Ecologie : une société israélienne révolutionne le plastique

Finis les jetables indestructibles destructeurs de la planète ! Que voilà une bonne nouvelle et des plus sérieuses ! Car celui qui se flatte d’annoncer « cette nouvelle tendance 2018, le biocompostable made in Israël » n’est rien moins que le très officiel site du gouvernement français, « France Diplomatie »*

Et de décrire dans les moindres détails les mérites de cette petite dernière mieux que n’aurait jamais osé le faire n’importe quelle « boite de publicité israélienne » !

« Fondée en 2010 par Daphna Nissenbaum et Tal Neuman, TIPA, (sic), est une compagnie qui propose de nouvelles solutions à un problème connu et pourtant persistant : il y a actuellement peu d’alternatives aux plastiques conventionnels pour l’emballage alimentaire. Or, ces emballages s’accumulent et finissent par se rassembler en mer pour former ce que l’on appelle déjà un « nouveau continent de plastique ».

TIPA propose une gamme de bioplastiques révolutionnaires, tous compostables à 100%, et compatibles avec les exigences qualité de l’industrie alimentaire. Et ça marche, puisque des clients venus de tous les continents viennent frapper à la porte de TIPA. »

Success-story à l’israélienne

Et de continuer sur le même ton décidément dithyrambique : « Cette success-story à l’israélienne prend racine dans une approche bien particulière de la compagnie : son secret réside dans le choix de la matière première, mais aussi dans le procédé de fabrication.

En effet, la compagnie utilise une large gamme de bioplastiques, chacun ayant ses propres propriétés (élasticité, transparence, résistance, étanchéité, etc.). Certains sont issus de l’industrie pétrolière, d’autres sont biosourcés, c’est à dire, issus d’un organisme vivant, mais tous sont biocompostables, c’est à dire qu’ils sont dégradés en résidus non-toxiques dans un compost via des processus naturels (chimiques ou biologiques) et dans des délais raisonnables (180 jours dans le cas de TIPA).

Si de tels emballages sont faits pour être compostés, rassurez-vous, votre bouteille de jus de fruit ne va pas moisir au bout d’une semaine dans votre frigo. En effet, si certaines conditions sont requises pour procéder à la dégradation de tels matériaux, votre frigo ou votre étagère ne les regroupe pas.

Kezako ?

Quelle est la composition de ces plastiques biocompostables ? Tout d’abord, ce sont des polymères, c’est-à-dire un assemblage de nombreuses molécules (appelées monomères) identiques (homopolymères) ou non (hétéro-polymères ou copolymères lorsque deux molécules différentes sont utilisées). Leur nom commence par la lettre P pour « Poly – », par exemple le PLA (PolyLacticAcid, ce même acide lactique responsable de vos crampes, qui peut être bio-sourcé), les PHA (Poly-Hydroxy-Alkanoates, produits par des bactéries, donc biosourcé), le PCL (PolyCaproLactone), le PBA (PolyButyrate), le PBS (PolyButyleneSuccinate, qui peut être biosourcé) ou encore le PVA (PolyVinyl Alcohol).

La plupart de ces matériaux sont produits de l’échelle de la tonne au million de tonnes dans le monde. Mais alors pourquoi utilise-t-on toujours des plastiques non biocompostables ? Car les propriétés de ces matériaux ne sont pas toujours compatibles avec le cahier des charges de l’industrie alimentaire, qui a par exemple besoin de matériaux solides, flexibles, transparents, légers, hermétiques à l’air et/ou à l’eau, etc. Rajoutez « biocompostables » à l’équation et aucun de ces matériaux ne convient. Cela pourrait changer avec le savoir-faire de TIPA, dont les produits biocompostables peuvent répondre à un cahier des charges spécifiques. »

Et ce n’est pas tout, ce n’est pas tout !

En effet, le site officiel sus nommé d’ajouter : « Après avoir levé des dizaines de millions de dollars à ses débuts, TIPA continue son développement fulgurant et s’est fait récemment remarquée pour sa proximité avec le monde de la mode… Car il se trouve en fait que TIPA, portée par ses deux co-fondatrices, a attisé l’intérêt de certains grands noms de la mode, qui cherchent à rendre plus durables et écologiques le monde du luxe. Citons par exemple Stella McCartney, qui utilise dorénavant les emballages TIPA pour ses robes et accessoires de modes à travers le monde, mais aussi comme enveloppes pour les invitations de son défilé printemps-été 2018. Citons également Gabriella Hearst, de la Hearst Corporation (qui détient notamment le magazine Elle), qui a investi avec son mari Austin Hearst 11 millions de dollars dans TIPA en octobre dernier.

Et de conclure :« Faire rimer biocompostable avec mode, allier écologie et haute-couture, rendre l’écologie élégante, autant de défis relevés par TIPA, à qui l’on souhaite prospérité et longévité (ou non, dans le cas de leurs emballages). »

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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