Le « tekes » de mon petit fils

Tekes de son « petit », une inoubliable cérémonie pleine d’émotion… « Mishmar David », fin d’après-midi d’un 17 septembre 2018, ils étaient des centaines à nous avoir donné rendez-vous,  » Tekes oblige », sur cette esplanade encore écrasée de chaleur.

Des centaines mais uniquement de jeunes gars, (aucune fille admise dans cette  section de combattants), tous impeccables dans leur uniforme beige, godillots noirs bien cirés, un petit minimum pour pareille cérémonie !

Arrivés depuis le matin ces jeunes appelés surveillaient, l’air de ne pas y toucher, toutes ces voitures qui n’en finissaient pas de se garer et desquelles se devaient de sortir, (inenvisageable de rater un tel moment), qui du père, de la mère, des frères et des sœurs, des grands-parents, (pour certains d’une jeune épouse avec bébé) des amis de la famille et tous les autres et plus encore, comme s’il en pleuvait dans un pays où il ne pleut que rarement mais alors avec une force incroyable….

Mon « petit-fils à moi » ne faisait pas exception à la règle si ce n’est qu’il attendait, cerise sur le gâteau de sa bravoure légendaire, de voir nos têtes lorsque nous nous apercevrions qu’il avait dû rencontrer un problème à la vision d’une lèvre bien tuméfiée, d’un angle de joue vilainement crouteux et d’un œil au beurre noir !

Et de raconter fièrement – à juste titre – ces semaines d’entrainements éreintants, (plus que difficiles mais réussis), ces marches à n’en plus finir, ces nuits sans repos, (à peine endormis, aussitôt réveillés), le poids du barda, (ces quelques vingt kilos qui pèsent de plus en plus lourd au fil du chemin) et cette chute soudaine…

Soldat de Tsahal à l'entrainement

« J’étais ce matin avec les copains comme tous les jours en exercice, depuis un bon moment en plein soleil, quand la soif se fit sentir plus que de coutume ». Pas le moment avait décrété le « grand chef chargé de nous aguerrir » ! Pas le moment encore et encore jusqu’à ce que je me retrouve assommé, tombé d’un bloc, le corps raide, face contre terre… deux copains à mes cotés qui me secouent pour me faire revenir à la vie !

Il m’émeut autant qu’il m’impressionne

Mais de nous rassurer sur l’humanité des gardés qui l’ont fait se mettre à l’abri, bien à l’ombre, l’ont fait boire beaucoup et donné tout le temps pour récupérer.

Il est vrai que « mon » militaire semble bien aller si ce n’est qu’il a mûri d’un coup et m’émeut autant qu’il m’impressionne avec sa gueule cassée de vieux baroudeur !

Et c’est le moment convivial par excellence où l’on partage des douceurs ashkénazes ou séfarades…

Avant que les invités prennent place dans les gradins installés à cet effet, les militaires sur la place d‘armes, en formation, prêts pour animer la cérémonie pour laquelle nous sommes tous venus comme un seul homme.

Et c’est la musique qui résonne haut et fort tout à coup, martiale comme il se doit…

Et les discours de bienvenue…

Et le moment hautement symbolique où chacun vient chercher son premier fusil et une bible qui ne le quitteront plus…

Et l’image des photographes agréés qui n’en finissent plus d’immortaliser encore et encore chacun nos « petits », faisant de leurs incessants déplacements, d’étonnants ballets …

Et l’instant précis où debout, tous et nous avec, de chanter avec force et vigueur l’hymne israélien : L’Hatikva tandis que le soleil, boule énorme et rouge comme jamais, commence sa lente descente à l’horizon, invitation magnifique faite aux familles à nouveau réunies, combattants de « Tsahal » inclus, de rentrer au bercail pour des retrouvailles plus secrètes sinon moins émouvantes et un moment de répit-repos bien mérité…

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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