Ceux qui meurent seuls en Israël. Par Sivan Rahav Méir

C’est un phénomène inquiétant: depuis l’apparition du Corona il y a eu une forte augmentation du nombre de personnes décédées seules chez elles, sans que personne ne le sache.

Mourir en catimini, seuls. Depuis le début de l’année, plus de 70 décès de ce type ont été constatés en Israël. Les volontaires de Zaka arrivent quelques jours plus tard, généralement à la suite d’un appel des voisins, et prennent soin du défunt. Ils racontent qu’ils ont le sentiment de pénétrer dans un royaume de solitude. Sans voisin qui frappe de temps en temps pour demander comment ça va, sans appel téléphonique la veille de Chabbat de quelqu’un s’intéressant de leur état et leur souhaitant Chabbat Chalom, sans personne qui ne sache que quelqu’un vit ici, et sans personne qui ne sache qu’il n’est plus.

Chabbat dernier nous avons lu dans la paracha de choftim une scène dans laquelle un corps aurait
été retrouvé et dont on ne sait qui aurait causé sa mort. Les anciens de la ville la plus proche doivent alors se rendre au fleuve, y apporter un sacrifice, se laver les mains, et déclarer: « Nos mains n’ont pas versé ce sang et nos yeux n’ont pas vu » (Deut. 21, 7).

Garder un œil ouvert

Que signifie cette cérémonie? Après tout, personne ne pense sérieusement que les anciens de la ville ont assassiné cet homme. Néanmoins, il y a une crainte que leur ville ne se soit pas assez préoccupé de lui, et cela c’est bien leur responsabilité: avons-nous construit une ville où nous n’avons pas remarqué sa solitude et l’avons abandonné? Sommes-nous indirectement responsables de cette tragédie?

Cette cérémonie, connue sous le nom de la « génisse décapitée », n’est pas de vigueur aujourd’hui, mais le message est toujours actuel: il ne doit pas y avoir de gens transparents, qui vivent seuls et meurent seuls. Nous devons garder un œil ouvert tout le temps, et particulièrement en cette période. La distance sociale qui nous est imposée par le Corona ne doit pas devenir un abandon social. Tout comme il y a des personnes dans le besoin qui ont besoin de nourriture, il y a des personnes dans le besoin qui ont besoin d’attention.

Sivan Rahav Meir est une journaliste de renom au sein de la 12e chaîne de télévision israélienne. Chaque jour, elle offre un petit enseignement de Torah. Il est diffusé un peu partout dans le monde dans une dizaine de langues.

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