La rencontre Netanyahou-Obama : entre vérité et diplomatie

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, va rencontrer aujourd’hui le président des Etats-Unis, Barack Obama à Washington. Les deux dirigeants politiques exposeront des préoccupations différentes, l’un mettra l’accent sur le processus de paix, l’autre exposera deux exigences, l’un de maintenir la vigilance de l’Amérique sur le nucléaire iranien et de libérer Jonathan Polard.

Netanyahou va tenter de convaincre le président Obama que le nucléaire iranien serait une bien plus grande menace pour la paix et la sécurité du monde que l’expansion de l’Etat islamique qui ne représente qu’un danger local. En vérité, Netanyahou craint que les puissances étrangères montrent une trop grande indulgence envers le nucléaire iranien de façon à accueillir le République islamique au sein de la coalition qui combat actuellement l’ISIS.

Quant au président Obama, il devrait lui répondre qu’en vérité ces deux menaces sont dissociées : les Etats-Unis ont l’obligation d’empêcher l’Iran d’accéder à la force nucléaire et dans le même temps, combattre l’ISIS afin d’éviter son extension au Moyen-Orient. L’adjoint au Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, William Burns, qui a participé à une nouvelle ronde de négociations en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a déclaré que l’écart entre les deux parties, les six et l’Iran, est encore grand, même si l’Amérique est prête jusqu’à un certain degré de permettre à l’Iran d’enrichir de l’uranium.

Les Américains, nous l’avons déjà dit dans ces colonnes, veulent faire en sorte que l’Iran mette au minimum un an avant sa prise de décision et la fabrication d’une bombe atomique. Dans ce cas, les USA auront tout le temps pour empêcher que l’Iran n’y accède. Netanyahou pense que cet écart doit être de 3 à 5 ans en faisant en sorte d’arrêter son programme d’enrichissement d’uranium. A n’en pas douter, l’Iran et l’ISIS constitueront l’essentiel des discussions entre les deux dirigeants. L’affaire palestinienne ne viendra que plus tard.

Pourtant, Obama voudrait que la question palestinienne soit abordée dès le début de leur rencontre qui ne durera qu’une heure à une heure et demie. Mais cette rencontre n’a lieu que parce que les élections approchent et qu’il n’est pas question pour le président Obama de froisser Israël et la communauté juive américaine. C’est la différence fondamentale qui existe entre les objectifs des deux hommes : l’un veut mettre en avant les vérités indispensables à la survie d’Israël, l’autre a des préoccupations plus diplomatiques.

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