Est-il envisageable de ne pas restituer les corps des terroristes ?

Manifestation vendredi, la semaine dernière, au carrefour de Amos à l’est du Goush Etzion. Voilà qui remet à nouveau sur le tapis la délicate question de la remise des corps des terroristes à leur famille, tués au moment de leur méfait.

Pourquoi Israël restitue les corps des terroristes aux familles ? Pourquoi la décision du cabinet gouvernemental n’est pas respectée ? Le sujet revient régulièrement à la une des journaux israéliens. Et les manifestions  sont quasi hebdomadaires sur cet épineux sujet. Aux côtés des membres de l’organisation « Women in Green », les femmes en vert, une centaine d’habitants du Goush Etzion s’est réunie la semaine dernière pour protester contre la tenue du cortège funèbre du terroriste tué quelques jours plus tôt à ce même carrefour de Amos.

Bien que le terroriste qui a mené l’attaque ait été abattu par Tsahal, le ministère de la Défense a choisi de rendre son corps à sa famille. Des manifestations de victoire au moment des funérailles ont été organisées en grande pompe dans l’agitation. Dans le même temps, l’armée a bloqué la circulation aux habitants juifs sur les principaux axes de la région. Comment expliquer à la population israélienne que ces manifestations de joie célèbrent un meurtrier ? Pourquoi, ce qui était valable avant, ne l’est plus aujourd’hui.

Le gouvernement n’est pas clair sur le sujet

Durant de longues années, Israël enterrait en catimini les terroristes. Leur lieu de sépulture était tenu secret. Les dépouilles étaient parfois restituées au gré des échanges de prisonniers. C’était incontestablement une monnaie d’échange qui pesait lourd au moment des négociations. Mais ce procédé appartient au passé. Les familles de terroristes patientent quelques jours voire quelques semaines, avant de procéder aux obsèques. Et c’est tout !

Pour une grande majorité d’israéliens, voir les palestiniens célébrer le retour des terroristes  fait mal. D’autant que la politique du gouvernement sur le sujet est changeante, mal expliquée voire inconséquente. Dans un contexte de tension larvée, chaque « retour de dépouille » donne lieu à des protestations.

Au cours de la manifestation, Shlomo Ne’eman, président du conseil du Goush Etzion, a déclaré que « le peuple d’Israël s’est sacrifié et continue de se sacrifier chaque jour. Il n’y a pas de prix pour cela. Nous sommes ici présents pour toujours. Pour réaliser cela, nous devons hisser clairement le drapeau israélien. L’État doit hisser son drapeau et dire une fois pour toutes que ce territoire nous appartient. Nous nous sommes établis ici, en tant qu’état souverain dans un territoire souverain, depuis que Josué bin Nun a mis le pied sur cette Terre. Nous sommes ici pour toujours et devons y rester souverain. »

A quoi joue Liberman ?

Pour les leaders du mouvement « Women in Green », Yehudit Katsover et Nadia Matar, la force militaire israélienne, qui a éliminé le terroriste, a agit avec professionnalisme. Tsahal n’est donc pas dans leur collimateur. En revanche, sur le plan politique, le ministre de la Défense Avigdor Liberman est à la traîne. Il a violé la décision du Cabinet de sécurité émise début janvier 2017 en autorisant le retour du corps du terroriste.

Pourtant, le Hamas détient toujours les corps du sergent Oron Shaul et du lieutenant Hadar Goldin. Yehudit Katsover a estimé que le gouvernement israélien donnait des signes de faiblesse en renvoyant le corps d’un terroriste à sa famille. « Nous devons nous joindre à l’appel des familles de Shaul et Goldin pour changer la donne. Détenir les corps de nos soldats doit être une charge pour le Hamas et non pas un atout. »

Pour ces deux femmes, seule l’application de la souveraineté israélienne sur l’ensemble du territoire pourra annihiler tous desseins meurtriers des terroristes dans l’idée de chasser le peuple d’Israël de sa terre. « L’expression de notre souveraineté attestera de notre volonté de rester ici pour toujours tout en arrachant la terreur à la racine. »

Se basant sur les dires d’un haut gradé de l’armée, « Women in Green » a également rapporté que la tenue de manifestations d’allégresse lors de funérailles de terroristes pourrait être reconsidéré.

Katja Epelbaum

Katja Epelbaum

Diplômée de la Sorbonne en Science politique et en Histoire, j'ai toujours su que je m’épanouirais professionnellement dans l’écriture. Depuis l'Alya, Katja collabore avec le journal Hamodia et Le Mag, et poursuit différents projets d’écriture.

3 pensées sur “Est-il envisageable de ne pas restituer les corps des terroristes ?

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    20 juillet 2017 à 15 h 17 min
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    C’est une question très délicate. L’une de nos forces réside dans notre droiture.

    Il est nécessaire de trouver une solution qui soit conforme à leurs règles mais qui permette de peser dans les négociations. Par exemple. la sépulture anonyme aux confins du désert avec l’office d’un imam ad hoc (bien sûr filmé) qui ne sait pas où c’est. Le lieu ne sera révélé que lorsque les autres problèmes en négociation auront été réglé.

    La méthode américaine pour Bin Laden est irréversible, donc n’a aucun poids.

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    20 juillet 2017 à 18 h 17 min
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    C EST la guerre….avez vous jamais entendu parler de transactions en temps de guerre

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    20 juillet 2017 à 22 h 15 min
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    Ça fait longtemps que je dis à qui veut l’entendre que non seulement il ne faut pas rendre ces corps, mais qu’il faudrait systématiquement les INCINÉRER, et le faire savoir. Ainsi tous les terroristes potentiels seraient avertis, et ce quel que soit la religion ! Toutes les religions prônent la mise en terre, et l’incinération est une lourde menace. Pour une fois qu’on a un moyen coercitif contre les fanatiques (qui par définition se moquent de toute menace), c’est vraiment dommage de ne pas l’utiliser. Ça pourrait sauver beaucoup de vies.

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