Jérusalem : « Les pompes funèbres m’ont rendu mon nourrisson dans un carton »

Un père de Jérusalem réclame 3 millions de shekels à la Hévra Kadisha (pompes funèbres) qui a refusé d’enterrer son bébé. « Ils m’ont remis le bébé dans un carton, m’ont humilié et ont enfreint la loi. »

Yossi Bornstein (photo du haut), un homme d’affaires de Jérusalem, a récemment déposé une plainte inhabituelle au tribunal de district, contre la Hevra Kadisha de Jérusalem. Il réclame trois millions de shekels pour refus d’enterrement, en contravention avec les directives du ministère de la Santé.

Les faits remontent à deux ans environ. L’épouse de Bornstein à l’époque était enceinte de huit mois et s’est précipité à l’hôpital Hadassah après un léger malaise. « Nous avons attendu longtemps pour cette grossesse et nous avons entretenus l’espoir d’avoir un enfant en bonne santé, même si la grossesse était à haut risque ». Bornstein se souvient : « lorsque nous sommes arrivés à l’hôpital, mon ex-femme a été conduite directement en salle d’accouchement. Mais nous n’avons jamais eu d’enfant ». Le personnel médical a été contraint d’annoncer que leur fils était mort-né.

« Cela m’a détruit mentalement et a traumatisé mon ancienne épouse. Elle était complètement hystérique et j’étais sous le choc », se remémore Bornstein. Une tragédie qui a conduit le couple à se séparer quelques mois plus tard.

Je voulais avoir une tombe pour célébrer la mémoire de mon fils

Après avoir recueilli la dépouille de son fils, Bornstein a demandé d’inhumer le nourrisson dans le cimetière de Sanhedria. « Je voulais avoir une tombe pour commémorer sa mémoire», explique le père.  «J’ai appelé la Hevra Kadisha de Jérusalem. On m’a dit qu’il n’y avait pas de problème et que je pouvais venir. Quand je suis arrivé, je suis passé par les tribulations de l’enfer. Une situation aussi pénible à vivre que la mort de mon fils », poursuit-il. .

Selon Bornstein, quand il est arrivé au cimetière, les ouvriers ont refusé d’enterrer son fils dans une tombe séparée, au motif que les bébés mort-nés étaient enterrés dans une fosse commune. « Je pensais que je rêvais », relate Bornstein. « Je tenais pendant tout ce temps-là, le corps de mon fils enveloppé dans une couverture. Comme si l’expérience traumatique que nous avions vécu ne suffisait pas, les interlocuteurs de la Hévra Kadisha ont fait preuve d’un manque de sensibilité voire de cruauté ».

Ce que dit la loi

Il convient de noter que selon les instructions du ministère de la Santé, un enfant né et décédé à la naissance devrait être enterré séparément et gratuitement. D’autre part, il est stipulé que la tombe sera marquée pour permettre l’identification du lieu de sépulture». Il est en outre indiqué, que la société funéraire autoriserait une commémoration familiale sur le lieu de sépulture. Dans le cas de Yossi Bornstein, cela ne s’est pas produit.

Il m’a rendu mon fils dans un carton

Bornstein a finalement obtenu que son fils soit enterré à part mais sans sa présence: « on m’a dit que le lendemain, je pourrai voir la tombe. Quand je suis arrivé le lendemain, le directeur de Hevra Kadisha, Hanania Shahor, m’a annoncé que finalement, mon fils n’avait pas été enterré et il me l’a rendu dans un carton qu’il m’a tendu comme un vulgaire objet. Il m’a ensuite demandé de quitter les lieux. Un autre employé m’a répété que selon les coutumes locales, on n’enterrait les bébés mort-nés que dans la fosse commune. Shahor a tourné les talons sans me donner aucune autre explication ».

Dans la plainte déposée par la famille Bronstein, il est stipulé que la Hevra Kadisha « Kehilat Yéroushalayim » n’a pas respecté la loi en vigueur et a agi de façon brutale et inhumaine. En outre, le père soupçonne la société « Kehilat Yéroushalayim », d’avoir sciemment refusé d’octroyer une sépulture gratuite et séparée au nourrisson, afin de pouvoir monnayer l’emplacement à d’autres « clients ».

Epilogue :

L’enfant a finalement été inhumé au cimetière du mont des Oliviers dans une tombe séparée comme le souhaitait la famille, grâce à l’intervention de Zaka.

Le directeur de la Hevra Kadisha « Kehilat Yéroushalayim », Hanania Shahor a indiqué par la suite : « On m’a dit qu’une plainte avait été déposée. Au-delà de ça, je ne ferai aucun commentaire ».

David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l’actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

Une pensée sur “Jérusalem : « Les pompes funèbres m’ont rendu mon nourrisson dans un carton »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *