Le texte de Nathan Charansky sur l’Ukraine qui fait le Buzz

Nathan Charansky a fait un discours cette semaine lors des cheva brahot de Benia et Netta Dickstein. Les parents de Benia, Yossi et Hanna et son frère Choval sont décédés dans un attentat lorsque il avait 7 ans. Par la journaliste Sivan Rahav Méir.

Il aurait été dommage que seules les personnes présentes lors de ces sheva brahot puissent entendre ce que Charansky, le célèbre prisonnier de Sion, a dit concernant la situation en Ukraine.

« J’ai grandi en Ukraine, à Donnesk. Il y avait là bas quand j’etais jeune des personnes d’origine diverse. Sur les papiers d’identité de certains, il était écrit « russe », « ukrainien », « kosack », « giorgiens ». Cela n’avait pas tant d’ importance, il n’y avait pas tant de différence que cela entre ces personnes. En revanche, s’il était écrit  » juif » sur tes papiers d’identité, c’etait comme si tu étais porteur d’une maladie contagieuse.

On ne savait rien de l’identité juive. Il n’y avait rien qui faisait de nous des personnes différentes du point de vue identitaire. Rien sauf l’antisemitisme et la haine qu’on nous exprimait.

Ainsi, il ne venait à l’idée de personne de remplacer le mot « russe » par le mot « ukrainien » sur sa carte d’identité, par exemple, pour être accepté à l’université, car cela n’avait aucune importance. Mais, s’il était écrit « juif » et que vous aviez la possibilité de le changer – bien sûr, que vos chances d’être accepté à l’université devenaient tout de suite plus grandes.

Juif est devenu une chance

Tout cela m’est revenu à l’esprit, cette semaine lorsque j’ai vu des milliers de personnes debout aux frontières, essayant d’échapper à la tragédie en Ukraine. Ils se tiennent là jour et nuit. Mais il y’a un mot qui peut les aider à s’en sortir : « juif ». Si vous êtes juif – il y a des juifs là-bas qui s’occuperont de vous, il y aura quelqu’un de l’autre côté de la frontière qui vous cherchera, vos chances de vous enfuir seront plus élevées.

Le monde a basculé. Quand j’étais enfant, ‘juif’ était un mot négatif et péjoratif, presqu’une tare. Personne ne nous enviait.
Aujourd’hui à la frontière ukrainienne ‘Juif’ est devenu un mot positif, une chance. Il concerne des personnes qui ont un endroit où aller et  une famille qui les y attend. »

Sivan Rahav-Meir

Sivan Esther Rahav-Meir est une journaliste, reporter, publiciste et présentatrice de télévision et de radio israélienne.

4 pensées sur “Le texte de Nathan Charansky sur l’Ukraine qui fait le Buzz

  • 7 mars 2022 à 9 h 04 min
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    Quand je lis ça , je pense à ces juifs anti Israel, comme Michèle Sibony ou le médecin sans frontières qui osent cracher sur Israël , j’espere qu’ils ne seront pas victimes un jour de l’antisemitisme , pour trouver asile en Israel

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  • 6 mars 2022 à 12 h 18 min
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    il est enregistré dans nos gènes juifs que nous sommes et serons toujours et avant tout humain , c’est e qui nous diffère au fin fond de notre ADN . Nous connaissons malheureusement la valeur de la souffrance des personnes et des individus . les centaines d’années d’errances , même si nous ne les avons pas vécu ,nous même, depuis 70 ans ,pour la plupart dans les pays occidentaux , nous ont appris la douleur du déracinement de l’exil et du statut de paria avec toutes les exactions et injustices qui s’y rattachent .Aucun juif n’est insensible au sort des ukrainiens , ni d’aucun autre être vivant, même si notre mémoire nous renvoie aux atrocités dont les anciennes génération de ce peuple c’est rendu coupable ainsi que la propension à en faire de même pour l’ actuelle population .

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    • 8 mars 2022 à 22 h 07 min
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      Les nouvelles générations israéliennes ne connaissent pas l’histoire et dans leur ignorance stigmatisent leur propre peuple, les accusant d apartheid etc. Je ne lis que ça sur mon FB, sans exagérer.

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