Et pendant ce temps-là, l’Egypte nettoie le Sinaï des djihadistes… et du Hamas

 Même si on est habitué à ce que les medias égyptiens gonflent quotidiennement les réussites militaires de leur armée dans le Sinaï, cette fois, c’est la guerre totale, si l’on en juge par le nombre de victimes. Le président a-Sissi ne pouvait laisser la région tomber définitivement aux mains des Frères musulmans et des djihadistes en tous genres, qui ridiculisaient le pouvoir du Caire.

La semaine dernière, un responsable sécuritaire égyptien révélait que l’armée avait mené plusieurs raids contre des cibles islamistes dans le Sinaï. Un raid contre une caravane de voitures a fait 18 morts et un autre sur un centre de formation et de recrutement situé dans une école, a tué 20 djihadistes supplémentaires dans la région de Cheikh Zavid. Au centre des préoccupations du président égyptien, le groupe Ansar Bet Elmakdess (les gardiens du Temple !) qui œuvre au nord du Sinaï, entre El Arish et la région de Cheikh Zaouid. C’est une zone densément peuplée d’une centaine de kilomètres carrés..

sinai carte

Les militaires égyptiens combattent les terroristes au sol, appuyés par des hélicoptères de combats de type Apache. Outre les opérations réussies de la semaine dernière, l’avancée des troupes du Caire se résume pour le moment, par le nettoyage de 5 villages, une saisie de nombreux appareils radio ainsi que d’uniformes appartenant à la branche du Hamas Az Adin AlKassam ainsi qu’à la découverte d’une série de tunnels reliant Rafia’h et Gaza. Pour les Égyptiens le lien et la collaboration entre le Hamas et les djihadistes sont bien réels.

Les Bédouins à la rescousse

La bonne nouvelle pour Mohamed a-Sissi, c’est que les Bédouins du nord de la péninsule ont décidé de collaborer avec les militaires contre les terroristes. A-Sissi a nommé le général Ossama Assker chef des forces sur place. Celui-ci connait bien les Bédouins et entretient avec eux de bonnes relations. Les tribus du Sud se sont vu aidées par le général pour moderniser leur agriculture et ont rendu leurs armes détenues sans autorisation.

Dans le cadre de sa guerre psychologique, le groupe terroriste a publié les photos de volontaires étrangers venus renforcer leurs rangs. La plupart d’entre eux sont d’origine tchétchène ou arrivent des états musulmans de l’ancienne URSS.

Le Hamas s’inquiète

Au Hamas, on craint que si la situation au Sinaï dégénère, l’Egypte, bien décidée à éradiquer le terrorisme, n’active ses troupes dans Gaza même, afin d’arrêter des membres du mouvement recherchés et de mettre un terme au phénomène des tunnels. Après avoir déclaré vendredi comme terroriste la branche armée du Hamas, le pouvoir égyptien pourrait bien étendre cette décision à la branche politique de l’organisation au pouvoir à Gaza.

La menace affole bien les leaders terroristes, qui haussent le ton contre le pouvoir du Caire. Alors que le général a-Sissi a déclaré entamer un processus à moyen terme, pour éradiquer les cellules djihadistes opérant dans la péninsule du Sinaï et après l’intervention de ses avions en Libye, des suites de la décapitation de chrétiens coptes égyptiens, les prises de décisions s’accélèrent, isolant de plus en plus la bande de Gaza.

Une série de mesures supplémentaire ont été prises, comme l’expulsion des responsables du Hamas du sol égyptien ou l’élargissement de la zone tampon avec Gaza. Du coup, l’un des leaders du Hamas, Mahmoud Zahar, a mis en garde l’Egypte contre une action militaire dans la bande de Gaza.

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