Hommage: Golda Meir…40 ans déjà

C’était un 8 décembre…40 ans après sa disparition elle demeure plus que jamais l’image symbolique de la « Pionnière » israélienne !

Madame Golda Meir …

A la simple évocation de son nom, au moins deux générations de femmes, (peut-être d’hommes aussi !) ne peuvent s’empêcher de rêver que ce parcours exceptionnel aurait pu être le leur… Même si la décision de ne pas avoir accepté la paix proposée par Sadate, le président égyptien fait polémique, prouvant s’il le fallait que nul(le) n’est parfait(e), préservant à contrario le côté humain plus qu’humain de l’une des figures les plus représentatives de l’histoire politique d’Israël !

Celle qui officiera sous le nom de « Golda Meir » nait Golda Mabovitch à Kiev en Ukraine le 3 mai 1898 en pleine période de pogroms !

Comme moults juifs, elle connait la faim et le froid avant que son père ne décide en 1903 qu’il est temps pour la petite famille d’émigrer vers les États-Unis.

D’un caractère bien trempé depuis toujours, à la suite d’un différend avec ses parents, Golda quitte la maison familiale à 14 ans et part rejoindre sa sœur Sheyna à Denver.

Une ville faite pour elles puisque c’est là que toutes deux commenceront leur vie de militantes, là, qu’à partir de ses 18 ans Golda en particulier y apprendra comment prendre la parole dans des réunions politiques pour défendre efficacement ses idées de sioniste- socialiste ; là surtout où elle rencontrera Morris Myerson qui deviendra son époux en 1917.

 Arrive 1921, année d’importance :

Golda Meir, son mari et sa sœur choisissent d’émigrer à nouveau, cette fois vers la Palestine encore sous mandat britannique. Tous trois seront accueillis dans le kibboutz « Merhavia » (מֶרְחַבְיָה ) situé dans le nord d’Israël, à l’est d’Afula . Là commencera une nouvelle vie faite d’arbres à planter, de terres à rendre salubres, de travaux agricoles et mille autres tâches nécessaires à la construction d’un pays.

Cela n’étonnera personne, très vite, Golda s’affirme comme un leader. Elle est notamment choisie par son kibboutz comme représentante auprès du syndicat de la Histadrout (embryon du futur parti travailliste), ce qui n’empêche qu’en 1924, son mari et elle-même choisissent de déménager à Tel-Aviv puis à Jérusalem où ils auront deux enfants : Menahem et Sarah.

Petit à petit, elle laisse à son mari le soin de s’occuper de leurs enfants, (ce qu’il fera, avant que de rester seul à Jérusalem jusqu’à sa mort en 1951).

Pendant ce temps, déchirée d’avoir fait ce choix mais ne pouvant agir autrement, elle se fait une place et gagne progressivement en influence au sein de la Histadrout dans l’attente de la création de l’État d’Israël.

En 1946, alors que le pouvoir britannique arrête nombre de leaders politiques sionistes, Golda Meir réussit non seulement à y échapper mais prend alors en charge l’organisation, négociant avec les britanniques tout en restant en contact avec les mouvements de guérilla.

 Quel magnifique parcours :

Le 14 mai 1948, Golda Meir appose avec 24 autres sa signature au bas de la Déclaration d’Indépendance de l’État d’Israël.

Et c’est armée du premier passeport israélien qu’elle se rend dès le lendemain aux États-Unis pour y collecter des fonds et inaugurer sa vie « d’Homme politique-représentant de commerce surdoué » !

Suivront des agissements qui feront d’elle plus souvent qu’à son tour la première femme à occuper tel ou tel poste telle ou telle fonction…

Ainsi devient-elle la première ambassadrice israélienne en Union soviétique, poste qu’elle quitte en 1949.

Ainsi est-elle la première à rejoindre la Knesset, le parlement israélien dont elle occupe le siège jusqu’en 1974.

Entre-deux, de 1949 à 1956, elle est Ministre du Travail avant que de recevoir le portefeuille des Affaires étrangères des mains de David Ben Gourion.

Fatiguée par l’exercice de tant de responsabilités elle quitte le gouvernement en 1965 avant que d’être rapidement rappelée aux affaires en tant que Secrétaire Générale du Parti Travailliste jusqu’au 1er août 1968 où, à nouveau elle décide de se reposer un temps… Après avoir mêlé sa personne à la victoire écrasante en 1967 de ce que l’on nommera « la Guerre des six jours » !

Est-elle reposée le 25 septembre 1969 lorsqu’après la mort soudaine de Levi Eshkol le 26 février 1969, le parti la choisit pour devenir Premier Ministre ?

Nul ne le sait !

Elle se devra de l’être car son mandat sera marqué par des troubles au sein de la coalition au pouvoir, par un manque de leadership et par la « mauvaise surprise », (le mot est faible !) de l’attaque des armées arabes le jour du Yom Kippour 1973, à l’issue de laquelle Golda Meir démissionnera le 11 avril 1974 remplacée par Yitzhak Rabin !

Golda Meir, celle que Ben Gourion avait déclarée être « le seul homme de son gouvernement », n’a jamais jugé nécessaire de rechercher quelques compromis que ce soit avec les Palestiniens dont elle disait que « La Paix ne pourra se faire que lorsque les Arabes aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous haïssent ».

Première « Dame de Fer » de la politique israélienne, bien avant que ce qualificatif ne soit employé à propos de madame Thatcher, celle que ses admirateurs appelaient affectueusement la grand-mère d’Israël, celle qui revendiquait haut et fort préférer les condamnations du monde entier à ses hypocrites condoléances, lorsqu’il lui était reproché d’avoir contribué à faire d’Israël un pays bien vivant, meurt d’un cancer à Jérusalem à l’âge de 80 ans.

Elle est enterrée parmi ses pairs au Mont Herzl à Jérusalem.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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