Le bilan palestinien… de la Saint Valentin!

Les Palestiniens de Judée-Samarie se sont mis à l’air du temps en important la fameuse célébration des amoureux qui a été créée dans les années 1950.

Malgré les coupes budgétaires et  les porte-monnaie en berne, les commerçants palestiniens se sont prêtés au jeu des ventes de bouquets, de parfums et de chocolats dans les différents points de shopping du territoire. Nancy Sabra, 52 ans , propriétaire du magasin »Lui et Elle » de la ville de Jénine a répondu aux journalistes de The Media Line qu’elle se « préparait depuis un mois pour la St-Valentin » tout en ayant mis un foulard rouge assorti aux décorations en forme de cœur de son magasin. Mais en bonne commerçante, elle confie qu’elle aura du mal à vendre sa marchandise haut-de-gamme parce que la clientèle habituelle de la St-Valentin est « de jeunes personnes qui achètent des cadeaux moins coûteux que l’année précédente. » D’ailleurs, Mohamed Araaf explique son dilemme: »Je me suis toujours demandé quel est le cadeau parfait pour la St-Valentin. Je suis vraiment confus , surtout qu’il s’agit de ma première St-Valentin. » Araaf ressortira  finalement en ayant acheté à sa petite amie une boucle d’oreille en or avec un petit cœur à l’intérieur.

La St Valentin  reste encore tabou dans la société palestinienne même si elle est visible  depuis quelques décennies dans les lieux de vente.

Selon le professeur de sociologie  de l’Université de BirZeit, Professeur Modal Casis , « certaines personnes se méprennent sur cette journée et croient qu’elle  favorise les relations interdites entre jeunes hommes et femmes, en oubliant que l’expression de l’amour n’ est pas limitée aux hommes et aux femmes célibataires. Il  ajoute que la célébration est devenue «inévitable» à cause  de l’intensité de la promotion Saint Valentin sur les réseaux sociaux. A Ramallah, l’hôtel cinq étoiles Movenpick Hôtel a organisé des célébrations pour la fête Saint-Valentin  avec un gala mettant en vedette un DJ et une piste de danse qui pourra accueillir quelque 200 couples pour environ 195 shekels par tête. L’hôtel a ainsi proposé des promotions sur l’hébergement mais la réalité économique l’a emporté car l’année dernière le prix par tête était de 388 shekels .

Le bureau des statistiques palestinien estime donc à 100 000 shekels les ventes de cette année soit un bilan catastrophique par rapport aux années précédentes. Mais le maire de Ramallah Moussa Haddad, marié à l’âge de 12 ans nous réconforte en nous expliquant qu’un simple bouquet de fleurs reste le meilleur cadeau pour sa femme: « Cette année aussi ,les fleurs la feront sourire encore plus joliment que d’habitude! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *