L’Autorité palestinienne exige le retour d’Israël aux frontières de 1967

Rien n’est changé dans les demandes palestiniennes résumées dans le texte de résolution qui a été déposé au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui change, c’est le rapport de force. En effet, si la résolution est adoptée, Israël aura deux choix : se soumettre ou prendre à son tour des décisions unilatérales. Mais sa marche de manœuvre est réduite ou pour ainsi dire nulle, parce que l’Etat juif sera pris dans son propre piège de deux Etats dont il n’aura pas défini les contours stratégiques.

La résolution de l’Autorité palestinienne mise à jour pour le Conseil de sécurité de l’ONU fixe une date limite de 12 mois pour des négociations avec Israël et appelle au retrait israélien de la Judée et de la Samarie en 2017. L’Autorité palestinienne a donné à Israël une autre année pour se retirer de la Judée-Samarie. Mais toujours selon les frontières d’avant la Guerre des Six jours, c’est à dire les frontières de 1967 : retrait de toute la partie de Jérusalem reprise aux Jordaniens, y compris les lieux saint juifs (Kotel et Mont du Temple), une partie de la vallée du jourdain et la Judée-Samarie dans son intégralité.

frontieres de 1967

 La partie coloriée en orange est l’Etat d’Israël de la Résolution

Bien sûr, ce projet de résolution fixe un délai de 12 mois pour développer des négociations sur un règlement définitif qui ne peut avoir d’autre issu que le retrait à la fin de 2017 de tous les territoires exigés par l’Autorité palestinienne définit selon son propre énoncé comme une « solution juste de la paix, durable et globale qui met un terme à l’occupation israélienne » et « remplit la vision » d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale partagée, selon des extraits cités par la presse européenne. Le texte officiel dit également qu’un règlement final devrait être atteint au plus tard 12 mois après l’adoption de la résolution, à la fin de négociations dont les termes auront été fixés d’avance par les Palestiniens.

conseil de secutite de l onuConseil de Sécurité de l’ONU

La disposition d’un retrait israélien progressif de Judée et de Samarie selon un calendrier « à ne pas dépasser la fin de 2017 », est une disposition qui est susceptible de se heurter à l’opposition des États-Unis, alors que ceux-ci n’ont pas encore annoncé officiellement s’ils opposaient leur veto à la résolution présentée au Conseil de sécurité. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré le responsable des négociations au sein de l’A.P, Saïb Erekat, à Londres le mardi 16, où il aurait promis d’opposer son veto à la résolution. Et, subitement, mercredi, Kerry déclarait que Washington n’aurait pas de problème avec la résolution de l’Autorité palestinienne si elle évitait d’exacerber les tensions dans la région.

reunion kerry et ligue arabeJohn Kerry en réunion avec la Ligue arabe

« Nous n’avons pas de problème avec le dépôt d’une certaine résolution, fournissant en fait un esprit de travail avec les gens pour voir comment nous pourrions avancer d’une manière réfléchie qui résout le problème, mais ne pas faire pire que ce qui existe déjà », a déclaré Kerry aux journalistes. Il a reconnu, cependant, qu’il n’avait pas encore examiné le texte actualisé du projet de résolution.

L’envoyé de l’A.P. à l’ONU, Riyad Mansour, a déclaré aux journalistes plus tôt mercredi, qu’il pourrait encore y avoir des négociations sur le texte. Ce qui n’a pas empêcher Mansour de remercier les Arabes et les nations européennes pour l’aide qu’ils ont apportée à la rédaction du projet de résolution, et qui a été soumis au Conseil de sécurité par la Jordanie. Mansour a indiqué qu’il n’insisterait pas pour obtenir un vote rapide du texte, afin de permettre une meilleure discussion entre les membres du Conseil de sécurité.

liebermanAvigdor Lieberman : la résolution est un gadget

Avigdor Lieberman, le ministre israélien des Affaires étrangères, rejette le projet palestinien présenté par la Jordanie aux Nations Unies. Il a déclaré :  » La motion  pour imposer une date limite du retrait israélien ne sera qu’un accord hâtif, parce que, sans le consentement d’Israël, rien ne va changer. » Le ministre a décrit comme un gadget le projet de résolution. Le ministre du renseignement, Youval Steinitz, estime quant à lui que la demande de résolution déposée par les Palestiniens devant le Conseil de sécurité de l’ONU « n’est pas un geste de paix mais une déclaration de guerre ». Il estime qu’Israël devrait prendre des mesures de rétorsion contre l’Autorité palestinienne si cette dernière poursuivait ses démarches qui contreviennent à tous les engagements pris par le passé.

reunion kerry et bibi a romeBinyamin Netanyahou et Kerrry

De son côté, Netanyahou a ajouté un commentaire plus technique : « Neuf voix sont nécessaires pour adopter la résolution, et les Palestiniens devront ensuite forcer les États-Unis, le plus proche allié d’Israël, à ne pas opposer leur veto. » Cependant, Ronen Polack de Kol Israël faisait ce commentaire hier soir :  » Israël pense que les Etats-Unis n’ont par changé fondamentalement leur politique, mais la situation dans le monde nous montre que rien n’est immuable. Cuba en est la preuve. »

Une pensée sur “L’Autorité palestinienne exige le retour d’Israël aux frontières de 1967

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    18 décembre 2014 à 18 h 54 min
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    Israël serait bien fou de quitter la zone C sur ordre des terroristes arabes et occidentaux , car cela , comme dit Lieberman est une déclaration de guerre !!!

    L’ONU est devenu une organisation terroriste arabe !

    Quoi qu’il arrive , les arabes ne se contenteront pas de la Judée Samarie et ça tout le monde le sait , une nouvelle shoah est en préparation …

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