Ce coach israélien galvanise un enfant harcelé à l’école

Je ne vous dirai pas son nom, il ne le souhaite pas. Je ne vous communiquerai pas non plus ses coordonnées, il ne cherche pas de publicité. Il n’a même pas accepté que je vous envoie une photo de lui…de dos. Il est coach sportif et il a toute mon admiration pour ce qu’il a fait.

Avant d’évoquer ce coach, l’histoire que je vais vous raconter est presque banale. Elle commence tristement par cet enfant qui joue dans son coin dans la cour de l’école. Idan a 11 ans. Il a quelques kilos en trop, il est timide et complexé. Un pré-ado sans d’amis et souvent la cible de moqueries. On sait tous à quel point les enfants peuvent être cruels. Je suis sa prof de sport à l’école. Malgré tous mes efforts, je ne suis jamais parvenue l’année passée à l’intégrer à un groupe, à le faire participer avec succès aux activités de la classe.

L’épidémie de Corona aidant (façon de parler), Idan s’est calfeutré chez lui et ce ne sont pas les quelques séances zoom de remise en forme qui ont changé quoi que ce soit dans sa vie solitaire. Et puis j’ai eu une idée. J’ai fait appel à un intervenant extérieur qui avait eu beaucoup de succès auprès de mes élèves. Un coach sportif qui a passionné les gamins avant l’interruption des cours en avril dernier.

Je lui ai expliqué le problème d’Idan et il a de suite compris. « Nous sommes presque voisin avec Idan » m’a-t-il répondu. « On a du temps à revendre avec ce Covid-19, je vais proposer à ses parents de mettre ces semaines à contribution et de faire de Idan mon seul et unique objectif ». J’étais évidemment très heureuse pour Idan mais je l’avoue, un peu sceptique quant aux résultats.

Un nouvel élève à la rentrée ?

La semaine dernière, cela ne vous a pas échappé, c’était la rentrée des classes en Israël. Après 5 mois de séparation, nous avons retrouvés nos marques. Les élèves sont arrivés par petits groupes… les fameuses capsules. Les activités sportives sont également adaptées à la situation. J’ai aperçu Idan d’abord dans la cour. Je pensais qu’il s’agissait d’un nouvel élève. Oui, je ne l’ai pas reconnu.

Joyeux, entouré. Non seulement il avait minci, mais il était plutôt musclé. Il avait pris au moins 10 centimètres et paraissait bien dans sa peau. Lorsqu’il m’a aperçu, il a foncé vers moi. Nous ne pouvions pas trop nous approcher l’un de l’autre, mais derrière nos masques je suppose qu’Idan a aperçu mes larmes couler. Lui aussi avait les yeux qui brillent.

J’écris ce message pour qu’à travers Coolamnews, tous les parents de « tête de turc » reprennent espoir. Votre enfant a de la ressource, il suffit de lui montrer un autre chemin qui lui fera reprendre confiance. En 5 mois, Idan a retrouvé sa vraie nature. Un adulte bienveillant, un coach sportif, un prof attentif feront toute la différence.

Ah, j’ai appris hier que le coach au grand cœur avait travaillé au quotidien avec Idan. 5 mois durant, dans sa salle privée… juste pour lui. Il n’a rien réclamé aux parents. Chapeau bas l’artiste !

Sonia. Ashdod. Texte mis en forme par Nathalie Sivan

Nathalie Sivan

Nathalie Sivan

Chroniqueuse invétérée de Coolamnews, Nathalie est une passionnée de la société israélienne, de ses particularismes, ses richesses humaines mais aussi de ses incohérences.

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