Grand Chelem de Judo : Les vidéos de la honte à Abou Dhabi

Les organisateurs du Grand Chelem de Judo d’Abou Dhabi (EAU), qui s’est achevé ce week-end, ont soulevé une vague d’indignation en refusant de reconnaître les douze judokas israéliens engagés dans leur tournoi.

Avant le début des compétitions, les responsables émiratis avaient établi un règlement discriminatoire à l’encontre des athlètes d’un pays que leur État refuse de reconnaître officiellement. Ainsi, il a été interdit aux Israéliens de porter sur leurs kimonos le drapeau ou les lettres ISR, mais d’arborer plutôt le sigle de l’IJF, la Fédération internationale de judo.

Cette situation pour le moins gênante n’a pas empêché le judoka Tal Flicker de s’imposer jeudi dans la catégorie des moins de 66kg. Quand l’israélien est monté sur la plus haute marche du podium, c’est l’hymne de la Fédération internationale qui a retenti, et non pas celui d’Israël. C’est également le drapeau de la même Fédération, et non pas celui frappé de l’étoile de David, qui a été hissé. Tal Flicker a alors entonné lui-même l’hymne israélien.

D’autres médailles ont suivi. Le judoka israélien Or Sasson a remporté samedi la médaille de bronze (catégorie +100kg) au tournoi de judo du Grand Chelem d’Abu Dhabi. Le médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Rio est venu à bout du Belge Benjamin Harmegnies sur un waza-ari. C’est la cinquième médaille récoltée (une d’or et quatre de bronze) par les judokas israéliens. Israël occupe la sixième place du classement du tournoi.

La scène obscure et anxiogène d’Abou Dhabi

« Partout dans le monde, on joue l’hymne et on hisse le drapeau national israélien, partout sauf sur la scène obscure et anxiogène d’Abu Dhabi, étrangère à l’esprit olympique », a déploré la ministre des Sports israéliennes vendredi.

Une Fédération internationale qui s’est d’ailleurs montrée extrêmement complaisante avec l’organisation locale, malgré sa demande de traiter équitablement les athlètes israéliens. «Je suis ravi d’être ici», a pour sa part commenté l’entraîneur national Oren Smadja, après la victoire de son champion. «Avec ou sans drapeau, pour nous, l’important est d’amener nos athlètes à ce niveau et de prouver à tout le monde qu’il est impossible d’arrêter l’État d’Israël.» Ce pays a aussi pu se réjouir de la médaille de bronze de sa judoka Gili Cohen chez les dames de moins de 52 kg.

Alors que les athlètes israéliens s’illustrent de plus en plus sur les podiums, il sera intéressant de voir si les pays arabes seront encore en mesure de conserver leur politique d’interdiction des symboles nationaux israéliens sur leurs territoires. Peut-être que le ridicule de l’incident survenu jeudi, combiné à l’indignation internationale croissante face à une discrimination semblable et telle qu’elle a eu lieu, aidera à faire changer les choses.

 

Ci dessous: La judokate marocaine Aziza Chakir, battue par l’Israélienne Shira Rishoni au tournoi de judo d’Abu Dhabi, a refusé de lui serrer la main à l’issu du match.

David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

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