Des politiques libanais dénoncent les attaques du Président Aoun contre Israël

Les menaces proférées ce week-end par M. Aoun contre Israël, dans un discours au diapason avec les terroristes du Hezbollah, n’emportent pas l’adhésion de plusieurs hommes politiques au Liban, qui ne goûtent guère de se retrouver au centre du conflit entre l’Iran et Israël.

Interrogé par L’Orient-Le Jour, le député de Tripoli Moustapha Allouche a estimé qu’« il est possible qu’Israël, encouragé par les États-Unis, opte pour le choix militaire, et c’est la pire chose qui pourrait nous arriver. Les dégâts seront énormes et, vu la crise actuelle et les conflits dans la région, je ne pense pas que quiconque pourra nous aider à reconstruire le pays. Ce sera un vrai désastre ». « Ce qui est sûr, c’est que durant les deux ou trois dernières années, Israël a travaillé à couper les lignes d’approvisionnement du Hezbollah, notamment en Syrie. Si l’État hébreu se décide à intervenir militairement, sa frappe sera stratégique », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Santé, Ghassan Hasbani, a pour sa part appelé à calmer le jeu. « Il n’y a pas de stratégie pour détruire le Liban et personne ne veut précipiter le pays dans des conflits sanglants. Les conflits en Orient pourraient ne pas s’arrêter et le Liban ne peut changer le cours des choses dans la région ou dans le monde. Voilà pourquoi nous devons nous éloigner de ce qui nous affaiblit ou nous divise », a-t-il dit.

« Les propos de Nasrallah sur l’Arabie saoudite ont ébranlé la confiance que le président Aoun a tissée avec l’Arabie. Ces paroles nous ont fait faire un pas en arrière », a déploré le député Imad el-Hout, cité par l’agence al-Markaziya. Même son de cloche chez le député Hadi Hobeiche, qui s’est demandé samedi si les derniers propos de Nasrallah pourront servir le président de la République.

Le mufti du Mont-Liban, Mohammad Ali Jouzou, a pour sa part affirmé dimanche n’avoir jamais entendu Hassan Nasrallah « dire du bien de l’Arabie saoudite, malgré le fait que c’est elle, ainsi que le Qatar, qui se sont tenus auprès du Liban après la guerre israélienne de juillet 2006 ».

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