Israël : ces espèces nuisibles qui se fixent sous les bateaux

D’après une étude menée par la doctorante Mey-Tal Gewing du Département de Zoologie de l’Université de Tel-Aviv sous la direction du  Dr. Noa Shenkar, la moitié des vaisseaux maritimes traversant la côte méditerranéenne d’Israël transportent des ascidies nuisibles à l’écosystème, qui se fixent sous leur coque. Les chercheuses travaillent actuellement en coopération avec les autorités israéliennes et européennes pour endiguer le développement de cette nuisance mondiale.

La recherche, réalisée en collaboration avec le Musée Steinhardt d’Histoire Naturelle et Centre National israélien d’Etudes sur la Biodiversité de l’Université de Tel-Aviv, a été publiée dans la revue Marine Pollution Bulletin.

Les ascidies sont des animaux marins filtreurs qui se nourrissent des particules présentent dans le flux d’eau qui les traversent. En forme d’outre recouverte d’une tunique celluloïde rigide peu digeste pour les prédateurs, elles vivent au fond de l’eau. Elles se fixent à tous les supports qu’elles trouvent. Présentes dans tous les océans du monde, elles constituent une espèce envahissante nuisible pour la biodiversité autochtone, contribuent à la dégradation de l’écosystème local et à l’altération des services écosystémiques à travers le monde et représentent une menace mondiale.

L’étude des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv a révélé que les navires jouent un rôle jusque là inconnu mais prépondérant dans la dispersion de ces organismes. Ils favorisent leur introduction dans de nouveaux environnements. Selon la recherche, la moitié des navires traversant la côte méditerranéenne d’Israël transportent ces invertébrés marins accrochés à leur coque.

Bateau-stop

« Ces organismes, bien connus aux États-Unis et au Canada, traversent le canal de Suez accrochés aux cordages et à la coque des navires », explique le Dr. Shenkar. « Ce sont des animaux filtreurs, de sorte qu’ils recouvrent et obstruent toutes les surfaces sur lesquelles ils s’accrochent. Ils ralentissent le navire et nuisent à la biodiversité marine de leurs nouveaux environnements. Ils constituent une menace majeure pour nos côtes et sont très coûteux pour les propriétaires de bateaux ».

Noa ShenkarLes chercheurs ont inspecté 45 navires commerciaux et militaires mis à sec pour entretien, sur divers chantiers navals d’Israël. Les navires commerciaux sont nettoyés tous les deux ans de par la loi. Cependant les chercheurs ont constaté que les bateaux militaires, qui font pourtant l’objet d’un entretien tous les six mois, étaient en fait plus propices à favoriser l’invasion ascidienne.

« Les navires militaires sont révisés tous les six mois. Mais ne sont pas correctement nettoyés pour ces espèces envahissantes », déclare le Dr. Shenkar. « Celles-ci se cachent sur les coffres de prise d’eau, sous le bas de la coque. L’entretien des navires commerciaux est beaucoup plus complet, y compris la peinture et le nettoyage au jet d’eau de tous les recoins du navire ».

Des mesures de protection de l’environnement

Le Dr. Shenkar recommande que toutes les zones des bateaux soient contrôlées. Les propriétaires de bateaux doivent utiliser de la peinture à base de silicium, sur laquelle les larves ne peuvent s’accrocher, pour recouvrir des zones telles que la coque.

On a également trouvé une corrélation entre la quantité d’ascidies et la température de l’eau de mer. « Plus la température augmente, plus le nombre d’ascidies s’accroit », explique le Dr. Shenkar. « Nous recommandons de procéder à la maintenance avant le début de la saison chaude. Un dépistage précoce et une réaction rapide sont essentiels lorsqu’une nouvelle espèce potentiellement nuisible est découverte ».

Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont également découvert des espèces caribéennes nouvelles dans la région. Ce qui suggère que la surveillance des navires maritimes peut servir d’outil efficace pour la détection précoce d’ascidies non indigènes.

« Notre recherche est un exemple de la coopération qui doit exister entre les milieux universitaires et les entreprises commerciales pour arriver à formuler des recommandations réalistes adaptées à ce qui se passe réellement sur le terrain », a déclaré le Dr. Shenkar.

Les chercheurs travaillent actuellement avec les responsables en Israël et dans l’UE pour mettre au point des mesures de protection de l’environnement empêchant la propagation des ascidies non autochtones.

Source :  Site des Amis français de l’Université de Tel-Aviv

David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *