Les estropiés de Gaza et les aveugles de France2. Par Arié Bensemhoun

Jeudi 11 octobre, France 2 diffusait dans son émission phare Envoyé spécial un reportage intitulé : « Gaza, une jeunesse estropiée », axé sur l’usage systématique de balles réelles par l’armée israélienne contre des « manifestants palestiniens ». Ce que ce documentaire ne dira jamais, c’est que cette « Marche du retour », lancée le 30 mars 2018, loin d’être une manifestation pacifique, consiste à créer un écran de fumée mettant en scène des civils et notamment des femmes et des enfants, pour permettre à des terroristes et plus largement à des manifestants armés, aux ordres du Hamas, de franchir la barrière de sécurité qui fait office de frontière entre l’Etat d’Israël et la bande de Gaza, afin d’y perpétrer des attentats.

Reportage d’Envoyé spécial, « Gaza, une jeunesse estropiée » : décryptage. Par Arié Bensemhoun et Sarah Perez

Le titre du documentaire et sa bande annonce laissaient déjà présager d’un parti pris inquiétant puisque le rôle du Hamas dans l’avenir de cette jeunesse « déchue » est largement minimisé, pour ne pas dire occulté, tandis qu’Israël, accusé de prôner le tout-sécuritaire, est bien vite rendu responsable de « crimes de guerre ». La diffusion d’un tel positionnement biaisé sur une chaine de télévision française, du service public de surcroit, est inadmissible car elle contribue à renforcer et encourager l’action du Hamas, présenté comme un mouvement d’émancipation nationale alors qu’il est une organisation terroriste dont le seul objectif est la destruction d’Israël, comme le proclament sa charte et ses leaders dans toutes leurs interventions.

Un storytelling larmoyant, un parti pris annoncé

Hors contexte, il est difficile de ne pas s’émouvoir face aux jeunes gazaouïs estropiés qui témoignent devant la caméra d’Yvan Martinet, auteur du reportage. Ainsi nous présente-t-on Alaa, 21 ans, qui rêvait de devenir le champion palestinien de cyclisme mais dont la jambe aurait été amputée suite à un tir de balle israélien. Comme Mohamad, 13 ans, Atallah, 17 ans, et tant d’autres. La question est ainsi posée : « Quel avenir pour les jeunes de Gaza qui ont perdu leur jambe sous les tirs des snipers israéliens lors d’une marche du retour ?». Celle-ci a lieu chaque vendredi depuis six mois, et à cette occasion, des milliers de Gazaouïs convergent vers la frontière qui les sépare d’Israël. Elle est présentée comme « une manifestation pacifique qui laisse place en 2 heures à une zone de guerre », car « chaque vendredi, nous dit-on, les soldats israéliens tirent et blessent ».

Nous n’en saurons pas plus sur cette « marche ». Nous ne saurons pas que ce mouvement exige le « droit au retour » des réfugiés palestiniens, pas plus qu’il est organisé par le Hamas, organisation terroriste qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Le logo de la manifestation ne laisse guère de doute quant à son objectif : l’éradication d’Israël.

En effet, le dessin représente l’Etat d’Israël tel qu’il est actuellement avec les territoires palestiniens intégrés, le tout formant une seule entité, l’ensemble recouvert d’un drapeau palestinien en haut duquel un poing tenant une clé est fermement levé, prêt à combattre « l’occupant sioniste ». Le chiffre 194 fait référence à la résolution des Nations Unies du 11 décembre 1948 sur un éventuel « droit au retour » des Palestiniens. D’ailleurs, le commentateur évoque ensuite les origines des participants : « La plupart des 2 millions d’habitants sont des réfugiés qui ont fui ou ont été chassés à la création d’Israël ».

En réalité, 70 ans après, il ne reste presque plus de réfugiés de 1948. La plupart des habitants de Gaza sont nés dans l’enclave et leur statut de réfugié n’est qu’une chimère inventée de toute pièce par l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux, spécialement dédié aux Palestiniens mais qui n’a pour vocation que de les entretenir dans l’assistanat et la victimisation. Sans parler de ceux qui sont originaires d’Egypte et qui ne sauraient être ni des réfugiés ni des descendants de réfugiés. Mais l’imposture est à son comble et rien ne nous sera épargné pour imposer le narratif palestinien de l’occupation et de la colonisation, même si plus un seul Israélien ne se trouve dans la bande de Gaza.

A ce « grand rassemblement » où des dizaines de milliers d’émeutiers sont souvent armés et prêts à en découdre, la liturgie est festive : on vient en famille, les enfants encouragés par les parents « mais c’est eux qui le demandent », affirme un père face caméra, et comble de l’absurde, un glacier ambulant est même présent pour rafraichir les émeutiers. Ainsi, le journaliste ému par la fougue de ces enfants, tombe dans le piège que lui dresse le Hamas qui a parfaitement compris qu’à défaut de gagner la guerre sur le champ de bataille, peut gagner la guerre de l’image, de l’émotion et de la communication, grâce à la complaisance de certains medias.

Mais, il faut bien donner des gages d’impartialité. Voilà pourquoi, à une seule reprise mention est faite que le Mouvement de résistance islamique est « considéré comme organisation terroriste ». Le terme « considéré » laisse cependant planer un doute. Considéré par qui ? Israël ? L’Etat qui envoie ses soldats aux frontières tirer sur de jeunes enfants ? Non, la vérité est sans appel, le Hamas est inscrit sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis, l’Europe et la plupart des nations du monde, au même titre que Al-Qaïda ou Daesh, pour ne citer que les plus emblématiques.

Il ne s’agit pas dans ce décryptage de se montrer insensible face à cette jeunesse palestinienne endoctrinée et manipulée, bien au contraire. Mais, les journalistes, s’ils étaient respectueux de leur éthique et de leur mission, devraient plutôt s’interroger sur les racines du mal et sur la véritable nature de la tragédie qui enfonce chaque jour un peu plus la bande de Gaza dans le chaos. Mais ici, l’absence de sens critique et de recul, la recherche du sensationnel au mépris de la vérité et de l’intérêt des protagonistes de ce conflit, l’absence d’informations sur les méthodes du Hamas qui utilise les civils comme boucliers humains, est absolument intolérable et doit être dénoncée avec force.

Criminalisation d’Israël et victimisation des Palestiniens

Yvan Martinet est précautionneux. Sans doute un peu trop parfois. Vraisemblablement conscient qu’il sera attendu au tournant sur la question de l’équilibre journalistique, il commence nombre de ses phrases par « selon », surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer le « côté » israélien. Ainsi dit-il, « selon les Israéliens, les cerfs-volants sont des armes redoutables ». Une prudence de langage grotesque puisque 3000 hectares de terres agricoles ont été brûlés et près de 800 incendies déclenchés[1]. Un vrai désastre écologique et économique qui n’a pas l’air de préoccuper le journaliste qui ne se donne même pas la peine de traverser la frontière pour constater l’étendue des dégâts et recueillir quelques témoignages.

Enfin, pour représenter le point de vue israélien, il s’entretient quelques secondes au bout de 20 minutes de reportage (sur 28) avec le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée dont il vient d’incriminer l’action et auquel il déclare : « Pour beaucoup d’observateurs, cela ressemble au mieux à des bavures, au pire à des crimes de guerre ». Comme pour apporter de l’eau au moulin du Hamas. En effet, quelques minutes plus tôt, Yvan Martinet affirmait qu’« au nom de sa sécurité, Israël a fait 180 morts et plus de 5000 blessés par balle ». Des chiffres qu’il détient du Ministère de la Santé, dont il omet d’évoquer qu’il est contrôlé par le Hamas et dont nous ne saurons jamais s’ils sont vrais tant le Hamas est passé maitre dans l’art de la mise en scène et de la manipulation.

Mais ce dont il est question ici, c’est de la sécurité d’Israël. En pareille situation, tous les Etats auraient naturellement le droit de se défendre. Tous les Etats, sauf un, Israël, qui est prié, même dans une situation de danger extrême, comme c’est le cas ici, de rester impassible, de rester l’arme au pied. Israël a le droit de vivre en sécurité, nous dit-on souvent, mais n’a pas le droit de se défendre. Ce qui vaut pour tous, ne vaut pas pour l’Etat Juif, dont la création, 70 ans après, porte encore pour beaucoup la marque de l’illégitimité. Double standard insupportable qui cache mal la mauvaise conscience des nations.

Pour sa deuxième tentative « d’équilibrage », l’auteur du reportage sollicite l’Israélien Nadav Weiman, coordinateur de l’organisation Breaking the Silence, qui dénonce les « violences et les exactions » qui auraient été commises par des soldats israéliens à l’encontre des Palestiniens. Son travail militant se résume le plus souvent à la diffusion de témoignages anonymes de soldats, rendant impossible toute vérification. Pour rappel, l’ONG Breaking the Silence n’a de « non gouvernementale » que le label. Elle est en réalité largement financée par les gouvernements et les institutions européennes qui lui versent depuis des années de très larges subsides pour soutenir son travail de propagande anti-israélienne.

Depuis la fameuse affaire Al-Dura et la prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza, ce reportage prouve que rien n’a fondamentalement changé sur le terrain et que les journalistes étrangers tombent quasi systématiquement, sans trop de résistance, dans le piège que leur tend le Hamas. Certes, d’un point de vue journalistique, la réalité doit être montrée sans tenir compte des conséquences sur l’opinion publique qui mérite une information objective de qualité. Mais ce reportage est biaisé, déséquilibré, malhonnête. Il s’approprie le narratif de la propagande palestinienne et islamiste qui au travers de la dé-légitimation d’Israël veut se poser en victime de l’occident pour faire avancer un agenda de conquête et de soumission.

Dans un contexte national et international d’islamisation croissante de nos sociétés et de menace terroriste, cette complaisance pour ne pas dire collusion de certains médias, ne fait que conforter les militants islamistes et extrémistes les plus radicaux qui ont tout intérêt à importer ce conflit en France et en Europe pour déstabiliser et détruire nos sociétés libérales et démocratiques. C’est là le véritable enjeu de cette guerre contre le totalitarisme qui se joue là-bas au Moyen-Orient, mais aussi ici sur notre continent.

Parce qu’il ne s’encombre pas des subtilités d’analyse qu’exige ce conflit si complexe, parce qu’il est complaisant envers les islamistes, ennemis de toutes les démocraties, mais aussi des peuples arabes et musulmans qu’ils prétendent représenter, parce qu’il nourrit la haine d’Israël, des juifs mais ne nous y trompons pas, de la France aussi, parce qu’il arme le bras des terroristes qui nous menacent collectivement, ce reportage est dangereux et indigne de ce que l’on peut légitimement attendre des medias et particulièrement du service public dont la mission d’information est indissociable de l’éthique et de la responsabilité.

[1] Source : KKL (Keren Kayemet LeIsraël), organisation environnementaliste israélienne

SOURCE de l’article : ELNET

6 pensées sur “Les estropiés de Gaza et les aveugles de France2. Par Arié Bensemhoun

  • 20 octobre 2018 à 3:52
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    Ces journalistes et médias antisémites ne « tombent pas dans le piège » de la propagande mensongère et criminelle des terroristes palestiniens, mais font partie intégrale du plan de ces derniers. À quand l’établissement d’une liste de ces criminels afin que l’Histoire, un jour, puisse les juger.
    Raphael A. Levy

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  • 22 octobre 2018 à 12:03
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    Et dire que les citoyens français juifs sont obligés de financer cette propagande antisémite à travers la redevance audiovisuelle.

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  • 23 octobre 2018 à 10:05
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    Nous devons tout faire pour que FR2 passe la vidéo autrement plus objective, de Pierre Rehov sur les heurts à Gaza border, à une heure de grande écoute comme le fut le film de propagande pro-terroriste sur Envoyé spécial, si nous sommes comme le disent nos ennemis à la tête des médias, des banques et de tout, prouvons leur au moins que nous sommes animés de justice et que nous travaillons pour une objectivité, contrairement à ces journaleux payés pour distiller la propagande du Hamas.

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    • 25 octobre 2018 à 12:19
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      Nous sommes aussi responsables de laisser passer ces ignominies depuis si longtemps, où sont les « matières grises » capables de réagir efficacement ?
      Les israéliens devraient créer des dizaines de reportages, de témoignages et de
      forums pour contrer cette HORRIBLE propagande.

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      • 7 novembre 2018 à 11:29
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        Faut avoir envie de se plonger dans la fange
        Mais vous avez raison, un peu plus d’activités journalistiques serait le bienvenu…
        C’est pourtant pas les talents qui manquent !
        Sans doute une certaine retenue due à la Torah
        Ou plus simplement un dégout certain du blabla fwançais

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