Etat d’urgence partiel en Egypte accompagné d’un couvre-feu

« Des agents étrangers sont à l’origine de cet attentat, » a déclaré, excédé, le Général Abdel Fatah Al-Sissi, nouveau président élu égyptien. Une voiture bourrée d’explosif a été précipitée par un terroriste contre un barrage de l’armée, un attentat-suicide qui a fait 31 morts et 30 blessés parmi les soldats. L’état d’urgence pour une durée de trois mois a été décrété : il concerne le nord et le centre du Sinaï.

En juillet 2013, 22 soldats ont péri lors d’une attaque contre une position militaire du même type, près de la frontière libyenne, et une autre attaque, cette fois à la roquette et à l’arme automatique, en août de la même année, visait des véhicules de transport de l’armée faisant 25 morts. Chacune de ces attaques a été revendiquée par le mouvement terroriste proche d’Al-Qaïda, Ansar Bait el-Maqdis, créé ou manipulé par les Frères musulmans, qui frappent de façon inattendue et violente le général Sissi à qui ils reprochent d’avoir déposé le président Morsi et de leur avoir dérobé le pouvoir.

« Sissi doit faire taire la terreur, il n’a pas le choix. »

Vendredi, des terroristes ont abattu un officier et un soldat à un barrage près de Al-Arish. Mercredi, ce sont six policiers et trois passants qui ont été blessés dans l’explosion d’une bombe proche de l’université du Caire. Malgré les efforts particuliers que fait l’armée égyptienne, les attentats meurtriers se succèdent, touchant inéluctablement les forces de sécurité. Au vu des dernières attaques, Sissi n’a donc pas d’autre choix que de réussir à faire taire la terreur.

La première mesure que Sissi va prendre et qu’il a déjà annoncée à la presse, c’est un état d’urgence de trois mois dans le centre et le nord du Sinaï. La deuxième mesure, qu’il va appliquer dans quelques jours, sera de fermer le passage de Rafiah entre l’Egypte et Gaza. Quand le président égyptien faisait allusion à une intervention étrangère, il pensait bien sûr au Hamas. Et c’est pour le punir qu’il prend cette disposition, car il est certain que le groupe est impliqué.

« Un défi de taille pour le président-général. »

Le peuple égyptien, qui a soutenu Sissi lors de l’éviction de Mohammed Morsi, le candidat des Frères musulmans, est toujours derrière lui, mais il veut qu’il traite ce problème de la terreur avec dureté, d’une « main de fer » tel que l’a exprimé le président des étudiants du Caire. Selon les derniers signes, le tourisme repartait lentement ces dernières semaines, donnant à l’économie égyptienne un espoir de relance. Ses espoirs sont aujourd’hui battus en brèche par les terroristes.

Sissi n’a plus qu’une seule issue, c’est de frapper un coup si dur sur les organisations terroristes qu’il remportera, au moins dans un premier temps, une victoire qui lui donnera plus de temps. Du temps que ses Services de Renseignements vont utiliser pour localiser tous les foyers terroristes sur le territoire égyptien, aussi bien dans le Sinaï qu’en Haute Egypte, car les attentats touchent toutes les régions qui se trouvent dans la péninsule et autour de la capitale. Mais dans un premier temps, Sissi va se contenter d’une action d’éclat qui va calmer le peuple.

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