En Israël aussi, des crapules vont au stade

Huit membres de l’Organisation « La Familia » supporters de l’équipe de football ‘Beitar Jérusalem’ ont été condamnés, à des peines de prison après avoir été reconnu coupable, chacun selon sa part, d’avoir agressé des supporters du Hapoel Tel-Aviv, dont un avec un marteau, sans aucune provocation de la partie adverse. Ce sont les premiers condamnés, membres de « La Familia », à des peines de prison pour violences commises en bande organisée. Par Rony Akrich

A chaque réunion sportive, des entraîneurs fustigent leurs formations, des supporters rugissent et, sur tous les terrains du monde, des violences sont perpétrées en toute impunité ou presque. Ces masses sont une population à risques dont le montant dans les factures publiques gagnerait à être chiffré. Les opérations de sensibilisation et une fermeté renforcée ne peuvent rien corriger à l’agressivité naturelle du sport. La férocité est banalisée, la violence des stades alimente la bestialité, le fanatisme, le nationalisme des tribunes. Le sport convie la foule au stade, réunit les masses, les amoncelle pour honorer le culte martial du ballon rond ou ovale et il ne faut guère plus d’une erreur dans le show pour que l’escouade mugisse et que les supporters excités deviennent une horde assassine.

Bien pire en période de crise, les extrémistes et les hooligans saisissent les enceintes sportives (ou à l’extérieur, à l’occasion d’événements sportifs) comme le domaine parfait, l’exutoire idéal de leur inimitié totale de la société, de leur chauvinisme destructeur et fréquemment de leur détresse et de leur rejet le plus total. Dans la chimère générale, le sport profite d’un crédit sans faille, auprès du public, qui le protège de tout soupçon, et ne s’interroge d’ailleurs que très peu sur son sens sociopolitique.

Distraire la plèbe

Souvenons-nous que pour se garantir de tous conflits sociaux, les Romains avaient auguré tous les avantages qu’ils sauraient retirer des jeux du cirque en tant qu’exutoire. Procurer leur «du pain et des jeux» et chacun n’en sera que plus satisfait, aujourd’hui la mondialisation et les medias ont rafraîchi ce credo. Les démocraties bourgeoises comme les gouvernements despotiques élèvent le sport en idéal, car intéressés à distraire la plèbe des attentions et réflexions controversées.

Les naïfs remarquent un beau jour, après avoir encensé le sport, que le rêve sportif ne coïncide point avec la réalité: dopage, falsification, brutalité. Pour quelle raison le sport serait-il différent des tares que la société véhicule de l’athlète, l’archétype de l’éthique? L’exercice sportif est une facette des relations collectives et financières qui ne bénéficient plus d’aucune différence. Nulle zone franche dans la société libérale et le sport n’y échappe guère.

Ce serait absurde de dénoncer le seul sportif pas plus qu’il ne faille le défendre. La culpabilité se répartit entre les publicistes qui drainent d’abondants bénéfices grâce à leur soutien, les patrons de clubs qui lorgnent ailleurs en souhaitant que tous agissent ainsi, les journalistes qui s’enivrent béatement face à la performance et des spectateurs qui désirent encore et toujours plus, oublier leur quotidien. C’est dans cette cuisine savamment aménagée que les crapules hooligans éructent toute leur insuffisance et crachent le venin du faible comme du lâche!

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

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