Café Daat: Un air de quartier latin à Jérusalem

C’est la nouvelle curiosité du Kikar Hamusica: le Café Daat. Imaginé et conçu par Rony Akrich, il a séduit Laurent Lévy, le créateur de la place. Désormais, tous les lundis, il est possible d’aller écouter et débattre de tous les sujets qui font ”l’hébreu d’aujourd’hui”, selon Rony Akrich.

 

D’où vous est venue l’idée de ce café?

Rony Akrich: C’est une idée vieille de 40 ans… Je me souviens à la fin de mon lycée, au début de mes études, on trouvait au Quartier Latin, à Vincennes, dans certains sous-sols des cafés, des negro-spirituals avec leur saxophone sans que l’on sache d’où ils sortaient. Dans cette ambiance enfumée, on attendait des profs connus ou pas qui parlaient des sujets qui concernaient l’époque. La joute politique était de rigueur.

Depuis tant d’années que j’enseigne en Israël maintenant, j’avais envie de proposer cette formule à des jeunes et des moins jeunes que je sens assoiffés de savoir. Ce concept vient en rupture avec l’air du temps, qui fait des jeunes des consommateurs. Je veux créer des échanges, faire réfléchir, faire débattre.

 

Que recouvre ce concept de Café Daat?

R.A.: Il s’agit de rencontres hebdomadaires en hébreu dans un des restaurants du Kikar Hamusica. Pendant la première demi-heure, les participants se rencontrent et se découvrent autour d’un buffet. Puis le ou les intervenant(s) de la soirée s’exprime(nt). Enfin la soirée est clôturée par un débat. Je veux une émulsion de la dialectique.

 

Quels sont les thèmes abordés?

R.A.: Les arts, la politique, les sciences, autant de domaines qui nous constituent en tant qu’Hébreu revenu sur notre terre. L’Hébreu s’intéresse à l’évolution des technologies, des mathématiques, des biotechnologies. La preuve: le nombre d’innovations nées en Israël! Nous parlerons de tout, sans censure.

 

Quel bilan tirez-vous de la première ?

R.A.: Cette première était autour du Rav Oury Cherki et du poète Yonathan Berg. Elle était l’illustration de ce que je souhaite donner comme image au Café Daat: un lieu que l’on ne peut entrer dans aucune case. La ligne commune est celle d’apporter une connaissance à la création hébraïque, construire cette parole des Hébreux qui se redécouvre en Israël dans toutes ses contingences.

Ce qui m’a beaucoup frappé, c’est l’engouement de la presse israélienne pour le Café Daat. Les médias nous ont consacré ou vont nous consacrer des articles, des reportages. Je me dis que si ça les intéresse, c’est que nous avons créé une réponse à un vrai besoin.

 

Pourquoi à Jérusalem?

R.A.: C’est très symbolique! La Parole sort de Sion. C’est une idée totalement originale. Bien entendu, notre envie est d’aller aussi dans d’autres villes du pays par la suite.

 

A quel public sont destinées ces rencontres?

R.A.: A tous, jeunes, vieux, séfarades, ashkénazes, etc. etc. Les seuls prérequis sont de maîtriser l’hébreu et d’avoir une volonté, une curiosité intellectuelle. ”Je ne comprends pas tout, mais je voudrais savoir”, un peu comme un enfant qui s’intéresse à tout ce qui l’entoure et s’interroge.

SOURCE: Interview réalisée par Guitel Benishay pour LPH

 

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