Pour ceux qui n’ont pas vu « l’antisémitisme en Europe », enfin diffusé par Arte

Il aura fallu qu’une chaine de télévision publique allemande, Das Erste, en prenne la décision pour que Arte décide à son tour de diffuser un documentaire sur l’antisémitisme intitulé « Un peuple élu et mis à part, l’antisémitisme en Europe ». Un documentaire qu’elle avait pourtant coproduit et co-financé avec nos impôts et la chaine publique allemande WDR.

Pourquoi ? Que voulait donc nous cacher Arte de si inavouable ? Après visionnage, on reste perplexe.

Le documentaire débute par l’intervention de Mahmoud Abbas devant le Parlement Européen. Il y affirme, fidèle à ses travaux de thèse révisionniste et conspirationniste des années 70, que des rabbins israéliens comploteraient pour faire empoisonner les puits palestiniens. Rien de très nouveau. L’accusation de meurtre rituel ayant été à la pointe de l’antisémitisme chrétien puis arabo-musulman depuis des siècles.

S’en suit un rappel historique des pogroms anti-juifs en Palestine mandataire dans les années 20 et 30. L’implication personnelle du grand mufti de Jérusalem, réfugié en Allemagne nazie, dans la création d’unités SS musulmanes bosniaques et la planification souhaitée de la solution finale de la question juive en Palestine mandataire. Comme quoi, la haine viscérale des Juifs dans cette partie du monde arabo-musulman ne date pas de 1967 et de « l’occupation des territoires palestiniens ». Ce rappel, bien que toujours utile, ne fait pas non plus œuvre d’une grande originalité.

ONG et financement occidental

Le véritable intérêt de ce documentaire tient, en revanche, dans les liens entretenus par la propagande palestinienne et l’antisémitisme en Europe. On apprend ainsi que plus de 1000 ONG pro-palestiniennes ont leur siège à Ramallah. Ces ONG sont financées par l’Union Européenne, l’ONU, des gouvernements européens et de nombreuses et puissantes églises, notamment les églises évangéliques.

C’est ainsi que 100 millions d’euros seraient versés chaque année à ces ONG dont la plupart mènent des campagnes anti-israéliennes. Une représentante du programme EAPPI (Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et Israël), initié par le très puissant Conseil Œcuménique des Eglises, soutient face caméra que les israéliens/Juifs se conduisent comme les nazis. En marge du Congrès annuel de l’Eglise Evangélique, une députée allemande assure qu’Israël empoisonne sciemment l’approvisionnement en eau de Gaza. Selon d’autres encore, Israël déposerait des couteaux près des corps des palestiniens morts pour faire croire à des tentatives d’attentats. La leçon est bien apprise et la théorie du complot a encore de beaux jours devant elle.

Une autre image de Gaza

Autre passage édifiant du documentaire, la visite de la Bande de Gaza. Entrée sans difficulté dans une ville banalement normale avec ses voitures récentes, ses immeubles, ses magasins aux enseignes de néons fluorescents sur lesquelles on peut lire « HITLER 2 ». Sans commentaire.

Avec ses magasins sans file d’attente, avec une espérance de vie moyenne à 74 ans, supérieure à celle de l’Egypte et de 126 autres pays dans le monde. Une mortalité infantile égale à celle de la Turquie. Avec une densité de 5000 habitants par kilomètre carré soit 4 fois moins qu’à Paris. Ses hôtels de luxe en bord de mer et ses villas pour les dignitaires du Hamas.  L’image de Gaza n’est pas celle dont nous abreuvent les ONG, reprises par les médias, à longueur d’année.

Mais plus encore, on entend enfin les gazaouis s’exprimer. Loin des caricatures de BDS et consorts, les jeunes gazaouis dénoncent la corruption endémique du Hamas, l’absence de liberté de la presse et d’expression, la nécessité de changements profonds et urgents et la nécessité de cesser d’accuser les autres de la situation locale.

Quand je serai grand je tuerai un Juif

En 2016 seulement, plus d’1,3 milliard d’euros ont été versés à l’UNRWA dont la population ne bénéficie qu’à la marge. Ni les ONG, ni les gouvernements européens ne s’interrogent sur l’utilisation de ces fonds. Ce sont bien les seuls. Ces fonds sont utilisés par le Hamas pour l’achat d’armes et la construction de tunnels contre Israël. Egalement pour la propagande. Celle des émissions de télévision dans lesquelles les enfants ânonnent que, plus grands, ils voudront tuer des Juifs. Celle des organisations pro-palestiniennes qui voient dans le Hamas un mouvement de résistance.

Un mouvement qui emprisonne et torture son propre peuple, qui se sert des civils comme de boucliers humains et tire des missiles sur les villes israéliennes. Celles des collectifs comme BDS, arc-boutés sur leur haine d’Israël. Apparemment le sort des 30.000 palestiniens employés dans les 900 entreprises israéliennes de Judée-Samarie les indiffère totalement. Ils soufflent en permanence sur les braises incandescentes des esprits dont la détestation des Juifs n’est jamais bien loin.

Lors des Manifestations de soutien à Gaza, on entendait tant en Allemagne qu’en France, des slogans appelant à tuer des Juifs. Des groupes de rap français, allemands ou néerlandais chantent régulièrement que le terrorisme est un acte de résistance et qu’ils veulent mourir en faisant le djihad, qu’ils détestent « ces Juifs de merde encore pire que les nazis » ou encore font référence à Merah.

Comment aspirer à ce fameux « vivre-ensemble » quand on est abreuvé de ce genre de paroles ?

Lors du procès de la filière djihadiste dite de Cannes-Torcy actuellement devant la Cour d’Assises spéciale, l’un des accusés a expliqué à la barre que « depuis tout petit, on a la haine des Juifs ». Cela a le mérite de la clarté et cela explique beaucoup de choses.

Arte, 23h… fête de la musique

Arte avait la possibilité de participer au changement des mentalités en diffusant un documentaire qui fait enfin réfléchir et propose d’autres versions que la doxa victimaire qui détruit petit à petit les fondements de notre société.

Il aura fallu la forcer pour qu’enfin elle le fasse. A 23h00 et surtout en prenant le soin d’avertir le téléspectateur qu’elle s’en dédouanait complètement.

 

Oudy Bloch

Oudy Bloch

Avocat aux Barreaux de Paris et New-York en droit pénal, propriété intellectuelle et droit des contrats, diplômé de UCLA (Los Angeles) Membre de plusieurs associations humanitaires

5 pensées sur “Pour ceux qui n’ont pas vu « l’antisémitisme en Europe », enfin diffusé par Arte

  • 22 juin 2017 à 8:26
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    Même le début avec Abbas était instructif. Non pas pour nous, mais pour le grand public qui n’est au courant de rien. Et c’est bien pour cela qu’Arte ne voulait pas diffuser !

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  • 22 juin 2017 à 8:39
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    Le grand probleme vient des juifs gauchistes on l’a vu dans le débat se sont les pires bien que le peuple juif a toujours etait obligé de les supporté et des les avoirs dans son peuple me rend malade , jusqu’à quand ? ils n’ont rien appris , ils améne la malédiction a israel combien de temps encore .

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  • 23 juin 2017 à 10:53
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    Tant que l’on continuera à ne pas admettre que la Palestine est une région et non pas un pays, rien ne m’étonnera…

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  • 23 juin 2017 à 3:08
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    la version français n’ pas tout traduit de la VO en allemand. AU débat Mansour n’est pas toujours traduit

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  • 27 juin 2017 à 3:08
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    La Vérité ne plait pas et Elle à mis en évidence la désinformation des médias français sur Israel depuis De Gaulle.
    Arte est tombé lui même dans le piège
    Ils ont essayé de se rattrapé aux debats
    Il n’y a qu’un Pays pour les Juifs c’est Israël le Pays de notre Memoire comme chante Edith Piaf dans Exodus

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