Gaza, des incendies… mais peu d’extincteurs

 

Vous avez, comme moi, pris connaissance de l’accord du gouvernement israélien intéressant un cessez le feu entre la direction terroriste du Hamas à Gaza et l’Etat Hébreu. Cette sentence fait suite à des heures interminables de palabres au sein du conseil de sécurité gouvernemental qui décida donc….de ne point décider! Par Rony Akrich

Accepter le diktat venu de Gaza, aujourd’hui, détériore très sérieusement ce qui demeure encore possible dans notre dissuasion et, surtout, ouvre une porte à d’autres évènements, plus que terribles, dans un très proche avenir. L’entêtement élogieux de nos dirigeants et d’une partie non négligeable de la population, des intérêts économiques ou électoraux, allez savoir, sont peut-être à l’œuvre au sein de notre société fatiguée.

S’il ne se produit pas, et cela très rapidement, un changement radical de notre approche stratégique, au vu et au su des conjonctures régionales, je crains fort que la jurisprudence de ces dernières 48 heures ne nous coûte, très cher, à moyen ou long terme.

La concorde de la plupart des responsables, politiques et militaires, quant à une fin de ‘oui’ recevoir de l’ambassade égyptienne contre l’escalade, et selon des modalités plausibles, est à mon humble avis une fausse menace tactique.

Le Hamas mène sa danse macabre

Car ce oui-là, affirmons le, n’est conséquent que de l’impératif d’un Hamas menant la danse macabre d’un bout à l’autre, depuis des semaines, face à un Israël plus que frileux.

Il reste, bien sûr, l’éventualité optimiste, mais de moins en moins probable, d’un jihad et d’un Hamas perdant les pédales et enfreignant l’accord. Israël pourrait, alors, réagir fortement et poursuivre la totale destruction des infrastructures militaires et politiques de ces mouvements. La question demeure en vérité : pourrons-nous réellement, et définitivement, les éliminer ou les dissuader  à jamais? Rien n’est moins sûr à ce sujet.

Une opération bancale, un officier de haut rang tué et un autre grièvement blessé, menée par la crème des crèmes de Tsahal, va mettre le feu aux poudres. Cette provocation, en plein territoire gazaoui, est un crime pour le Hamas et ce dernier va réagir, mettre à feu et à sang le sud d’Israël. Les terroristes épient de loin, guettent le mouvement de soldats inconscients du danger, puis lancent un missile antichar sur un autobus venant de déposer 50 soldats. Seul l’autocar explosera, une mise en garde, une gifle, un soufflet de honte au visage d’un Israël mortifié. Les organisations terroristes se déchaînent et tirent plus de 400 roquettes et obus de mortier sur les villes et les villages du Néguev. Israël fut un simple objet, une marionnette entre les mains d’un terrorisme instruit des modalités de la guérilla postmoderne et savant de la politique confuse du pays.

Scepticisme de mise

Alors que le Premier ministre Netanyahou fantasmait sous la pluie parisienne, entretenait les medias d’une prochaine et certaine accalmie, à Gaza, tout était prêt!

Je reste, comme vous tous, plus que sceptique quant aux chances de cette trêve malheureuse, jamais elle ne ramènera le calme et la sérénité ! Les palestiniens dansent et chantent malgré les destructions causées par l’aviation Israélienne, leur joie est tout simplement conséquente de deux choses: avoir pu mettre une raclée et donner une leçon à l’arrogance juive.

Les bâtiments détruits sont un juste prix pour les blessures assenées à l’occupant! Le Hamas va poursuivre ses manifestations proches de la clôture, il n’a d’ailleurs aucune vraie raison d’abandonner, pas même les morts récurrentes lors de ces violences….et donc, très bientôt, nous serons témoins, de nouveau, du rituel de ces derniers mois.

Nos réactions restent étonnamment vides de sens et donc d’une stérilité à rendre fou un peuple suffisamment victime. Le Premier Ministre, quant à lui, n’innove en rien, ni ne s’explique sur sa retenue malencontreuse. Il persiste, de manière obsessive, à nous entretenir de la seule menace iranienne dans le nord du pays.

La souffrance des habitants du sud

Cela devra-t-il consoler la souffrance des habitants du sud? Certains milieu bien informés déclareront, sans gêne aucune, n’avoir point voulu froisser la diplomatie égyptienne, et surtout éviter un drame humanitaire dans la bande de Gaza.

Les faits dramatiques, et souvent tragiques, de ces dernières 48 heures génèrent un dangereux  précédent, un nouvel état d’esprit au sein du Hamas mais aussi chez tous ceux désireux d’en découdre avec l’état Hébreu.

Ici, en Israël, les dirigeants, comme à leur habitude, ne constatent guère l’évolution militaire et tactique des terroristes, ils demeurent plongés dans une sorte d’ancrage intellectuel. Très certainement aussi mus par des intérêts politiques et financiers nécessairement pragmatiques mais dont la douleur contingente, de prime abord, sera celle de la population, de toute la population, sans exception.

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

Une pensée sur “Gaza, des incendies… mais peu d’extincteurs

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    16 novembre 2018 à 13 h 54 min
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    Honte à ce gouvernement. Alors quoi, Netanyaou se couche devant le Hamas! et l’UE applaudit de concert avec macron et merkel.
    Où est l’une des plus puissantes armées du monde?
    Où sont les Begin, Golda, et tous ces faucons qui faisaient trembler le monde arabe.
    ROSA

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