L’antisémitisme français et le cri du nouveau né

Après deux années de baisse, les actes antisémites en France sont en très forte hausse (+ 69 %) sur les neuf premiers mois de 2018, s’alarme le premier ministre Edouard Philippe dans une tribune publiée vendredi 9 novembre sur Facebook. Par Rony Akrich

« Chaque agression perpétrée contre un de nos concitoyens parce qu’il est juif résonne comme un nouveau bris de cristal », affirme le chef du gouvernement dans cette tribune publiée exactement quatre-vingts ans après la funeste Nuit de cristal et ses exactions nazies contre les juifs en Allemagne, le 9 novembre 1938. « Pourquoi rappeler, en 2018, un aussi pénible souvenir ? Parce que nous sommes très loin d’en avoir fini avec l’antisémitisme », écrit l’ancien maire du Havre, évoquant les chiffres « implacables » des actes antisémites en France sur la partie écoulée de 2018. Ce rappel historique intervient au moment où l’exécutif peine à refermer la polémique sur le maréchal Pétain.

Me voilà donc pensant de nouveau aux juifs si désireux d’une France philosémite et caressant l’Israelite dans le seul sens du poil. Pauvres bougres, il y eu peut être des accalmies mais jamais au grand jamais l’occident en général et la France en particulier n’admirent l’ingérence des « Juifs » en leur sein. J’épancherais ma peine à travers ce texte qui voudrait grace au verbe les interpeller, les sortir de leur torpeur!

Le cri du nouveau-né

Au moment de sa naissance, ébloui par la lumière, le nouveau-né émet un cri de détresse car soudainement conscient de rompre à ce moment là une complicité avec sa conjugaison originelle. Il abandonne ainsi son terroir sous marin, le ventre maternel, où il faisait si bon d’être même pour un temps si court. Suffisamment pour faire naître un amour, vivre une passion et tisser un lien incommensurable entre le bébé et sa mère.

Sans aucun doute, c’est là que débuta le véritable premier exil de l’être naissant, exil de souffrances qui fraye la voie à l’aliénation et à la prospection de nouveaux jalons dans un monde étrange, ignoré et ténébreux. Existe-t-il un événement pire que l’exil? Est-il possible de gommer si aisément cette déportation de notre milieu naturel? En amont des souffrances subies et ressenties en exil se dissimule à jamais une ambition certaine d’identité et d’appartenance.

L’exil est une soustraction de soi

L’exil est une soustraction de soi, d’aspirations généralement pleines d’espérance, un souffle d’inquiétude qui balaie nos consciences, une éternelle instabilité, des sommeils sacrifiés, des accalmies détériorées, des ambitions échouées, des désillusions qui s’enchaînent et foisonnent.

Cet exil est cette meurtrissure obscure, muette et inqualifiable, aux souffrances permanentes, une griffure dans la mémoire, coriace à toute guérison, des peines assoupies qui recèlent en leurs seins des aventures sans fins et des chemins ombragés. Il est pour l’intelligence perspicace, un malheur ourdi, pour les novices une entreprise périlleuse et pour les entre-deux une solution de dernier recours.

Dans ce sauve-qui-peut général, les traversées du désert sont souvent variées et complexes mais toujours vers une seule et même issue: l’assimilation et l’auto suffisance religieuse dans l’antre des sociétés d’accueils et de recueils qui se transforment indubitablement en sociétés de cercueils à court ou long terme.
L’exil n’est pas seulement «territorial» mais aussi «spirituel» car même si l’on vit cet exil physiquement, nos pensées se suspendent résolument à ce qui nous est coutumier, à ce qui nous est inhérent, nourricier et prévenant. Logique ayant peut-être suscité cette étroite complicité entre la terre, l’identité et la mère. Cette dernière est à l’image de la « Matrie », une âme inestimable, tendre et attentionnée envers ses enfants.

L’exil est une usurpation et un vol à l’arraché de soi

L’identité se manifeste lorsqu’elle évolue autour des concepts de la civilisation, de culture, des racines et des biens spirituels de la « Matrie » d’origine. Mais l’esprit d’introduction et d’intégration nous presse le pas et foule au pied l’identité d’origine et les traditions de vie. Il nous entraîne entre autres choses à cheminer plus loin, rechercher et glaner une connaissance de soi à travers l’autre. Ce spectre, au travers duquel se réfléchit notre identité, cet étranger à notre conscience, à nos us et coutumes et surtout à nos espoirs à nos aspirations, va nous illustrer notre nouvelle infirmité.

Ainsi l’identité serait-elle une recherche perpétuelle de soi et l’exil une usurpation et un vol à l’arraché de soi. Nous sommes en présence d’une dichotomie absurde entre dépendre d’autrui et dépendre de soi, c’est-à-dire que ces variables bataillent l’une contre l’autre sans parvenir vraiment à un résultat probant.

La « Matrie » de nos origines demeure à jamais notre seul confident, notre âme conseillère, les plis qui parcourent notre ‘front’ marquent notre histoire et plus que tout autre chose, notre amour insatiable pour une Terre promise.

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

2 pensées sur “L’antisémitisme français et le cri du nouveau né

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    13 novembre 2018 à 12 h 45 min
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    Que cela plaise ou non à l’auteur de ces puérilités : ceux des français qui sont juifs, sont chez eux dans leur pays -et non, en… exil.
    Ils ne ferment pas les yeux pour autant sur l’antisémitisme contre lequel ils luttent, aux côtés de leurs concitoyens non-juifs, comme ils luttent contre toute discrimination (on laisser de côté le cas particulier des juifs-de-droite, mon dieu quelle horreur, pour lesquels « tout est permis du moment qu’on fait pas de mal aux juifs »…).
    Ils n’ont pas attendu la permission de Mr Rony Alkrich pour commencer, ils ne lui demanderont pas celle de continuer.

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    13 novembre 2018 à 14 h 07 min
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    Restez dans « votre pays  » !les gens comme vous , vos concitoyens , vous trouveront ,comme en 1940 !

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