Des négociations avec le Hamas : pour quoi faire ?

« Si ce n’est pour gagner du temps, je ne vois pas l’intérêt, pour Israël, aussi bien que pour le Hamas, d’ouvrir des négociations, » commente Hanan Krystal professeur de Sciences politiques à l’université de Tel-Aviv. « Les deux parties, avant de se rencontrer, ont déjà annoncé leurs positions. Surenchères ou avertissements ? »

« Des armes contre l’ennemi sioniste… »

Le responsable politique du Hamas, Khaled Mashaal, a affirmé « que les armes que le Mouvement détient ne seront utilisées que contre Israël. Le sujet des armes de la résistance n’est pas ouvert à la négociation, elles sont destinées à lutter contre l’ennemi sioniste. » Par contre il a déclaré lors de cette même conférence de presse à Doha, au Qatar, que « le Hamas s’engageait à respecter l’accord qu’il avait signé avec le Fatah et qu’il était prêt à ouvrir de franches négociations avec son partenaire, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. »

Pour sa part, Sami Abou-Zourhi, le porte-parole du Hamas, a déclaré que le désarmement de son mouvement était contre le Droit international. « Cela voudrait-il dire que des groupes terroristes, répertoriés comme tels par l’Europe et les Etats-Unis, ont la légitimité internationale d’avoir des armes et de s’en servir contre un pays qui ne les agresse pas, demande Krystal ?

« Le Hamas n’a aucune chance d’avoir un port. »

En réponse, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon a répliqué : « Le Hamas a accepté un cessez-le-feu sans aucunes conditions préalables, acceptant sans restriction les termes israéliens de l’arrêt des hostilités. Puis, au fil du temps ont apparu des nouvelles demandes déterminant leur présence au Caire, et la suite des discussions : la libération de prisonniers, la construction d’un port et d’un aéroport. Mais je le dis très clairement, il n’y a aucune possibilité pour que le Hamas construise un port ou un aéroport, c’est définitivement contre les intérêts d’Israël. A moins qu’il n’accepte d’être complètement démilitarisé. »

Ce sont les conditions de la rencontre entre Israël et le Hamas, une rencontre qui doit avoir lieu au Caire la veille de Roch Hachana. « Si Israël a accepté cette rencontre une veille de Fête, c’est d’abord pour honorer sa parole vis-à-vis de l’Egypte, et c’est finalement pour tenter de mettre sur la touche le mouvement terroriste, au moins durant la période la plus importante du peuple juif, » conclut Hanan Krystal.

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