Fichel Ben’haled: Le gardien du cimetière est le dernier juif du Pakistan

A Karachi, la plus grande ville du Pakistan, Fichel (Faiçal) Ben’haled se défini comme le dernier juif du pays. Il lutte ces derniers temps pour sauver ce qu’il reste des tombes du cimetière juif. Fichel est le fils d’une juive d’Iran, son père était musulman. Il a grandi à Karachi. Si le cimetière existe toujours et n’est pas menacé de destruction, il est néanmoins situé dans un quartier contrôlé par des gangs. L’accès y est donc très dangereux et ces bandes armées ne permettent pas l’entretien des tombes déjà en piteuses état.

Dans ce pays musulman, Ben’haled a, contre toute attente, reçu l’appui de l’architecte Maarif ‘Hassan, membre de la commission gouvernementale de la culture et de la tradition. Hassan a proposé de déclarer le cimetière juif comme « protégé par l’état ».

Fichel
Fichel (Faiçal) Ben’haled

Pour Fichel,  « Malgré les relents anti-israéliens et antisémites dans ce pays, il nous faut préserver la tradition du respect des morts, commune à la culture pakistanaise et juive ».

En 1893 Chalom Solomon Omerkader et son fils Guerchon ont fondé une synagogue à Karachi qui a desservie une communauté de petite taille mais hétéroclite. A leur tête se tenait Avraham Réouven qui fut même conseillé municipal en 1936. Le gouvernement pakistanais a détruit la synagogue en 1988 en faveur de la construction d’un centre commercial.

                                                         Une communauté jadis florissante

[box type= »shadow » ]Il fut un temps, tout particulièrement lorsque les Britanniques administraient la région, où une communauté juive florissante vivait à Karachi, ville alors multiethnique et aujourd’hui capitale du Pakistan. En 1919, un membre de cette communauté, Abraham Reuben, avait même été élu parmi les édiles de la Karachi City Corporation. Puis, suite à la création de l’Etat d’Israël et à l’hostilité grandissante contre les Juifs dans le pays, la grande majorité de ces derniers était partie, seules restant sur place des personnes âgées, bien que des rumeurs persistantes font régulièrement état de la présence, dans la cité, de quelques Juifs vivant là sous une identité d’emprunt.

Quoi qu’il en soit, les Juifs de Karachi ont laissé derrière eux un très grand cimetière qui abrite environ cinq mille tombes dont beaucoup sont cassées ou envahies par les ronces et autres mauvaises herbes. Or, la situation pourrait encore empirer. En effet, dans un récent article, Mahim Maher, une journaliste locale qui est entre autres responsable du site internet de « Samaa », la première chaîne privée d’information pakistanaise, a lancé un appel : « Je veux porter à l’attention de la diaspora juive que les fonds destinés à l’entretien du cimetière juif de Karachi sont en train de s’épuiser ». Chiourim.com[/box]

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