L’Alya de France atteint un record absolu

Toutes les causes peuvent être évoquées, et elles le sont selon la qualité des commentateurs, mais il est tout aussi vrai que dans les huit premiers mois de l’année 2014, 4.566 Juifs ont émigré en Israël. Une Alya disparate comprenant célibataires, qui veulent s’enrôler dans Tsahal, jeunes familles avec enfants et retraités.

Le directeur de l’Agence juive en France, Ariel Kandel fait une évaluation et déclare que d’ici à la fin de l’année, 5.550 Juifs français auront fait le pas de la montée vers Israël. « Cette Alya de France, déclare-t-il, est plus élevée pour la première fois que celles comprenant de fortes communautés juives tels les Etats-Unis, l’Ukraine ou la Grande-Bretagne. Il s’agit là d’un record absolu depuis 1948.

« Les raisons sont nombreuses ! »

« Il faut considérer que les récentes lois votées par la Knesset sur l’équivalence des diplômes, surtout dans le domaine médical et paramédical, ont contribué à cette essor. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir que le climat antisémite qui règne dans ce pays contribue à provoquer de larges réflexions chez les Juifs, surtout quand ils prennent conscience qu’ils sont confrontés à un antisémitisme décomplexé. »

L’Agence juive en France réalise d’énormes efforts pour favoriser l’Alya, grâce à diverses mesures. « Mais la montée vers Israël demeure une démarche très difficile, prévient Ariel Kandel, citant la recherche d’un emploi et la barrière de la langue. « Il ne faut pas croire qu’on arrive dans un pays où coulent le lait et le miel », prévient-il. Si certains Juifs de France reviennent dans leur pays d’origine, ou que d’autres partent ailleurs qu’en Israël, c’est que leur intégration personnelle a été difficile. » « Des gens qui ne voient pas d’avenir économique et social s’installent aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, à Barcelone, confie l’un des fondateurs de l’association Avenir du judaïsme », Jean-François Strouf. « Mais cela ne réduit pas pour autant leur questionnement, conclut-il. »

« L’Alya reste pourtant la bonne réponse au vide que ressentent de nombreux Juifs en France, et partout dans le monde d’ailleurs. La solitude qu’Israël éprouve sur le plan politique est ressentie tragiquement par les Juifs qui s’identifient à l’avenir du pays. Ils veulent contribuer à sa victoire sur le plan spirituel et humain. En accomplissant leur Alya, c’est exactement ce qu’ils font. »

 

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