Ce que fut cette année mon Yom Haatsmaout

Le Yom Haatsmaout que je vis depuis 14 ans en Israël est un mystère.

Lorsque je remonte à mes années d’adolescence, je me souviens d’un profond rejet de toute expression du nationalisme, de ce sentiment qu’ont certains à se sentir supérieur aux autres du fait de leur naissance. Je l’ai quitté en Tunisie juste avant de risque de se faire égorger. Je l’ai retrouvé à Paris avec les premiers nazillons et leurs banderoles.

En général, les drapeaux m’inquiètent car trop souvent maculés de sang. Et toute la littérature nous conte les dérives de l’amour de soi-même, de sa propre identité face à toutes les autres.

Les images qui me viennent sont toutes négatives. En commençant par ces spahis de la garde de Bourguiba, avec leur turban, et leur grande épée, qui me faisaient si peur. Puis, Le Pen, l’homme borgne, cracheur de venin, qui a éveillé en moi un sentiment sale, l’envie de le massacrer. Cet homme dont toute la vie est exactement le contraire de ce que j’ai enseigné à mes enfants.

Je suis un anticonformiste

Vous l’avez donc compris, je suis un anticonformiste, un amoureux de l’universel. Et ma chanson préférée, malgré mon respect profond de la Thora c’est « imagine » de John Lennon. Je vous laisse la découvrir en traduction, cela vous éclairera.

Il y a même plus extrémiste dans mes choix: tout ce qui est matérialisation de sentiment religieux ou nationaux me dérangent beaucoup: je ne fréquente pas souvent le Kotel, et lorsque j’y suis je ne passe pas mon temps à l’embrasser.

Sentiment que HBH attend autre chose de moi : plutôt faire progresser la société, aider, modifier des comportements sectaires, etc…

Toute cette longue et fatigante introduction pour vous expliquer l’étrangeté de mes soirées au Kotel pour fêter notre indépendance, drapeaux au vent. Oui, je conserve cette réserve à l’égard des drapeaux mais ceci est du domaine de la théorie, de l’intellect. Voir mes frères danser devant le symbole de notre reconquête, ce fameux « mur », parle à mes tripes. Pour une fois j’ai le droit de dire : je n’affirme pas ma volonté d’être supérieur mais ma gratitude d’être encore en vie, de pouvoir un peu me reposer.

Merci de nous avoir laissé un minuscule bout de terre

Mon drapeau dont 90% est blanc est le signe de sérénité, d’une volonté de faire enfin une pause. Pour une fois, brandir ce carré est un amour d’une patrie où il n’y a pas de Roi, où seul Dieu guide nos pas à travers des règles de vie humaines.

C’est pourquoi, cette fête m’émeut chaque année un peu plus. En 2004, première expérience, les français étaient 150 ou 200. Et chaque année nous sommes plus. Hier surement 3000 ou 3500 .Et les femmes presque aussi nombreuses que les barbus. Nos chants vont vers l’Eternel, pas vers les morceaux de tissus bleus et blancs. Notre patriotisme se résume à une longue louange : merci de nous avoir laissé un minuscule bout de terre où nous pouvons expérimenter ce qu’est l’amour de l’autre, ahavat Israël.

José Boublil

José Boublil

Chef d’entreprise dans les nouvelles technologies, ancien associé du cabinet Deloitte, sioniste convaincu.

2 pensées sur “Ce que fut cette année mon Yom Haatsmaout

  • 20 avril 2018 à 11:16
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    Les drapeaux trop souvent maculés de sang !!!

    Pas « immaculés » !

    « Immaculé » veut précisément dire qui n’a aucune tache !!!!

    S’il vous plaît, relisez-vous quand vous écrivez un article !

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