Je suis en panne sur la route, deux juifs orthodoxes s’arrêtent

Dix heures du soir. Je suis avec ma sœur sur l’autoroute de la plage entre Zichron Yaakov et Atlit. Nous roulons à 100 km/h. Soudain le pneu avant droit explose. La voiture dérape et je ne sais comment j’ai réussi à reprendre la maîtrise du véhicule et à ne pas heurter d’autres voitures.

Ma première rencontre avec des juifs orthodoxes. Nous voici sur le bas-côté. Après de longues minutes, nous nous calmons et comprenons que chaque instant passé à cet endroit nous met en danger. Dans notre petite voiture sur la bande d’arrêt d’urgence, chaque camion ou bus qui passent à quelques centimètres de nous, secouent le véhicule et pourraient nous pulvériser. Bref nous sommes en danger.

J’allume mes feux de détresse et prends la décision de rouler lentement sur la jante vers le carrefour d’Atlit. Il nous faut quitter cette zone de danger.
De loin, j’aperçois une voiture de police. Mais eux, ne nous voient pas…

Nous voilà à présent en lieu sûr. Une demi heure s’est écoulée, il est tard, il n’y a pas beaucoup de lumière et évidemment les garages sont fermés. Le numéro d’urgence de mon assurance est introuvable (comme toujours quand j’en ai besoin). Et puis ma sœur me montre son portable. Elle vient de découvrir que sur l’application Waze, en cas de pépin, on peut faire appel aux automobilistes connectés autour de nous. Evidemment, on appuie sur le bouton.

Une voiture s’arrête

Une minute. Une minute à peine après avoir cliqué, une voiture s’arrête. Deux juifs orthodoxes viennent vers nous. Imaginez la scène. Deux filles en shorts (très courts) et manches courtes (très courtes) face à deux « dossim », en redingotes noires et chemises blanches. Ils parlent entre eux en yiddish, nous lancent un sourire furtif et se mettent au travail.

Et quel travail ! Notre jante est gondolée et la roue complétement déchirée. Pendant plus d’une demi-heure, nos deux anges-gardien sont à l’oeuvre, en sueur de la tête aux pieds jusqu’à ce qu’ils parviennent à décrocher la roue. C’est la première fois dans ma vie d’israélienne, que j’aprochais des orthodoxes de si près. J’avoue que je ne les portais pas très haut en estime et que je n’en ai pas toujours dit du bien.

Deux juifs orthodoxes et nous…presque en maillot

Et voici que ces deux « pingouins » comme je les appelais avant, transpiraient pour nous qui attendions (presque en maillots) dans notre coin. Ils nous lançaient parfois un regard et nous rassuraient : « on ne bougera pas d’ici tant que votre roue ne sera pas remplacée », nous lance en hébreu l’un d’eux.

Je me tenais là avec des larmes de joie et de reconnaissance dans les yeux. J’assistais « en live » à la grandeur de la nation d’Israël. Nous sommes une nation composée d’éléments tellement différents. Nous avons tant de raison de ne jamais nous croiser, nous parler. Et pourtant, nous sommes tous garants les uns des autres. Ce soir-là, je me suis engagée à ne plus jamais perdre de vue l’essentiel. Et l’essentiel est ce qui nous rassemble. Vive les pingouins !

Merci au Créateur qui nous a envoyé ces anges et renforcé ma foi.

Dalia (Texte mis en forme par David Sebban)

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David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

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