La demande de grâce d’Adolf Eichmann rendue publique

Les employés du département de la Justice au palais présidentiel à Jérusalem ont retrouvé la demande de grâce adressée par le nazi Adolf Eichmann au président de l’époque Ben Zvi. Dans sa lettre, Eichmann précise qu’il n’a jamais été à un poste de commandement et ne se sentait pas coupable.

La lettre de Vera Eichmann et celle de sa famille réclamant la clémence pour son époux ont également été retrouvées. Eichmann a demandé la grâce du président 2 jours avant d’être exécuté, déclarant qu’il ne se sentait pas coupable. Le bureau de Rivlin a déclaré dans un communiqué que la demande au président d’alors Yitzhak Ben-Zvi serait présentée lors d’une cérémonie à la résidence officielle de Jérusalem pour marquer la Journée internationale de la commémoration de l’Holocauste.

Dans la lettre, écrite après avoir été amené en Israël en 1960, puis jugé, déclaré coupable et condamné à mort l’année suivante, Eichmann a affirmé que le tribunal israélien exagérait son rôle dans l’organisation de la justice contre le génocide, la Solution finale d’Adolf Hitler qui impliquait l’extermination de six millions de Juifs.

« Il est nécessaire de faire une différence entre les dirigeants responsables et les gens comme moi, forcés à servir comme de simples instruments entre les mains des dirigeants, » prétend Eichmann dans sa lettre. « Je ne suis pas un leader responsable, et en tant que tel, je ne me sens pas coupable. »

Je ne suis pas en mesure de reconnaître la décision de la cour comme juste, et je demande à Votre Honneur Monsieur le Président, d’exercer votre droit de grâce, pour que la peine de mort ne soit pas exécutée. » La lettre a été signée et datée : «Adolf Eichmann à Jérusalem, le 29 mai 1962. »

Le seul condamné à mort d’Israël

Eichmann a été pendu le 31 mai. C’est la seule fois où Israël a utilisé la peine de mort. Un projet de loi de juillet 2016 prévoyait d’appliquer la peine de mort aux terroristes, mais a été rejeté par la Knesset par 94 voix contre 6. Le parti Israël Beitenou l’avait proposée et avait voté en sa faveur.

Eichmann s’était échappé d’un camp de prisonniers de guerre après la Seconde Guerre mondiale et avait fui  en Argentine en 1950, où il a vécu sous un pseudonyme jusqu’à ce qu’il ait été enlevé par des agents du Mossad à Buenos Aires en mai 1960 et passé clandestinement en Israël.

D’autres documents ont été présentés en présence de survivants de l’Holocauste, comprenant les demandes de clémence de l’épouse de Eichmann, Vera, et de ses cinq frères, ainsi que la lettre de Ben-Zvi ministre de la Justice qui rejetait les pourvois.

Dans la collection, récemment numérisée par les archives présidentielles, il y a une transcription de l’appel devant la Cour suprême de l’avocat de la défense d’Eichmann, l’opinion manuscrite du ministre de la Justice Dov Yossef, et une note du procureur Gideon Hausner de son discours d’ouverture.

David Ygal

David Ygal

Observateur du monde juif et sioniste convaincu. Opposant à la pensée unique et aux manipulations politiques. Passionné par la Torah et le Talmud. Prône l'Unité inconditionnelle du Peuple juif, autour de la Torah et de ses Sages. Habite en Israël.

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