Le peuple juif et l’éloge de la lenteur. Par Sivan Rahav Méir

Il n’y a pas lieu d’avoir honte d’être lents. Par la journaliste Sivan Rahav Méir

Lent, lenteur, prendre son temps. Dans la section hebdomadaire de cette semaine, Ki tissa, notre maître Moïse s’attarde dans les hauteurs, sur le Mont Sinaï. Le peuple n’a pas la patience de l’attendre et les enfants d’Israël érigent le veau d’or. Le Rabbin Yaakov Galinsky (1920-2014) en tire une leçon pour notre époque:

De nombreuses fois durant notre vie, dit-il, «Moïse notre maître s’attarde.» Celui qui s’identifie avec des valeurs éternelles aussi antiques que profondes ne se comporte pas toujours au rythme quotidien de l’autoroute, ne s’attend pas toujours à recevoir tout sur place et immédiatement. Moshe rabbenou ne réagit pas toujours à l’instant comme s’il était constamment disponible. Il ne propose pas non plus des solutions miracle. Il n’a ni la paix maintenant, ni la justice maintenant, ni la sécurité maintenant, ni un veau maintenant. Moïse ne fait pas que des promesses, mais au contraire exige principalement du peuple de passer par un processus continu et plus long.

Et ce qui s’est produit alors, c’est ce qui adviendra: depuis cette époque et jusqu’à aujourd’hui, le peuple juif subit la critique du fait de sa lenteur. Il n’est pas suffisamment «up to date». Ce peuple ne résiste soi-disant pas à l’épreuve du temps et que, pour cette raison, il lui faudrait adopter des choses davantage rapides, accessibles, éclatantes. Il ne s’agit pas d’un récit historique, mais d’un danger actuel. L’enseignement de Moïse n’est pas toujours éblouissant comme le veau d’or.

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