. Ce qui signifie que les femmes attendront sur l’esplanade, là où seront prononcées les oraisons funèbres au cimetière. Les hommes poursuivront seuls vers le lieu de sépulture.

Je lui ai demandé  » mamie tu as peur ? »,  » je n’ai pas peur, mon fils, les justes sont avec moi, n’aie pas peur pour moi « , répondit-elle d’une voix faible.  » Ma dernière phrase fut : « je n’ai pas peur mais tu vas beaucoup me manquer mamie Aiza ». J’ai embrassé ses yeux et je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer.  » Tu es mon âme « , fut la dernière phrase qu’elle prononça.

Ses yeux se sont progressivement fermés. Elle ne les a plus rouverts. Le lendemain après-midi, deux heures avant l’entrée du chabbat, elle a quitté ce monde.

 Roy Hasan (Texte mis en forme par David Sebban pour Coolamnews)

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David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

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