La presse israélienne décortique la visite papale en Israël

La rencontre du pape Francisco avec le patriarche orthodoxe, Constantinople Bartholomée, n’était par fortuite, au contraire, elle était programmée et d’une importance capitale pour l’unification des deux églises chrétiennes. Les actes qu’ils ont signés marquent un processus de rapprochement entre les deux institutions religieuses après un schisme vieux de dix siècles. D’aucuns, tel l’ambassadeur d’Israël au Vatican, Oded Baruch, pensent que sa visite a été positive et que sa prière devant le mur de séparation à Bethlehem n’a été qu’un acte politique qui démontrait sa volonté de signifier qu’il était un homme de paix.

Pape kotel

Mais le pape a également apposé quatre actes symboliques tournés vers l’humanité qui ne sont pas passés inaperçus : le discours au peuple juif en présence des Grands Rabbins d’Israël, la visite à Yad Vashem, le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de Théodore Herzl, et sa prière au Kotel. Bien que sa demande de visite biannuelle des Chrétiens au Cénacle, qui abrite le tombeau de David, ait créé une gêne diplomatique, car sa requête n’avait fait l’objet d’aucune demande préalable auprès des autorités du pays, la presse israélienne est partagée sur les effets de la visite du pape en Israël : les uns citent l’incapacité du Vatican, à l’instar des Occidentaux, à déclarer Jérusalem capitale de l’Etat juif, d’autres parlent « d’une diplomatie de petits pas » qui amènera une meilleure compréhension des deux religions monothéistes. Le quotidien Yediot Aharonot affirme que le recueillement du pape devant le mémorial des victimes d’attentats répondait à une demande du Premier ministre israélien suite à la halte du Saint Père devant le mur de séparation à Bethlehem.

Où étais-tu, homme ?

Le moment le plus spectaculaire, tel que le souligne Oded Baruch, a été son discours à Yad Vashem durant lequel Francisco Premier a rejeté sur l’Homme la responsabilité de l’assassinat de six millions de Juifs. Sur le plan théologique, son discours a une portée essentielle et vient s’opposer aux théories des laïcs qui déclament que Dieu était absent face aux massacres des Juifs dans les camps nazis : «  Où es-tu, homme? Où es-tu passé ? En ce lieu, mémorial de la Shoah, nous entendons résonner cette question de Dieu. Adam, où es-tu ? En cette question il y a toute la douleur du Père qui a perdu son fils. Je ne te reconnais plus. Qui es-tu, homme ? Qu’est-ce que tu es devenu ? De quelle horreur as-tu été capable ? Qu’est-ce qui t’a fait tomber si bas ? Qui t’a convaincu que tu étais Dieu ? Non seulement tu as torturé et tué tes frères, mais encore tu les as offerts en sacrifice à toi-même, parce que tu t’es érigé en Dieu. »

Akiva Tor, directeur des Affaires juives et œcuméniques mondiales au ministère israélien des Affaires étrangères déclare, quant à lui, que le voyage du pape en Israël « marque une consolidation des relations entre le Vatican et l’Etat juif de par sa visite au mémorial des victimes des attentats palestiniens et le dépôt d’une gerbe de fleur sur la tombe d’Herzl, signes d’une reconnaissance du fait sioniste et du combat des Israéliens pour préserver leur sécurité. »

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