L’Iran se bat pour investir un détroit statégique sous la barbe d’Obama : un pas en arrière pour les USA, un grand pas pour l’Iran

Dans un moyen terme, les deux premières étapes de la stratégie de l’Iran au Moyen-Orient seront de balayer l’Etat islamique comme un fétu de paille, et d’écraser définitivement l’Arabie saoudite. Même si pour cela il devra passer par l’annihilation tant déclamée d’Israël.

Bien que l’Iran maîtrisait déjà le Liban grâce au Hezbollah, qu’il confortait sa position sur la bande de Gaza grâce au Hamas, qu’il assurait le pouvoir chiite en Syrie grâce à Assad, qu’il contrôlait le pouvoir en Irak grâce à Nouri el-Maliki, pays laissé en friche par Obama, qu’il fomentait et manipulait les rébellions au Yémen et au Bahreïn, bien avant les « printemps » arabe, l’effondrement des régimes arabes soutenus par les USA a laissé un vide que Téhéran est sur le point de combler. Aucun de ces pays arabes en décrépitude politique n’est en mesure de faire opposition à ses ambitions.

« Notre programme nucléaire n’est pas une décoration ! »

La déclaration d’Ali Khamenei ne laisse aucun doute sur la vision actuelle de l’Iran : « Cette lettre que le président Obama nous a adressé ne contenait que des éléments concernant le nucléaire de notre pays. Cela ne veut pas dire que nous considérons ce programme comme une « décoration ». En bref l’Iran signifie au monde que son programme nucléaire n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’imposer ses appétences idéologiques.

La stratégie globale de l’Iran, qui avance à grands pas, est de surpasser en puissance le pouvoir sunnite, donc celui de l’Arabe saoudite, de ses alliés et affidés. Pour ce faire, l’Iran passera par le contrôle de Bab el-Mandeb, au Yémen, qui est un passage stratégique entre la Mer rouge et l’Océan indien et s’octroiera ainsi la domination du transport énergétique du Moyen-Orient. En regardant une carte, on s’aperçoit que cette domination géographique du site yéménite permettra à l’Iran de prendre l’Arabie saoudite en étau.

« Bientôt, notre hégémonie s’exercera sur quatre capitales arabes. »

Ali Akbar Velayati, un ancien ministre des affaires étrangères iranien et l’actuel conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a déclaré « que l’objectif de l’Iran est que les rebelles chiites deviennent au Yémen ce que le Hezbollah est au Liban, c’est-à-dire une faction chiite contrôlant un État arabe. »

bab el mandeb

Ali Riza Zakani, un député iranien proche de Khamenei, a pour sa part affirmé « qu’après la chute de Sanaa il y aurait quatre capitales arabes sous le joug de l’Iran : Bagdad, Damas, Beyrouth, et Sanaa. » Avec l’Irak, la Syrie et le Liban au nord et le Yémen au sud, l’anneau iranien autour de l’Arabie Saoudite se resserrera. Mais l’Etat d’Israël ne laissera pas l’Iran atteindre une telle puissance, car en lui bloquant l’accès à la Mer rouge, c’est l’économie stratégique d’Israël qui est touchée, ses exportations verts deux continents, l’Afrique et l’Europe.

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