Les 6 flambeaux de la mémoire. Yom Hashoah 2020

Chaque année, six rescapés de la Shoah sont sélectionnés par Yad Vashem pour allumer six flambeaux, en mémoire des six millions de Juifs assassinés pendant la Shoah. Leurs histoires personnelles font écho au thème central choisi par Yad Vashem pour cette Journée du souvenir. Leurs parcours individuels seront retracés par le biais de 6 courts métrages, diffusés pendant la cérémonie.

Zohar Arnon

Zohar Arnon

Zohar Arnon est né à Kisvárda, en Hongrie, en 1928. A 15 ans, il s’installe à Budapest. Le 19 mars 1944, les nazis occupent la capitale hongroise. Zohar se rend alors dans les bureaux de la communauté juive de la ville pour s’enquérir des membres de sa famille, restés à Kisvárda. Là, il rencontre Efra Agmon, son chef de groupe du mouvement de jeunesse de l’Hashomer Hatzair. Agmon demande à Zohar : « Es-tu prêt à partir pour un voyage qui se terminera en Eretz Israël ? » Il lui dit alors d’attendre le lendemain soir, en face de la gare. Zohar arrive sur place à l’heure indiquée, mais ne voit pas Agmon. Soudain, un homme vêtu d’un uniforme de contrôleur de train hongrois s’approche de lui. Zohar recule, mais l’officier l’empoigne et lui dit : « Ne me reconnais-tu pas ? C’est moi, Efra. » Agmon est un membre de la résistance sioniste de Budapest qui délivre des milliers de faux papiers à de jeunes Juifs, et les fait passer clandestinement en Roumanie. Il donne à Zohar de faux papiers et des instructions. Zohar se rend en train à Nagyvárad, où il rencontre Moshe Alpan, un autre agent du réseau de résistance. Alpan va aider à faire passer Zohar en Roumanie. Ce dernier traversera la Bulgarie, la Grèce, la Turquie, la Syrie et le Liban. En janvier 1945, il arrive en Eretz Israël. Ses parents et deux de ses sœurs ont été assassinés pendant la Shoah. Zohar combattra lors de la guerre d’Indépendance. Avec sa femme Ahuva, il a eu deux filles.


Aviva Blum-Wachs

Aviva Blum-Wachs

Aviva Blum-Wachs est née à Varsovie en 1932, fille d’Abraham (Abrasha) et de Luba Blum. Abrasha est un leader du Bund, le parti des travailleurs socialistes juifs, et Luba la directrice adjointe d’une école d’infirmières. Aviva a un petit frère, Olek. Lorsque le ghetto de Varsovie est créé en octobre 1940, Luba sécurise un bâtiment pour son école d’infirmières et y emménage avec ses enfants. Lors des déportations de l’été 1942, les résidents de l’école d’infirmières sont conduits sur la place Umschlagplatz, point de départ des déportations vers les camps. Luba réussit à convaincre les Allemands de libérer les infirmières. Puis elle extraira clandestinement Aviva et Olek dans un véhicule utilisé pour transporter des cadavres. Au cours de l’Aktion de janvier 1943, les Allemands font irruption dans l’hôpital au 33 rue Gęsia et abattent des centaines de patients, médecins et infirmières. Luba réussit à cacher plusieurs infirmières et patients, ainsi que ses enfants. Luba fait sortir clandestinement ses enfants du ghetto. Aviva est alors déplacée de cachettes en cachettes. Son père, qui a participé à l’insurrection du ghetto de Varsovie, est arrêté par la Gestapo et assassiné. Luba et Aviva quittent Varsovie. Munie de faux papiers, Luba trouve du travail au sein d’une propriété polonaise. Mais des partisans polonais vont incendier le domaine, Luba et Aviva s’enfuient à Varsovie, où elles survivront jusqu’à la libération. Aviva immigre en Israël en 1950. Elle a une fille, quatre petits-enfants et dix arrière-petits-enfants.


Haim Arbiv

Haim Arbiv

Haim Arbiv est né en 1934, à Benghazi, dans une Libye alors sous la domination italienne. Fin 1940, les Britanniques lancent une attaque et prennent le contrôle de la région pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que les Allemands les repoussent et restituent le pouvoir aux Italiens. Pendant les combats, Haim et sa mère fuient la ville pour se mettre à l’abri des bombardements. Quand les Italiens reprennent le contrôle, le sort des Juifs, considérés comme des collaborateurs de l’ennemi, empire. Certains seront arrêtés et nombre de biens juifs seront confisqués. En 1942, la famille de Haim est déportée au camp de concentration de Giado, à 1 200 kilomètres de Benghazi. Là, chaque famille reçoit un espace de vie exigü à l’intérieur d’une cabane, avec des draps pour seule séparation. Des centaines de Juifs y meurent de faim, de fatigue et de maladie, dont une nièce de Haïm, nouvellement née. Après leur libération par l’armée britannique en 1943, la famille de Haim retourne à Benghazi. Ils immigreront en Israël en 1949. En raison de sa maîtrise de l’arabe, Haim intègre le Corps des renseignements de Tsahal. Haim a un fils, une fille et cinq petits-enfants.


Leah Reuveni

Leah Reuveni

Leah Reuveni est née à Iršava, en Tchécoslovaquie en 1926, fille d’Elias et Halana. En 1929, sa famille s’installe à Anvers, en Belgique. Alors que la ville subit des attaques aériennes en mai 1940, sa mère et deux de ses frères et sœurs restent introuvables. Pendant huit mois, Leah, l’aînée, prend soin du foyer et de ses deux frères et sœurs plus jeunes. Elle se rend avec eux dans le sud de la France et retrouve sa mère, dans la ville de Quarante. Son père les y rejoints quelques semaines plus tard. Au cours de l’été 1942, des réfugiés juifs sont arrêtés dans la ville. Leah fait déménager sa famille dans la ville de Chirac. Là, naîtra son plus jeune frère. En novembre 1942, les Allemands occupent la majeure partie du sud de la France et le père de Leah est arrêté. Leah se rend au centre de commandement local et réussit à le faire libérer. Ils fuient pour Nice, alors sous occupation italienne. Par la suite, Leah fait entrer clandestinement sa mère et ses frères et sœurs, dans la ville. Lorsque les Allemands occupent la région, Leah et sa famille prennent la fuite vers un monastère de la région de Florence. En novembre 1943, les Allemands attaquent le monastère. Leah les persuade qu’elle et sa mère sont des Hongroises catholiques qui ont perdu leurs papiers. Elle réussit à sauver d’autres femmes juives de la sorte. Leah exhorte sa mère à fuir à Rome avec les enfants. Elle, reste au monastère, afin de maintenir le contact avec son père. Mais ce dernier sera déporté dans les camps et assassiné. Après la libération, Leah retrouve sa famille à Rome. En 1960, elle immigre en Israël et travaille comme infirmière en milieu hospitalier. Leah fait du bénévolat dans une maison de retraite et rend visite à des rescapés de la Shoah isolés.


Avraham Carmi

Avraham Carmi

Avraham Carmi est né à Krzeszowice, en Pologne, en 1928, fils de Bezalel et Lea. Après l’invasion allemande, sa famille s’enfuie chez son oncle Moshe Posner, qui dirige le cimetière juif de Varsovie. Lors des déportations de l’été 1942, Avraham et sa mère sont conduits sur la place Umschlagplatz, point de départ des déportations. Les Allemands découvrent les proches d’Avraham cachés dans le cimetière et leur tirent dessus. Avraham et sa mère seront extraits clandestinement de l’Umschlagplatz, mais le père d’Avraham sera déporté à Treblinka et assassiné. Pendant le soulèvement du ghetto de Varsovie au printemps 1943, les Allemands conduisent à nouveau Avraham et sa mère sur la Umschlagplatz. Avraham, sa mère et son oncle Moshe Posner sont alors envoyés à Majdanek, où Lea sera assassinée. Avraham et Moshe sont conduits dans un camp de travail. Moshe veille sur Avraham, partage sa nourriture avec lui, lui tient la main la nuit et fait tout pour qu’il ne perde pas espoir. Avraham et Moshe sont ensuite envoyés à Birkenau. Pendant la sélection, Moshe recommande à Avraham de se tenir droit et de se pincer les joues, pour avoir l’air en bonne santé et apte au travail. De Birkenau, Avraham et Moshe sont encore envoyés dans divers camps de travail. Moshe, qui veille sur Avraham et le sauve à chaque étape du chemin, mourra d’épuisement et de maladie deux jours seulement avant la libération. En 1945, Avraham immigre en Eretz Israël. Pendant la guerre d’indépendance, il se bat pour la défense du bloc Etsion en Judée, et sera fait prisonnier par les Jordaniens. Avraham et Rivka, qui a elle survécu à Bergen-Belsen, ont trois enfants, neuf petits-enfants et 23 arrière-petits-enfants.


Yehuda Beilis

Yehuda Beilis

Yehuda Beilis est né à Kovno, en Lituanie, en 1927. En octobre 1941, sa famille est envoyée au ghetto de Kovno. Quelques jours plus tard, elle est conduite avec des milliers d’autres Juifs au Neuvième Fort, site du meurtre de masse de la communauté juive de Kovno. Yehuda essuie un tir, mais survit et retourne dans le ghetto. Un jour, il entend parler d’une Aktion qui se prépare. Il s’enfuit ; Gene Jonusiene-Premeneckaite qui le cachera dans sa maison de famille sera par la suite reconnu Juste parmi les Nations. Fin 1943, Yehuda retourne dans le ghetto. En mars 1944, des centaines d’enfants du ghetto sont enlevés et assassinés par les Allemands. Yehuda aidera à faire sortir clandestinement 22 enfants du ghetto avec l’aide de son ami, le père Stanislovas Jokubauskis. Le père Jokubauskis sera lui aussi reconnu comme Juste parmi les nations. A l’été 1944, lors de la liquidation du ghetto de Kovno, Yehuda et son frère Yosef sont envoyés à Dachau et réquisitionné pour travailler au camp de Kaufering. Yosef se survivra pas. Yehuda se retrouve alors seul au monde. En 1946, Yehuda immigre en Eretz Israël et combat lors de la guerre d’Indépendance. Avec son épouse Ahuva, il a eu deux filles, quatre petits-enfants et cinq arrière-petits-enfants.

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