Boris Cyrulnik : La France, le terrorisme, la catastrophe…et l’espoir (Par Bely)

Tout va très bien madame la marquise, Boris Cyrulnik, ce neuropsychiatre universellement reconnu, propose quant à lui, une formulation quelque peu différente mais dont le sens est vraiment très voisin : « Je suis optimiste car on court à la catastrophe ». Dans son livre paru récemment sous le titre : « Ivres paradis, bonheurs héroïques », il reprend l’idée de l’importance des héros dans l’imaginaire primordial d’un enfant, base essentielle à la construction de sa personnalité.

Ainsi parmi les surhommes qui sévissaient après la seconde guerre mondiale, l’histoire poético-pathétique de Rémi, ses trois chiens et son singe, issus du roman « Sans famille », non seulement symbolisait mais racontait exactement ce qu’avait été le début du parcours de ce grand professeur. Des personnages lui avaient montré que l’on peut survivre à la mort de ses parents, réponse à une situation identique que vivait le si jeune Boris dont les père et mère avaient été décimés dans la tourmente nazi et ses abominables camps de la mort.

Mais si, très localisé dans l’espace-temps, le héros de notre enfance est une armure pour l’homme en devenir, il n’en est plus de même pour un adulte. « Ce qui est une force dans un cas devient une faiblesse dans l’autre, nous explique Boris Cyrulnik ! »

« La nature a horreur du vide, le groupe social ne peut aller à vau-l’eau trop longtemps. Si le risque d’une désintégration apparait soudain plus probable que d’ordinaire, la majorité, démocratiquement, le plus légalement du monde se regarde voter pour un dictateur, un despote dont le thème récurrent a toujours été, de tous temps, est, et sera toujours : « Si vous ne votez pour moi, sans moi vous ne récolterez que le chaos » !

Et de prendre à son compte la citation de Michelet « Lorsqu’un état est défaillant les sorcières apparaissent ». Et de développer dans son livre comment il a pu rencontrer pour cette étude un nombre conséquent de jeunes de Toulon. Et son étonnement de découvrir que les héros des post-adolescents de nos démocraties ont du se formater selon une tendance calquée sur des modèles tragiques des Amedy Coulibaly, Salah Abdseslam ou Mohammed Merah !

Et de souligner qu’après l’attentat effroyable de Mohammed Merah on a pu compter 90 actes antisémites dans la semaine qui a suivi. « Dans une société en paix les héros ont pour noms Zidane, Kouchner ou sœur Emmanuelle explique-t-il encore, dans une société en guerre les héros sont des sauveurs qui invitent au crime au nom de la morale. »

La résilience à laquelle Boris Cyrulnik a familiarisé ses lecteurs se vit très différemment lorsqu’il s’agit non plus d’un individu mais d’un état. « La résilience à l’échelle d’un pays, ça existe. Enfin, ça peut exister en cas d’apaisement… Mais pour l’instant, la France est toujours dans le traumatisme, dans l’affrontement, dans le temps présent. Je pense que nous avons les ressources nécessaires pour une résilience collective. Au fond, c’est assez facile lorsqu’il n’y a qu’un seul trauma. Ça, c’est le schéma classique. Mais lorsqu’on vit une cascade de traumatismes, la résilience devient improbable, voire impossible… Aujourd’hui, nous connaissons aussi une immigration liée à la guerre et à la pauvreté. Et très bientôt, nous allons connaître l’immigration liée au changement climatique, à la sécheresse. Ça a déjà commencé au Darfour… Ce n’est probablement que le début d’un phénomène que nous aurons le plus grand mal à maîtriser. Lorsque la soif poussera des gens à partir, qu’allons-nous faire, comment allons-nous réagir ? »

Toutes les religions développent le fantasme d’une intelligence supérieure et un état idyllique révélé… Mais seulement après la mort… Aujourd’hui, la grande différence, c’est qu’on cherche à le réaliser par la technique. D’ailleurs le processus a déjà commencé. « On change des articulations, on greffe des cœurs, on va manipuler les gènes… C’est le propre de la condition humaine que de chercher à s’arracher à la nature, par l’artifice des mots ou celui des outils. Je ne sais pas si on parviendra à vaincre la mort. Pour tout vous dire, j’en doute. Mais je pense qu’il s’agit d’un fantasme dangereux. Imaginons qu’on arrive à dominer la mort. La moindre variation écologique serait alors fatale ! Si nous arrivons à survivre en tant qu’espèce, c’est parce que nous disparaissons en tant qu’individus. Nous sommes déjà arrivés à un point où nous maîtrisons tellement la nature que nous sommes en train de la détruire… »

Ainsi lorsqu’il dit qu’il est optimiste parce que nous courons tous à la catastrophe, il ne fait qu’expliciter sa confiance en l’avenir : « La catastrophe, c’est un mode d’évolution normal, que ce soit pour les plantes, les animaux, ou les populations. La région qui va aujourd’hui de Boston à Montréal a connu par cinq fois une montée des eaux, qui a fait disparaître à chaque fois toute la faune et la flore. Et puis les eaux se retirèrent et on vit apparaître une autre faune et une autre flore. »

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

11 pensées sur “Boris Cyrulnik : La France, le terrorisme, la catastrophe…et l’espoir (Par Bely)

  • 28 avril 2016 à 11:59
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    voilà où nous mène le cerveau sans le coeur sans la emouna. Hachem avait prévenu Adam Harichon : Si tu manges de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu vas s mourir ! On comprend ce que cela signifie avec ce genre de taré qui croit avoir compris quelquechose

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    • 28 avril 2016 à 12:45
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      Je vous trouve un peu dure non. Il est complétement optimiste dans son analyse, malgré l’adversité. C’est typiquement juif non ?

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    • 28 avril 2016 à 1:09
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      peut etre mais je ne supporte pas l’absence de D.ieu dans ses analyses, il ne s’est pas créé tout seul et il ne sait pas pourquoi il est sur terre donc le reste n’a aucune espéce d’importance, c’est du blabla, certes optmiste mais qui ne débouche jamais sur rien

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    • 28 avril 2016 à 1:59
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      d’accord avec vous mais à ce rythme là, on risque de ne pas supporter grand monde

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    • 28 avril 2016 à 2:19
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      Christine Doucet c’est faux, les gens recherchent la vérité, le bien et la paix, pour la plupart, une réponse à ce pourquoi nous sommes dans ce monde, mais malheureusement il y a trop de gens qui sont célèbres et se permettent d’imposer leur théorie stupide à un grand nombre de personnes qui se voient mener sur des chemins de mensonge et de perdition, tout cela , bien entendu, avec l’emballage d’une bonne intention et d’un diplôme. Il faut lutter contre les idéologies du mensonge et il y en a en effet pas mal. Seul le peuple juif est garant de la vérité dans le monde en suivant la loi de Moshé Rabbenou donné par D.ieu au Mont Sinaï.

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    • 28 avril 2016 à 2:36
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      Sylvie Fhi J’ai la faiblesse de penser que ce n’est pas en traitant les gens de taré que notre vérité jaillira. Je ne prône pas la tolérance ni tendre l’autre joue et je suis même d’humeur guerrière contre nos ennemis déclarés, mais entre juifs, je tente de voir ce que chacun apporte de meilleur à son peuple. 12 tribus douze manières de concevoir notre universalités. Hag Sameah !

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    • 28 avril 2016 à 3:18
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      c’est drôle comme vous avez juste choisi le fait que je le traite de taré et occulté tout le reste de mon discours… ce n’était donc pas dialogue constructif…

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    • 28 avril 2016 à 3:26
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      Je vous ai dit dés le départ que je vous trouvais dure et que j’étais d’accord sur le fond. Faut-il le rappeler à chaque réponse pour être constructif ?

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  • 28 avril 2016 à 2:53
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    Être optimiste bien que ce soit parfois excessivement difficile est la marque de la foi. Sinon en tant qu’ être humain dans ce monde on prend une pèle et on creuse un trou (D. béni préserve ) rire. Je pense que la guerre contre le terrorisme peut être gagnée qu’ il ne faut pas être fataliste et qu’ il faut imaginer gagner si on appelle Hachem béni tout d abord et qu’ on utilise son cerveau au maximum de ses capacités avec beaucoup de logique et de volontés politiques mondiales. Alors oui ils perdront nécessairement. Mais Madame Fhi a raison c est Hachem qui fait en sorte que cela marche et que l on gagne sans lui c est impossible, impossible. Il y a quelque chose de mystique dans ces mauvaises intentions de même que l existence d Israël est mystique. Nous sommes Barouh Hachem toujours là depuis le début. Ce n est que ma modeste opinion rien de plus. Un ex la prière des Cohanim au Kotel il y a quelques jours comme au temps du Temple c est beau et mystique à la fois. Quel autre peuple peut revendiquer ce parallèle?

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