La formation de fissures dans le bouclier défensif d’Israël

« La situation de la sécurité à Jérusalem s’aggrave, et nous devons analyser profondément le sens de l’appui croissant dont bénéficie le Hamas en Judée-Samarie. D’un point de vue religieux, il n’y a rien de mal à négocier avec les forces d’occupation, dit le Hamas. Tout comme nous négocions avec des armes, nous pouvons négocier avec les mots. Notre politique est qu’il ne devrait pas y avoir de négociations avec Israël, mais les autres doivent savoir que ce n’est pas interdit. » Analyse par Ephraïm Halévy, ancien dirigeant du Mossad.

« Cette déclaration a été faite il y a une semaine par Mousa Abu Marzouk, chef adjoint du Politburo du Hamas qui était le représentant principal de l’organisation aux pourparlers du Caire, qui ont mené à la déclaration d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. La direction du Hamas au Caire a entre autres déclaré que des négociations directes avec l’occupation ne faisaient pas partie de la politique du mouvement et ne sont pas sur l’ordre du jour. »

« Le Hamas prend ses décisions sur une base politique ! »

« La déclaration d’Abu Marzouk ôte l’aspect religieux islamique au fondamentalisme du Hamas, et en même temps invalide le concept religieux musulman à la table de négociation. Mais il n’y a rien de nouveau. Pendant des années, Khaled Mechaal a clairement dit à ses interlocuteurs, y compris aux États-Unis, que la direction du Hamas est politique et prend ses décisions sur la base de considérations stratégiques et politiques. »

« Le Hamas, pour sa part, ne mène pas une guerre religieuse contre Israël, mais une bataille agressive et politique. Il convient de noter que la déclaration de Marzouk mentionne explicitement Israël. La phrase « tout comme nous négocions avec des armes, nous pouvons négocier avec les mots » n’est pas sans rappeler la déclaration du stratège allemand Carl von Clausewitz que «la guerre est une continuation de la politique, une réalisation de cette politique par d’autres moyens. »

«  Tsahal est nécessaire pour défendre Jérusalem ! »

« Que faisons-nous avec cet ensemble d’outils politiques, qui sont entre nos mains ? Les considérations d’Israël ne doivent pas être réduites à des discussions visant à tirer les leçons et de se préparer pour la prochaine série de combats. Israël doit analyser profondément le sens de l’appui croissant pour le Hamas en Judée-Samarie. Plus de 10 ans se sont écoulés depuis l’opération Bouclier défensif, qui aurait écrasé la résistance à l’occupation en Judée-Samarie. Une destruction complète des systèmes sociaux et économiques du Hamas et l’arrestation de militants n’ont pas réussi à empêcher une action douloureuse contre les citoyens israéliens. Ce qu’il nous faut en ce moment est une évaluation réaliste de la situation stratégique, nous contraignant à faire face au défi de Gaza, des rues de Jérusalem et celles de Judée et Samarie. Nous avons besoin de discussions susceptibles pour révéler l’image politico-stratégique. Les systèmes de renseignement et de défense doivent présenter l’état actuel des choses et des alternatives politiques. Cela doit être fait ici et maintenant, sans attendre le moment. Tsahal est nécessaire pour défendre les rues de Jérusalem. »

 

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