« Cette fois, je veux remercier cet homme publiquement »

L’histoire que je veux vous raconter commence il y a 25 ans de cela et se termine il y a quelques jours.  J’étais alors une petite fille. Mon frère était sur le point de se marier et mon père s’est rendu à la banque pour retirer une forte somme d’argent.

La famille était en effervescence à l’approche du mariage. Mais nous voyons mon père entrer à la maison la mine décomposée. Nous n’étions pas riches et il venait de perdre sur la route, la somme qu’il devait régler pour la cérémonie.

Je n’oublierai jamais ce moment. Ni nos tergiversations où nous essayions de convaincre mon père de signaler cette perte à la police. Il n’y croyait pas vraiment, mais peut-être qu’une belle âme retrouverai l’enveloppe.  Il se décida finalement à faire la démarche.

Quelle ne fut pas notre surprise lorsque la même semaine, deux policiers frappèrent à notre porte. Un homme prétendait avoir trouvé une forte somme d’argent et acceptait de la restituer à son propriétaire à condition que ce dernier puisse apporter des preuves de sa mésaventure.

Le même jour, un jeune homme se présenta à notre domicile, accompagné des deux mêmes agents. C’était un Habad, très jeune. Il remit l’argent à mon père et n’accepta même pas un dédommagement symbolique pour son geste, le dérangement etc.

Le remercier publiquement

Les années ont passé et nos chemins ont fini par se recroiser.  Nous œuvrions tous les deux au département d’aide sociale à la population dans une ville du sud d’Israël. Il savait que j’étais la fille de… mais moi j’ignorais qu’il était le héros de mon enfance. Un jour, au cours d’une réunion de travail, je raconte mon histoire. L’argent perdu pour le mariage de mon frère, puis retrouvé grâce à l’honnêteté d’un homme.

C’est à ce moment qu’il saisit que je ne sais pas qu’il est le Habad en question. Loin de s’en vanter publiquement, il me le signale avec pudeur en aparté, à la fin des débats. Je n’en suis pas revenue. Comme le monde est petit. Mais cette fois, je veux lui dire publiquement combien ma famille lui est reconnaissante.  Je veux lui dire que les enfants, petits-enfants, cousins, neveux… tous connaissent son histoire et son geste dans notre tribu.

Monsieur Zalman Hecht, membre du conseil municipal de Kiryat Gat. Responsable de la commission sociale de la ville. Un homme qui passe son temps à faire le bien autour de lui. Un homme bon avec un cœur démesuré. Vous avez toute au long de votre vie contribué à rendre les gens heureux. J’en fus témoin au cours de mon enfance. Je le constate encore aujourd’hui en travaillant à vos côtés.

Tohar. (Mise en forme du texte par Nathalie Sivan)

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Nathalie Sivan

Nathalie Sivan

Chroniqueuse invétérée de Coolamnews, Nathalie est une passionnée de la société israélienne, de ses particularismes, ses richesses humaines mais aussi de ses incohérences.

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