Des clôtures ? Condamnable en Israël, acceptable en Europe

Israël fut en son temps le seul pays au monde jugé coupable pour avoir construit une barrière de sécurité. L’image est aujourd’hui inversée. Israël, montré du doigt par le monde entier et l’Europe en particulier, mis en demeure de supprimer ses barrières depuis des lustres, regarde effaré l’Europe elle-même, pays par pays s’entourer « d‘enceintes fortifiées » sans éprouver le moindre besoin de s’en justifier  si ce n’est par des déclarations du genre de celle du Premier ministre slovène : «Si nous ne prenons pas des actions immédiates et concrètes […], je pense que l’Union européenne tout entière va commencer à s’effondrer.»

Pour Israël, ce n’était vraiment pas mûr. Mais entretemps, l’idée a dû faire son chemin sans doute. Et c’est ainsi que  peu à peu que…« Face à l’arrivée de centaines de milliers de migrants et de réfugiés, plusieurs pays européens ont dressé des barrières et des clôtures pour fermer l’accès de leur territoire.

On savait l’Europe déjà parsemée de clôtures. Dernière en date, l’Autriche vient d’annoncer la construction d’une barrière le long de sa frontière avec la Slovénie, pour stopper l’afflux de migrants. Avant Vienne, plusieurs autres capitales européennes ont décidé de remettre en place de nouveaux rideaux de fer, 30 ans après la chute des murs qui séparaient l’Est et l’Ouest de l’Europe.

L’Espagne a quant à elle érigé une clôture de 6 mètres de haut, truffée de capteurs et de caméras dans ses enclaves en terre africaine de Ceuta et Melilla. Une première séparation de 3 mètres de haut avait été construite en 2003, rehaussée en 2005, après la mort d’une quinzaine de personnes lors d’une tentative pour la franchir.

La Grèce a érigé une barrière dès 2012, en Thrace, pour empêcher les migrants d’entrer depuis la Turquie. D’une longueur de 12,5 km, la portion de frontière terrestre entre les deux pays. Il s’agissait alors de faire cesser le flux de migrants en provenance principalement d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh. Si cette frontière a bien mis fin au passage des candidats à l’asile, ceux-ci ont alors pris la voie maritime pour gagner l’Europe, un temps au départ de la Sicile en direction de l’Italie, puis à nouveau vers la Grèce, via les îles de la mer Egée.»

Partout des clôtures

A son tour, la Bulgarie a installé une barrière de 3 mètres de haut, en 2013, d’abord sur une centaine de kilomètres. La Macédoine, devenue à son tour une voie d’accès vers le nord de l’Europe, envisage à son tour la construction d’une clôture.

L’un des principaux pays de transit des migrants et réfugiés, la Hongrie a, érigé des murs de barbelés sur deux sections de 38 et 78 km. Le reste de la frontière avec la Croatie, longue de quelque 350 km, est matérialisée par la Drave, une rivière dont de larges parties sont jugées infranchissables.

Budapest s’est félicité, d’avoir mis fin à l’arrivée de migrants sur son territoire. Mais c’est la Croatie qui s’est alors à son tour retrouvée confrontée à la gestion de cette crise. Zagreb a redirigé les migrants arrivant sur son territoire vers la Slovénie. Depuis que la Hongrie a initié le mouvement de fermeture des frontières, l’itinéraire s’est déplacé vers ce petit pays.

Des barbelés en France… pour le compte du Royaume-Uni

La France aussi a un moment fermé sa frontière avec l’Italie à Vintimille sans pour autant y construire un mur. Des murs grillagés entourent en revanche sur 3 km la rocade qui mène au port de Calais. « Il s’agit d’une double clôture, l’une de 4 mètres de haut, l’autre de 2-3 mètres, surmontée d’une rampe d’accès incurvée qui permet d’éviter de s’agripper, un fil barbelé concertina. Entre les deux, un espace de détection infrarouge », décrit La voix du Nord.

Un peu plus loin, les voix d’accès au tunnel sous la Manche sont, elles aussi, parées de barbelés. Après les intrusions de migrants au cours de l’été, 29 km de clôtures haute sécurité d’une hauteur, là aussi, de 4 mètres viendront s’ajouter aux 10 km existants qui seront renforcés.

L’Europe en est là aujourd’hui…Encastrée derrière des murs dits « de la honte », ou « de protection » selon qu’ils se situent en Israël ou dans les pays européens.

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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