Israël prend soin de ses coquelicots

 

Selon une étude de l’INRA, « Lors de la seconde moitié du XXème siècle, les paysages agricoles ont été profondément modifiés en raison de l’intensification de l’agriculture. Des perturbations dans tous les compartiments de la biodiversité ont été observées provoquant un déclin chez de nombreux taxons*. L’abeille domestique fait partie de ces espèces en déclin… Or elle fournit un service écosystémique de pollinisation indispensable pour toutes plantes, qu’elles soient sauvages ou cultivées !

De plus, apprend-on, seul le coquelicot est capable de fournir aux abeilles de très grosses quantités de pollen d’une qualité supérieure à la moyenne…. Et ainsi permettre aux abeilles d’ensemencer à son tour !

Le temps a passé.

Vendredi dernier, ce sont plus de 300.000 signataires de l’appel lancé par Fabrice Nicolino, journaliste de Charlie Hebdo, de se rassembler pour demander l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse, les participants se reconnaissant grâce à un coquelicot glissé dans la boutonnière.

(A noter que tant que ne sera pas votée l’interdiction totale de tous pesticides, des manifestations auront lieu le premier vendredi de chaque mois à 18H30 devant les mairies ou sur les places principales des villes et villages !)

Pendant ce temps-là, en Israël…

Ezra Banoun (expert en énergies renouvelables) et Norbert Lipszyc (Président de la Société de Protection de la Nature en Israël) rappellent que depuis sa mise en culture, le Néguev,  se couvre sans problème chaque année de coquelicots et d’anémones alors qu’à création de l’Etat, le Néguev était une région désertique qui s’étendait sur 60% du territoire israélien.

David Ben Gourion, premier président de l’état de déclarer alors : « Si nous ne parvenons pas à vaincre le désert, le désert nous vaincra » ! Et de lancer une campagne pour attirer des pionniers avec comme slogan « ’Nous allons faire refleurir le désert ».

Ce à quoi des dizaines de milliers de courageux se sont portés volontaires. Aujourd’hui déjà le quart du désert du Néguev a refleuri, la région est devenue le grenier à blé du pays, un centre de High Tech et une base de recherches de niveau international !

Une étude menée conjointement par « l’Université Ben Gourion du Néguev » et « la Faculté d’agronomie, alimentation et environnement » de Rehovot, a montré que les troupeaux de bovins des fermes israéliennes et bédouines sont de plus en plus nombreux à venir pâturer les étendues du Néguev.

Et si les troupeaux ne s’approchent pas des coquelicots, toxiques, ils broutent à plaisir toutes les autres herbes.

Conséquence : Les coquelicots qui aiment le soleil ne sont plus ombragés et chaque année sont de plus en plus nombreux et de plus en plus rouges…

Ce dont profite, ravis, une majorité d’israéliens venus en familles admirer ce spectacle d’autant plus beau qu’éphémère, tous mystères enfin levés à propos de ce rouge de plus en plus rouge chaque année !

Sources : blog de Katy Bisraor Ayache, 2016 et Ambassade d’Israël octobre 2018.

*** Un « Taxon » correspond à une entité d’êtres vivants regroupés parce qu’ils possèdent des caractères en commun du fait de leur parenté, et permet ainsi de classifier le vivant à travers la systématique.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

Une pensée sur “Israël prend soin de ses coquelicots

  • 8 octobre 2018 à 12:58
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    C’est peut être le manque de coquelicots, que les abeilles ne peuvent plus lutter contre certaines maladies ??

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