Judée-Samarie: Les Palestiniens ont les faveurs de la justice

Les autorités israéliennes ont débuté avant-hier matin la démolition de 15 maisons construites, selon l’organisation, ‘la paix maintenant’, sur des « terres palestiniennes privées » dans le quartier Netiv Ha’avot du village d’Elazar en Judée, une décision ordonnée en 2016 par la Cour suprême israélienne. Par Rony Akrich

Le « Netiv Aavot » comme l’ensemble des constructions dans cette région de Judée-Samarie déterminent dans une large mesure l’avenir du Goush Etzion. Ce dernier est censé être inclus dans le territoire israélien au cours d’un règlement futur. Tous les gouvernements israéliens, de droite et de gauche, sont censés agir pour la prospérité, le développement et le renforcement de la souverainté israélienne sur ces collines qui relie le « bloc » (goush) à « l’Etat d’Israël ».

A l’évidence, nous sommes complètement à l’opposé. Les Palestiniens établissent des réalités sur le terrain à un rythme accéléré. Ils remanient des milliers d’hectares grâce aux fonds européens et bâtissent des centaines d’installations illicites dans la région. L’administration civile et le système judiciaire n’agissent que très lentement et exécutent les ordonnances de planification et de construction de manière discriminatoire.

En Judée-Samarie, il y a une course contre la montre afin de créer autant d’états de faits que possible. Le conseil régional et les gouvernements de droite s’y emploient dans la mesure du possible. Les causes de notre retard sont indépendantes des souhaits ou des décrets officiels des gouvernements de droite, mais plutôt victime de la croûte juridique, législative et médiatique dans laquelle opère l’espace politique. Les fautifs sont nombreux, ils relèvent du parquet et de l’administration, ils sont, normalement, responsables de la mise en œuvre de la politique gouvernementale, de sa stratégie et du respect de la loi, non de les contrarier.

La politique du fait accompli

Ces dernières années, des dizaines de milliers de bâtisses illégales ont été bâties en Judée-Samarie par les palestiniens, dont une proportion notable au cœur des secteurs stratégiques. Ils tentent d’empêcher toute possibilité de construction en continu des localités israéliennes et donc de mitoyenneté territoriale avec ‘la Ligne Verte’ (l’Etat d’Israël). Dans le même temps, ils investissent un capital énorme dans des projets financés par des sources étrangères pour assainir des dizaines de milliers d’ares de terres rocailleuses. Des milliers d’oliviers ou de vignes sont plantés dans des lieux jamais cultivés depuis des centaines d’années et se transforment soudain en de nouvelles parcelles agricoles. Ultérieurement, des logis provisoires sont construits pour les ouvriers et ceux-ci deviennent progressivement des immeubles permanents et des villas luxueuses.

L’administration civile, censée endiguer ces travaux dès leur début, ne réagit que très lentement. Des fonctionnaires peu zélés, des inspecteurs trop peu nombreux pour un travail gigantesque.Toute démolition d’une construction palestinienne provoque un tollé général. La mise en branle des forces de police et de l’armée, à ce sujet, reste lente et lourde. Les organisations étrangères et les organisations d’extrême gauche encouragent les pressions internationales et entraînent Israël à payer un prix politique pour chaque destruction face aux gouvernements européens.

Autre point et non des moindres, les médias de droite comme le peuple votant à droite sont amorphes et peu militants. Ils n’exercent aucune pression suffisante sur l’administration afin que les lois sur la planification et contre la construction anarchique des palestiniens cessent. Les conséquences sont d’une simplicité probante: les procédures de construction israéliennes traversent les méandres de la bureaucratie. Elles sont soumises aux appels d’offres, souvent suspendues pour des raisons politiques et croulent sous les innombrables pétitions d’organisations gauchistes et palestiniennes. En outre, la Cour suprême exerce une hégémonie juridique, discriminatoire à l’égard des Juifs.

Deux poids deux mesures en Israël

Un examen des jugements de ces dernières années indique que les juges n’hésitent pas à décréter l’expulsion et la destruction des maisons juives. Pourtant, il n’existe aucune preuve tangible de propriété privée, ni même de vrais contestataires revendiquant le domaine, mais uniquement des associations politiques comme partie civile. Les preuves juridiques ne sont pas pertinentes pour les juges de la Cour suprême.

A leurs yeux, les palestiniens sont une population indigène, tandis que les juifs sont des occupants colonialistes. Ils se dissimulent derrière des références procédurières, mais défendent, en vérité, un calendrier politique autocratique qui considère les Juifs comme une puissance impérialiste étrangère n’ayant aucun droit sur la Judée-Samarie.

Un problème de fond quant à l’avenir même de la Judée-Samarie

Le problème essentiel auquel nous sommes confrontés, n’est pas notre réelle douleur suite aux expulsions et destructions. C’est un problème de fond quant à l’avenir même de la Judée et de la Samarie et des frontières de l’État d’Israël. Ces dernières années, des milliers d’articles et d’enquêtes ont été promus par les bureaux des associations, « La paix maintenant, Betselem et bien d’autres », sur les localités juives, les constructions, les mouvements de population juive, les conseils régionaux, les transferts d’argent des pouvoirs publiques. Je n’ai pas souvenance d’une enquête sur les centaines de millions déversées par l’union européenne, les gouvernements arabes et les organismes anti-israéliens aux seules fins d’établir des états de fait sur le terrain!

L’association pour les droits civils en Israël, le comité contre les démolitions de maisons, les rabbins pour les droits humains, les médecins sans frontières, l’Onu, toutes et plus, œuvrent avec et aux côtés de dizaines d’organisations palestiniennes. Elles sont encadrées par des juristes ayant une formation en droit international et en expertise dans le domaine urbanistique. Tout au long de ces vingt dernières années cette toile d’araignée juridique et médiatique est parvenue à fabriquer une image fallacieuse et pernicieuse de la réalité israélienne. Elle n’est là que pour servir les intérêts palestiniens, contrecarrer totalement les intérêts israéliens et annihiler toute bienveillance à l’égard de l’état Hébreu.

Il faut sortir et très vite de notre état comateux

Les juges de la Cour suprême se permettent de statuer de manière biaisée et incohérente car ils se savent imperméables aux diatribes des médias de droite ou des rares organisations qui tentent sans succès d’enrayer le mal à posteriori. Le corollaire est élémentaire: la droite dans son ensemble, les nationaux religieux aussi, ne prennent pas suffisamment la peine d’élever des hommes et femmes à devenir des futurs juristes candidats aux fonctions de juges ou procureurs.

Où sont les professeurs de droit dans les universités, les journalistes militants dans les médias, les manifestants étudiants et adultes, un réseau de groupes extraparlementaires substantiellement sponsorisé? En clair, nulle raison de s’étonner ou de protester, du soir au matin, contre l’hégémonie gauchiste. Il faut sortir et très vite de notre état comateux et commencer par nous aider nous-mêmes! Les éclaboussures d’une telle situation catatonique de la droite nationale et religieuse sont vécues non seulement en Judée et en Samarie, mais tout autant dans le Néguev, en Galilée et à Jérusalem.

Que nous faut-il de plus ?

L’anarchie bédouine dans le sud, les infiltrations africaines depuis le Sinaï, les émeutes du mouvement islamique en Galilée et à ‘Jérusalem-Est’, sont-elles insuffisantes a toute mobilisation. Que nous faut-il de plus, sur les campus, le peu d’étudiants de la droite militante est livré à la vindicte de la gauche bien-pensante.

On exclut des artistes de droite des institutions culturelles et nos impôts servent au financement des médias publics insultants les électeurs de droite. Il ne faut pas être obnubilé par le seul rachat de maison à Hévron ou à Jérusalem. C’est certes important, mais de moindres portée qu’un investissement dans les médias autorisés par exemple. La droite n’a toujours pas évolué et devrait penser établir un fonds sioniste indépendant et militant à la surface du globe tout entier.

N’avons-nous pas, en nous même, une certaine part d’acceptation jouissive de la douleur et de la souffrance?

Par Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

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