Ce Roch Hachana entrera dans l’histoire juive

Ce Roch Hachana entrera dans l’histoire juive. Non seulement à cause du confinement général, mais aussi du fait de notre faculté d’adaptation. Nous avons presque tous dû nous adapter, changer, faire preuve de souplesse. Par Sivan Rahav Méir.


Les grandes familles se sont retenues et ont passé la fête séparées, pour ne pas mettre en danger ni prendre de risque. De nombreux grands-parents qui voulaient tremper la pomme dans le miel avec leurs petits-enfants ont été contraints de se languir.

Les fidèles se sont levés à cinq heures du matin pour commencer à prier avant qu’il ne fasse trop chaud. J’ai été impressionnée par le nombre de personnes (et même d’enfants) dans les rues de Jérusalem à ces heures difficiles. Des centaines de milliers de personnes ont passé de longues heures à prier dans les parcs, les terrains de jeux, les parkings et les balcons, entonnant les prières « Ountané Tokef » entre un carrousel et une balançoire, ou encore « A’hot Ketana » à côté des voitures garées.

Des dizaines de milliers de personnes ont commencé l’année en confinement, cloisonnées chez elles. J’ai entendu des histoires de personnes en confinement qui, pleurant d’émotion, n’ont pas réussi à prononcer les bénédictions alors que quelqu’un était venu leur sonner le chofar sous la fenêtre.

La police et le personnel médical ont travaillé particulièrement dur cette fois. On m’a parlé d’une infirmière préposée au Corona qui a réussi à prendre cinq minutes de pause pendant sa garde pour entendre la sonnerie du chofar, puis est immédiatement retournée se battre pour la vie des patients.

Une nouvelle cohabitation

Et les bedeaux, qui depuis des mois déjà sont sortis de leurs synagogues bien-aimées, s’occupent avec dévouement des chaises, des ventilateurs, des ombrages, de l’eau et rappellent poliment à l’ordre au sujet des masques et de la distanciation sociale. Se sont joints à eux de nombreux nouveaux bénévoles qui du jour au lendemain se sont improvisés chantres pour la première fois de leur vie, ont appris à sonner du chofar pour l’occasion ou encore se sont engagés à cuisiner des repas pour des voisins en confinement. Des gens qui, à cause du corona, sont soudainement passés de spectateurs – à acteurs.

Pour conclure, un mot sur les voisins qui ne sont pas des fidèles des synagogues. Il faut de la patience pour accepter des voisins orthodoxes qui ont installé une synagogue improvisée à l’entrée de l’immeuble. Nous sommes habitués à n’entendre que parler de tensions entre religieux et laïcs. Voici la preuve que le public israélien sait très bien s’entendre sur le terrain. Soudain, le chofar est sorti, de la synagogue à l’espace public, et nombreux sont ceux qui ont apprécié de s’arrêter en pleine course matinale ou promenade avec le chien pour entendre ses sons.

On dit que la nouvelle année est une bonne occasion de se renouveler, bouger, ne pas rester les mêmes. Il me semble que c’est exactement ce que nous avons fait ce Roch Hachana 5781.
Bonne année !

Sivan Rahav Meir est une journaliste de renom au sein de la 12e chaîne de télévision israélienne. Chaque jour, elle offre un petit enseignement de Torah. Il est diffusé un peu partout dans le monde dans une dizaine de langues.

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