Israël veut-elle se suicider ? Par Jean-Pierre Lledo, cinéaste

 

Alors qu’Israël damne le pion à toutes les forces bellicistes qui l’entourent, alors qu’elle est un des pays qui résistent le mieux à la pandémie actuelle, périra-t-elle de la main des siens ?

Les trois récentes élections avaient débouché sur une majorité de ‘’droite’’[1] mais insuffisante pour créer un gouvernement. Il était devenu évident, depuis au moins la 2ème élection, que s’imposait un gouvernement d’Union nationale dont les deux grandes forces nationales et patriotiques, le Likoud et Kahol-Lavan, auraient formé l’ossature. Mais coup de théâtre après la troisième élection (en une année), le chef de la coalition Kahol-Lavan, pour se voir confier par le président Rivlin la tâche de former un gouvernement, vient de préférer s’allier à la liste unifiée arabe qui se déclare officiellement antisioniste !  Qui, aurait pu jamais imaginer une telle trahison ? Les Patriarches et les Matriarches précurseurs, les fondateurs d’Eretz Israël, comme les près de 30 000 Juifs qui lui ont donné leurs vies depuis plus d’un siècle, crient de leurs tombes.

D’ailleurs après avoir dit vouloir créer ‘’un gouvernement national et patriotique’’ Gantz ne vient-il pas de se faire accrocher par l’un des ténors de la coalition arabe, Ahmed Tibi, lequel manifestement ne se sent nullement concerné ni par le premier ni par le second de ces deux épithètes ? ! Gantz et ses autres soutiens juifs ignoreraient-ils au nom de quelle tactique l’idéologue du parti dominant Hadach (ex-communiste) Mohamed Nafaa, rédacteur en chef du journal du parti Al-Itihad, a préconisé le soutien à Gantz ? « L’alliance de la Liste arabe avec Bleu-Blanc est du même style que celle conclue par Staline avec les Etats capitalistes pour anéantir Hitler et les nazis durant la 2e Guerre mondiale… Les Américains et les Britanniques étaient des « ennemis de la paix et du communisme (mais il) était nécessaire pour Staline de faire alliance avec eux pour terrasser leur ennemi commun, Hitler. ». [2]

Ainsi pour ces gens-là, Gantz et ses amis n’ont pas changé d’identité, ils demeurent des ‘’ennemis’’ !  Lors des deuxièmes élections, le 1er ministre falestinien Shtayyeh n’avait-il pas ironisé : ‘’Gantz et Netanyaou c’est Pepsi Cola et Coca Cola’’, bonnet blanc et blanc bonnet comme disent les Français ? Et donc pour les dirigeants de la liste arabe, se débarrasser de Netanyaou n’a rien à voir avec ses démêlés avec la justice – des futilités pour eux – comme le mettent en avant ses adversaires juifs de plus en plus infantilisés, mais bien plus fondamentalement parce qu’il est un verrou qu’il faut faire sauter afin de progresser vers leurs objectifs propres qu’ils ne prennent même plus la peine de masquer : transformer Israël d’Etat du peuple juif (avec ses minorités) en l’Etat de tous ses citoyens (c’est-à-dire un Etat où le peuple juif ne pourra plus exercer sa souveraineté), en finir avec Jérusalem une et indivisible capitale d’Israël, revenir aux frontières (ou plutôt aux lignes d’armistice) de 1949, rejeter le Plan Trump, et selon Nafaa ce n’est pas fini : « cesser les provocations d’Israël contre l’Iran en Syrie car elles déstabilisent la région… combattre la normalisation des relations entre Israël et certains pays arabes sunnites ». Etc… Etc…

Est-ce bien ce programme que Gantz, Ashkanazi, Lapid, Yaalon, Liberman, Perez, ont préféré à celui de  Netanyaou ? Pensent-ils pouvoir gouverner avec ceux qui se donnent ouvertement comme tâche de faire disparaitre Israël ? Ou instrumentalisent-ils cette liste arabe juste pour arriver au pouvoir ? Mais ne comprennent-ils pas qu’ils signent doublement leur arrêt de mort politique ? Tant vis-à-vis de la partie du peuple d’Israël qui refuse le suicide que des partis arabes qui crieront à la trahison dès le premier désaccord venu…

Si Netanyaou a réellement fauté, il paiera, et seul lui en connaitra le préjudice. Et c’est à la Justice de l’établir et à elle seule. Par contre une alliance avec ceux qui se proclament ‘’antisionistes’’ (c’est-à-dire aussi, même selon Macron, des antisémites) portera préjudice à tout un peuple, le seul peuple à qui l’on tente de refuser le droit à un Etat, alors que les peuples arabes en ont 22 !!!

Croyant à la responsabilité de chaque citoyen qui ne pourra pas dire ‘’je ne savais pas’’, n’est-il pas temps que la partie du peuple juif d’Israël (trompée ? aveuglée ? naive ? irresponsable ? malade ? fascinée ? envoutée ? suicidaire ?) qui a voté pour Gantz et ses alliés juifs, disent à ses chefs qu’ils doivent cesser ce jeu dangereux ?

Gantz, Ashkanazi, Lapid, Yaalon, Liberman, Perez, et ceux qui ont voté pour eux, ignorent-ils que cette liste unifiée arabe est composé d’islamistes, branche israélienne des frères musulmans (interdits dans le monde arabe !), d’islamistes nationalisants, et de nationalistes islamisants… Et le parti Hadach, lui-même une coalition de marxistes nationalisants et de nationalistes marxisants, n’a-t-il pas depuis longtemps basculé vers le nationalisme arabe après son alliance avec le Ta’al d’Ahmed Tibi en 2003, dixit  le Haaretz du 11 décembre 2007 :  «Le Hadach… a succombé au courant séparatistenationaliste et populiste… et a choisi de tourner le dos à un agenda civique et social en faveur des questions liées au nationalisme palestinien… »

S’ils agissaient en fonction de leurs seules idéologies propres, ces 4 partis arabes devraient s’opposer puisque, rappelons-le, dans tous les pays arabes et musulmans, les communistes ont été les premières victimes des dictatures nationalistes (Egypte, Syrie, Irak, Algérie, etc…) et les nationalistes les secondes victimes, après les communistes, des dictatures et des mouvements islamistes (Iran, Algérie, Soudan, etc…). Alors au nom de quelle plate-forme se sont-ils unis, sinon comme les représentants en Israël ‘’du peuple falestinien’’ dont ils se réclament, sinon pour miner la souveraineté juive d’Israël ? Mais il n’y a pas que l’avenir pour les unir, le passé n’en a pas été moins important. Ne se sont-ils pas réjouis du terrorisme des intifadas du début des années 2000 qui a tué un millier d’Israéliens et blessé des milliers d’autres ? Zoabi ne s’est-elle pas jointe au bateau des islamistes turcs Marmara qui s’imaginaient débarquer triomphants à Gaza ? Ont-ils jamais élevés la voix contre la recrudescence ces dernières années du terrorisme des soi-disant ‘’loups solitaires’’ en voiture bélier ou armés d’un poignard ? N’ont-ils pas déplorés voire condamné les éliminations ciblées des terroristes falestiniens ou iraniens ?

Nous savons par les sondages que des centaines de milliers d’Israéliens qui ont voté pour la coalition Gantz le regrettent déjà amèrement et n’était la pandémie, ils seraient déjà dans la rue pour le signifier. Ceci dit et comme il m’est arrivé souvent de le dire moins abruptement, ce qui vient de se passer est le signe que ‘’la formule Israël’’ mise au point en 1948 a expiré. La Déclaration d’indépendance avait été adoptée (avec une infime majorité) dans le contexte particulier d’une guerre qui avait commencé depuis les années 30, s’était amplifiée après le vote de l’ONU en Novembre 1947 et ce jusqu’à l’attaque de tous les pays arabes en 1948 après le départ des Anglais et l’adoption de cette Déclaration. A cette époque il n’y avait que des Juifs, des Arabes, des Druzes, et quelques autres groupes très minoritaires.

Depuis la 2ème Charte de l’OLP en 1968, les Arabes d’Israël ont commencé à se revendiquer de plus en plus ‘’Falestiniens’’, ne se reconnaissant plus comme faisant partie du peuple israélien. Contrairement aux Druzes et à un grand nombre de Bédouins, ils refusent de servir dans l’armée, ils refusent les symboles de l’Etat juif, son drapeau et son hymne, leurs députés arborent les symboles falestiniens à l’intérieur même de leurs bureaux de la Knesset, ils refusent de marquer la minute de silence pour les disparus de la Shoah et au contraire lui substituent la commémoration de la ‘’Naqba’’ mise donc sur le même plan que la Shoah avec le sous-entendu aggravant que les Juifs d’Israël sont les nazis des Falestiniens. Les chefs politiques falestiniens d’Israël ne font allégeance en vérité qu’à ‘’l’Autorité falestinienne’’ représentée hier par Arafat et aujourd’hui par Mahmoud Abbas, ils en sont même leurs conseillers pour ne pas dire plus trivialement leurs informateurs.

La création de la Liste unifiée arabe depuis 2015 est précisément l’expression de cette cassure de la société politique israélienne. Aucun Etat au monde ne pourrait supporter et tolérer une fracture aussi importante qui concerne près de 20% de sa population. Pour retrouver son unité Israël va être forcée de choisir (de préférence par référendum que cela plaise ou non à certains Grands Juges) : soit en finir avec l’Etat juif pour devenir l’Etat de tous ses citoyens, soit en finir avec la formule batârde de 1948 fondée sur l’utopie/ l’illusion que les Arabes accepteraient de respecter les attributs de l’Etat juif, à l’instar des Druzes et d’autres minorités.

Dans la première hypothèse, le peuple juif après s’être vu déposséder de sa souveraineté, devra accepter le retour des ‘’5 millions de réfugiés’’ et une décennie plus tard, de devenir minoritaire, c’est-à-dire de retrouver son antique statut de dhimmi ou de s’en aller dans des pays ou l’islam n’est pas (encore) majoritaire. Ce sera la fin de ‘’l’aventure sioniste’’. Et toute la propagande falestinienne est fondée sur la comparaison entre cette ‘’aventure’’ et le pouvoir chrétien issu des Croisades qui ‘’ne dura que 2 siècles’’. Pour préparer la jeunesse à cette perspective, médias et enseignants falestiniens ne parlent jamais d’Israël que comme ‘’la Palestine de la mer au fleuve’’… Pour atteindre cet objectif les Falestiniens se sont partagé le travail : à l’extérieur revient la tâche de mener une guerre d’usure contre Israël, et à ceux de l’intérieur, leur cheval de Troie, de saper l’autorité juive au nom de la formule d’Etat de tous les citoyens, formule perverse puisque sous le vernis égalitaire se dissimule à peine le désir de mettre fin purement et simplement à l’Etat du peuple juif.

Dans la deuxième hypothèse, Israël deviendra l’Etat du peuple juif et de toutes les minorités qui respecteront son identité et assumeront tous leurs devoirs de citoyens (notamment servir dans Tsahal).

Les Falestiniens qui voudront le rester auront alors le choix de se déplacer de quelques kilomètres pour rejoindre un Etat falestinien, qui pourrait être la Jordanie déjà de fait falestinienne (je rappelle qu’au moment de l’indépendance d’Algérie, les non-musulmans durent s’enfuir et parcourir 1000 km et bien plus encore pour certains pour atteindre des pays que dans leur grande majorité ils ne connaissaient pas).

Ou bien de demeurer comme résidents en Israël, sans la possibilité d’intervenir dans les destinées de l’Etat du peuple juif. Plusieurs formules juridiques ont déjà été proposées, comme par exemple, de doter chaque peuple, ou minorité d’une nationalité propre, juive, falestinienne, druze, etc…

Reporter à plus tard cette nécessité du choix, c’est entrainer Israël dans la décennie à venir dans une guerre civile qui sera plus terrible que celle de 1947-1949 et dont tous ses ennemis extérieurs profiteront pour tenter de l’achever. Les dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui à l’occasion de ces 3èmes élections, disent l’urgence pour le peuple d’Israël de se prononcer, tant qu’il le peut, tant qu’il est encore majoritaire.

Veut-il se suicider ? Ou veut-il vivre, c’est à dire exister dans sa singularité ?

Forts du soutien que Gantz et ses alliés sont venus leur quémander, les députés de la liste unifiée arabe, font désormais feu de tout bois, et ont même abandonné toutes les précautions oratoires qu’ils s’imposaient jusqu’ici pour échapper à la justice ou pour éviter de choquer les idiots juifs mais utiles. Hier, Ayman Oudeh proposait ses services pour reconstruire la gauche israélienne dont il se disait même le ‘’pilier’’, faut-il en rire ou en pleurer ? ! Et aujourd’hui au moment même où j’avais l’intention d’aller chercher sur internet les propos des dirigeants arabes afin de justifier le portrait que j’en avais fait plus haut, me parviennent ceux de la nouvelle députée arabe Heiba Yazbak, élue du parti Balad et donc partie prenante de la Liste unifiée arabe. Après avoir été repêchée par la Cour Suprême qui avait refusé la procédure d’invalidation à son encontre, elle s’était à nouveau distinguée il y a quelque temps en apportant son soutien à Raed Salah, chef du Mouvement islamique arabe israélien (condamné à 28 mois de détention ferme, et 18 mois avec sursis, pour activités dans le cadre d’une organisation déclarée hors-la-loi et pour appel au terrorisme). Voici donc les propos de la nouvelle hégérie de la Liste unifiée apparemment du même acabit que sa prédecesseuse Hanan Zoabi qui résument tout ce que par le passé les autres dirigeants arabes avaient pu dire de façon plus feutrée : « Nous allons à la Knesset pour obtenir tout ce que nous pouvons au niveau des droits civiques. A Balad nous restons fermement attachés à notre solide boussole qui est d’obtenir un Etat de tous les citoyens. Notre programme s’oppose au sionisme de cet Etat et nous luttons contre cela et pour le démantèlement de son caractère juif et sioniste en préservant notre identité nationale tout en ne renonçant pas à notre pleine citoyenneté ».

Comment ne pas penser à Gershom Scholem et conclure avec celui[3], qui, tout en étant avec Buber et quelques autres un des fondateurs de ‘’Paix Maintenant’’ (que l’on ne peut comparer avec son homonyme d’aujourd’hui), resta toujours fidèle au sionisme de sa jeunesse qui le mena en Eretz Israël dès 1925 ? Voilà ce qu’il disait de ce mouvement juif des Cananéens qui au nom d’un hébraïsme abstrait s’était donné pour objectif d’en finir avec la judéité et l’histoire juive, et appelaient à la formation d’un Etat de Canaan où juifs et musulmans dépouilleraient leurs anciennes identités religieuses et viendraient se fondre dans une nouvelle nation qui ferait revivre une antique culture proche-orientale, antérieure au monothéisme !

« Le discours cananéen n’a aucune base, aucun fond réel… L’Etat d’Israël n’a de valeur que grâce à la conscience de la continuité juive, vis-à-vis du passé comme vis-à-vis de l’avenir… Que se serait-il passé si pendant la Guerre des Six-jours cette nouvelle secte avait  affronté seule l’épreuve ? Ils auraient été massacrés, ou ils se seraient fondus dans le monde arabe pour rester fidèle à leur idéologie de l’espace sémitique. Tous leurs concepts ont un caractère fictif à commencer par cette idée de ‘’pays de l’Euphrate’’ !… Comme s’il était possible à un peuple de se couper de ses racines ! Ils se privent de leur propre substance, de leur moelle vitale. Et leur solution débouche sur l’assimilation, (car les Arabes n’iront pas dans la direction d’un nationalisme laïque de ce genre, sauf dans la propagande dénuée de toute intention véritable… Les Cananéens auraient conduit toute la population juive à l’assimilation, à l’anéantissement ou à l’émigration. Si nous n’avons pas été emportés par les remous de l’histoire, c’est bien parce que nous avons été anti-cananéens.

L’Etat de Canaan ne m’intéresse pas !  Et tout cela dérive de leur refus de reconnaître que le judaïsme  pouvait être un organisme vivant, susceptible de se remplir et de se développer. S’il est impossible qu’en terre d’Israël le peuple juif existe en tant qu’organisme manifestant sa vitalité dans l’histoire, responsable de lui-même, alors dans quel but sommes-nous venus ici ? Les Arabes non plus n’accepteront pas la conception cananéenne. Ils vivent dans une réalité fantastique mais pas dans une réalité fictive, comme nos cananéens. S’il existe des cananéens au sein de la société juive en Israël c’est en raison du simple fait que toute société se permet d’entretenir des paradoxes. Mais en substance, ils représentent quelque chose de négatif… Le défi c’est d’être soi-même. S’ils pensent qu’ils n’ont pas besoin du judaïsme pour préserver leur identité propre, je crains qu’ils ne s’acheminent vers le désespoir et les déceptions auxquelles les Juifs d’Europe ont été confrontés dans des circonstances tout à fait différentes. Si les Juifs ne veulent pas de leur renaissance l’Etat d’Israël ne tiendra pas… Le défi, c’est de faire face aux réalités. C’est précisément ce que la nouvelle gauche n’aime pas faire. Comme les cananéens, elle vit dans un monde fictif… Le sentiment d’être étrangers les uns aux autres est né non seulement de leur ignorance mais surtout de leur volonté de ne pas savoir. Nous les sionistes avons opté pour le ‘’provincial’’ et eux pour ‘’l’universel’’. Mais la dimension universelle ne peut être réelle et justifiée que lorsqu’un individu sait quel lieu est le sien. Or les Juifs de la nouvelle gauche ne le savent pas et cela leur coûtera cher…. Il ne faut pas poser la question du prix du sionisme, mais du prix de la diaspora.

Intellectuels, artistes, politiciens, qui vous dites encore sionistes, réagirez-vous ou consommerez-vous en silence la trahison des clercs ? Réagirez-vous tant qu’il est temps ou accepterez-vous que les Falestiniens soient à l’origine d’une nouvelle Guerre des Juifs et à la fin d’Israël ? !

Jean-Pierre Lledo. Cinéaste

[1] Je reprends la classification usuelle que personnellement je réprouve. Ben Gourion et Golda Meir que l’on classait à ‘’gauche’’ seraient évidemment aujourd’hui classé ‘’à droite’’.

[2] https://lphinfo.com/que-pense-lideologue-de-hadash-de-la-collaboration-avec-bleu-blanc/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter+quotidienne

[3] Cahiers de l’Herne dirigé par Maurice Kriegel. 3ème entretien avec EHOUD BEN-EZER (Avril-Mai 70) : Le sionisme – Dialectique de la continuité et de la rébellion.

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