Comment Israël se prépare à un conflit généralisé

Tsahal se prépare à des émeutes dans les villes mixtes et à une pluie de missiles. Tsahal transforme une opération en un énorme exercice militaire appelé « Charriots de feu ». Par RICHARD DARMON  pour Israël Magazine.

L’armée Israélienne prévoit des scenarios combinant des violences, des émeutes de rue des Arabes israéliens des « cités mixtes », des tirs de roquettes depuis Gaza, voire du Sud-Liban – plus importantes que celles de l’an dernier qui avaient éclaté au moment de la Journée de Jérusalem. Elles pourraient déboucher cette fois sur un conflit généralisé au sud contre le Hamas et au nord contre le Hezbollah pro-iranien…

Prenant comme prétexte ce qu’ils appellent le processus de« judaïsation de Jérusalem », le Hamas et le Djihad islamique de Gaza ainsi que d’autres groupes terroristes palestiniens n’ont cessé récemment de menacer Israël. Notamment à la veille du Yom Yéroushalaïm du 29 mai dernier. Et cela dans le cas où des Juifs montés sur le mont du Temple voudraient s’approcher ou pénétrer dans la mosquée Al-Aqsa. « Cela déclenchera inévitablement un conflit, une énorme explosion régionale. Il s’agirait d’une ‘insulte délibérée’ à l’encontre de tous les Musulmans et des droits des Palestiniens ! », ajoutait Djihad Nahalka, le ‘’leader’’ du Djhad islamique de Gaza basé à Damas.

Barrer la route aux juifs

« Les leaders israéliens qui autoriseraient les Juifs à envahir Al-Aqsa ou à tenir à proximité une manifestation de drapeaux dépasseraient toutes les lignes rouges et en paieraient un prix très élevé », a pour sa part menacé Barhoum, le porte-parole officiel du Hamas de Gaza en réitérant le lien établi par son organisation entre les développements sur le terrain à Jérusalem autour de la mosquée Al-Aqsa et la situation sécuritaire générale dans la région. Et d’ajouter en appelant des dizaines de milliers de fidèles à se tenir prêts à agir à Jérusalem « à barrer la route aux Juifs et attaquer leurs forces de sécurité : Israël devrait comprendre les messages de la Résistance palestinienne et rompre avec la mentalité terroriste et extrémiste à laquelle il est habitué (sic NDLR). Faute de quoi cela enflammerait la situation et mènerait directement à une explosion ! ». 

Appelant la communauté internationale à la rescousse et révélant que le Hamas avait prévenu Egyptiens et Qataris qu’il considérait qu’Israël poussait la situation à « une escalade et à une nouvelle confrontation », il devait encore préciser : « Le Hamas et les groupes de la Résistance ne renieront pas leur devoir de protéger notre peuple et ses Lieux saints à Jérusalem. Nous sommes prêts à faire face à tous les scénarios… ».  

L’Autorité palestinienne (AP) menace aussi Israël d’un conflit

Des menaces reprises en chœur par des responsables du Hamas comme Mohammed Amadeh – qui a aussi appelé les Palestiniens « à arriver en masse à Jérusalem sur l’Esplanade des Mosquées pour annihiler les plans de l’occupation et des colons, ainsi que pour se confronter à ses forces de l’ordre. Et ce, au nom de notre engagement inchangeable et éternel dans la ‘Bataille du Serment de Jérusalem’ nous ordonnant de décupler notre riposte face à l’ennemi sioniste » – et encore par l’AP que préside Mahmoud Abbas.

Ainsi l’un de ses conseillers, Mahmoud Al-Habbach, a-t-il lui aussi dénoncé avec virulence « le projet de Judaïsation de Jérusalem et de Hébron au Caveau des Patriarches : Israël accentue son agression contre Jérusalem et Hébron, a-t-il dit, cherchant à imposer une séparation géographique et temporelle sur le site de Haram al-Sharif [le mont du Temple] comme il l’a déjà fait à Hébron à la mosquée Ibrahim [Abraham]. Voilà pourquoi, avec le ferme soutien des Arabes et des Musulmans, les Palestiniens s’opposeront à ces projets criminels de l’Occupation contre nos Lieux saints en défendant sans concession leur terre et leur patrie ! ».

Tsahal menait en Judée-Samarie et autour de localités arabo-palestiniennes comme Djénine sa riposte antiterroriste intitulée « Rompre la Vague » (perquisitions, arrestations et saisies d’armes) suite à la série d’attentats arabo-palestiniens meurtriers ayant fait dans le pays 19 victimes, lorsque, alerté par l’échelon politique et l’appareil sécuritaire du pays sur les surenchères actuelles du Hamas et du Djihad islamique concernant Jérusalem, a pris les devants en élargissant considérablement l’envergure de cette opération et en la transformant en un énorme exercice militaire censé durer un mois entier et appelé « Charriots de feu ».

« Charriots de feu » : un exercice sans précédent

L’armée a donné une ampleur sans précédent à cet « exercice » démarré mi-mai, menant des mini contre-attaques visant à enrayer les infiltrations terroristes le long de la frontière-nord jouxtant le Liban et la Syrie, comme au sud tout autour de la Bande de Gaza ! Elle s’attend, en cas de conflagration simultanée sur plusieurs fronts avec les terroristes de Gaza, et probablement avec le Hezbollah sud-libanais, à un niveau de violence deux fois supérieur à celui des émeutes dévastatrices de mai 2021 des villes mixtes d’Israël (Lod, Acco, Yaffo et Ramlé). Elles avaient éclaté le jour du Yom Yiéroshaïm avec des roquettes tirées par le Hamas sur Jérusalem et de véritables pogromes anti-juifs dans ces cités,

Tirant les leçons de ses carences lors de l’Opération « Gardien des frontières » de l’an dernier et prévoyant des scénarios dramatiques combinant d’importantes violences urbaines dans les cités mixtes et bédouines avec une « pluie de missiles » qui s’abattraient dans tout le pays sur le « front de l’arrière », Tsahal préfère mobiliser aux abords de plus d’une quarantaine de villes et cités israéliennes et arabo-israéliennes des milliers de soldats.

A la fois pour les exercer d’abord à prévenir puis à réprimer (éventuellement aux côtés de la police et des garde-frontières) de larges émeutes arabes dans les villes elles-mêmes et sur les grands axes routiers… Et aussi pour tester et mieux organiser son aide et l’éventuelle évacuation, en coordination avec les pouvoirs locaux de 61 districts et régions, des populations civiles qui seraient touchées par ces salves massives de roquettes tombées dans des villes-cibles comme Haïfa et Tibériade au nord, Beersheba, Ashdod et Ashkelon au sud, voire même au centre Netanya, Tel-Aviv et son quartier de la Kirya où siège l’état-major de la Défense israélienne, ainsi que la région de Jérusalem…

Exagération ou anticipation ?

Comme c’est la cas chaque fois qu’Israël se prépare à prévenir une série de violentes attaques, cela semble dramatique voire « exagéré », selon des diplomates occidentaux et arabo-musulmans croisés dans les couloirs de l’ONU et de l‘Union européenne !

Mais les faits et les mots anticipant toujours les actes de ceux qui veulent détruire Israël sont bel et bien là : le Hezbollah sud-libanais, bras-droit direct du régime fanatique et despotique de Téhéran, ne dispose-t-il pas aujourd’hui d’entre 130 000 et 150 000 missiles tous pointés sur le territoire hébreu en plus des tout nouveaux drones-suicides à grande vitesse et très précis fournis par l’Iran ? Et n’est-ce pas aussi le sinistre leader actuel du Hamas à Gaza, Sinouar, qui vient à nouveau d’avertir qu’à l’ouverture du prochain conflit avec Israël, il ferait tirer le premier jour 1 111 roquettes sur l’Etat juif… pour atteindre ensuite la « moyenne » de 2 000 tirs par jour ?!

SOURCE: ISRAEL MAGAZINE

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Andre Darmon

Andre Darmon, romancier, est le rédacteur en chef d'Israël Magazine. Israël Magazine 25 ans déjà de présence dans le paysage médiatique franco-israélien. Andre une voix journalistique à part, originale, sioniste, juive mais aussi professionnelle.

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