Les boules puantes du pouvoir !

Suite à deux années d’investigation, la police israélienne a transmis ses conclusions et préconisé de déférer le Premier ministre Benyamin Netanyahou devant la justice, pour fraudes, abus de confiance et corruption. Le numéro un israélien clame son innocence et se refuse à toute démission. Par Rony Akrich

L’affaire est entre les mains du procureur général Avishaï Mandelblit, qui sera chargé de trancher en faveur, ou non, d’une mise en examen du Premier ministre. La décision peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en attendant Mr Netanyahou jouit de la présomption d’innocence.
Je m’exprime dans ce texte à propos de l’ensemble de la classe politique et non point autour de la seule polémique visant Mr Netanyahou.

Rendons-nous à l’évidence, le pouls de notre société bat à l’unisson de la consommation sous toutes ses formes, les valeurs essentielles sont les moyens d’acquisition, et, parmi ces dernières, celles qui emportent le ‘pompon’,  l’approbation des masses, c’est un ‘secret de polichinelle’: l’argent et le pouvoir! Le poumon de nos nouvelles sociétés vit et respire grâce à ces seules monnaies sonnantes et trébuchantes, ainsi en va-t-il pour nos ‘homo-politicus’, au pluriel bien sûr.

Finie l’identité morale, seule la valeur marchande compte

Ils ont bouleversé l’idéal moral et le vécu éthique, ils sont devenus la valeur des valeurs, une terminologie qui de nos jours  a perdu son sens premier, finie l’identité morale, seule la valeur marchande compte. Les puissances de l’argent, à travers l’ensemble des multinationales, administrent le monde, régissent notre système et rendent les gouvernants, comme les gouvernements, esclaves de la pieuvre financière.

Selon Platon dans la ‘République’, un régime politique est juste si la sagesse et l’intelligence y gouvernent sans compromis. Un véritable responsable politique, militaire ou spirituel, doit se considérer comme serviteur de sa cause et des personnes qu’il représente.  Son dévouement sans bornes envers la communauté humaine traduit une sensibilité et une intelligence face aux difficultés du quotidien. Il conduit et préconise un modèle politique, non seulement selon son entendement mais aussi, en restant à l’écoute de ses administrés qu’il rencontre chez eux.

La boite de Pandore

Le premier faux pas, à ce niveau d’accréditation, peut sembler anodin mais il ouvre une boite de Pandore révélatrice de comportements équivoques, de conduites douteuses  et, par conséquent, peuvent-être, la cause foncière d’une injustice toujours plus grande. Les responsables politiques doivent admettre leur ayant droit à cet énorme privilège qu’est la charge du service public.

Cette gratification requiert chez nos fonctionnaires une prise de conscience suffisamment mature pour renoncer à des dessous de table et autres dévoiements en contrepartie de services rendus.
Pour beaucoup de ces politiques comme de nos concitoyens il ne peut s’agir de corruption ni même d’abus de pouvoir car nul ne veut savoir, entendre et comprendre, tout est complot dans un monde manichéen.

Notre société entrent de plein pied dans l’engrenage fallacieux de la délation, des corbeaux, des mésalliances et des soit disant ‘fumée sans feu’. Quand les élus ne procèdent plus par idéal, tout devient un fardeau! Une chose entrainant une autre, ils n’ont plus aucun scrupule à exploiter leurs sujets devenus de vulgaires objets et assurer, ainsi, leurs avidités très personnelles et souvent intimes. Ils perdent tout sens des convenances et vilipendent toute forme de justice, en lieu et place de valeurs fondées sur le sentiment intime du droit, ils préfèrent se vautrer dans les honneurs puérils.

Un semblant de morale

Si la politique pouvaient conserver un semblant de morale, elle ne tenterait pas de s’accaparer ce qui ne lui appartient pas. La canaillerie des politiques les conduit indubitablement vers les profondeurs de l’ignominie. Une situation où l’honnêteté et la décence ne sont que des coquilles vides, des mots sublimes sans vie intime. Ils appréhendent le droit et la justice comme un simple et banal moyen d’assurer l’ordre social, mais totalement indifférent aux questions de « l’identité morale de la manière d’être l’Homme Hébreu. »

La corruption devient agaçante lorsqu’en tout lieu et temps, l’opportunisme tient le haut du pavé et  supplante le nécessaire bien-être collectif. Lorsque l’homme politique, fruit selon eux, de la Divine onction, prétend justifier tout et n’importe quoi, le désastre n’est jamais très loin et l’Histoire se charge de nous le rappeler, à chaque instant. On peut, sans trop d’efforts, déblatérer sur l’indispensable morale et vouloir lui donner un aspect caricaturale, nul ne peut l’éviter.

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

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