Bab al-Mandeb : une menace directe qui pése sur la stratégie israélienne

L’avance des Houthis menace les pays de la mer Rouge. À la lumière de la crise actuelle au Yémen et du contrôle de Sanaa par des groupes armés Houthiste, des experts égyptiens prévoient que l’Egypte pourrait intervenir dans le conflit pour empêcher les Houthis de prendre le contrôle du détroit de Bab al-Mandeb sur la mer Rouge.

Qui sont les Houthis ? Ce sont des islamistes chiites, yéménites, qui, armés et conseillés par l’Iran, veulent contrôler le pouvoir au Yémen de façon violente et insurrectionnelle. Idéologiquement, ce sont les islamistes les plus proches du sunnisme. Ils détiennent déjà une bonne partie de la capitale yéménite, Sanaa, la province de Saada, celle d’Al-Jawf, celle d’Amran et 40% de celle d’Hajjah. Ils sont fondamentalement contre le pouvoir central, sunnite, et disposent d »environ 100.000 hommes.

marine egyptieene

Le Commandant de la marine égyptienne, Oussama al-Jundi, a ouvertement déclaré la volonté de la marine de son pays de protéger les eaux territoriales du pays, de façon à préserver les intérêts économiques, la côte égyptienne dans toutes les directions et faire face à tous les risques qui pourraient les menacer. Dans le même temps, un certain nombre d’initiatives ont été lancées pour tenter de conjurer cette guerre. L’Egypte et l’Arabie saoudite ont tous deux reçu une invitation de Isaias Afwerki, le président érythréen, à entamer des négociations pour trouver un moyen de maintenir la sécurité des pays bordant la mer Rouge.

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Ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a même publié une déclaration conjointe avec l’ancien Premier ministre libanais Fouad Siniora. Ils ont appelé à une initiative arabe pour travailler à la restauration de l’unité de l’armée yéménite et de mobiliser les forces arabes pour rétablir la sécurité. En outre, ils travailleraient à l’élimination d’armes dans les villes yéménites et favoriseraient des élections législatives. Moussa et Siniora avertissent que la division au Yémen représente un danger pour la population, une menace pour la sécurité arabe de la mer Rouge et la mer d’Arabie : « Il faut empêcher les Houthis, qui sont soutenus par l’Iran, d’accéder à Bab al-Mandeb. »

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Quels sont les pays qui seraient toucher par le contrôle ? Le Yémen bien sûr, La Somalie, L’Erythrée, l’Arabie saoudite, le Soudan, Djibouti, et Israël. mais la prise de Bab al-Mandeb réservera à chacun un sort différent. Si l’on écarte le Soudan, tous les pays limitrophes seront économiquement et stratégiquement affectés.

En cas de conflit armé, l’Egypte pourrait recourir à la fermeture du détroit de Bab al-Mandeb – comme il l’a fait au cours de la guerre du Kippour avec Israël en Octobre 1973 – pour empêcher toute communication entre les Houthis et d’autres groupes terroristes en Egypte et dans le Sinaï en particulier. Sur le sujet de l’association du régime chiite d’Iran avec les Houthis au Yémen, l’expert stratégique, le général Hossam Sweilem a déclaré : « Exactement comme l’Iran contrôle le pouvoir au Liban à travers le parti chiite Hezbollah, l’Iran tente de contrôler le régime au Yémen à travers les Houthis, qui sont aussi des chiites « .

Il continue : »l’Egypte doit anticiper et se préparer à intervenir militairement pour empêcher les Houthis de fermer le détroit de Bab al-Mandeb, parce que ce serait mettre sous le contrôle de l’Iran. Cela aurait des effets négatifs sur le canal de Suez et favoriserait une bataille de vie ou de mort pour l’Egypte. Je ne pense pas que la communauté internationale permettrait que cela arrive « .

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En ce qui concerne la possibilité de déployer des forces internationales pour maintenir la sécurité dans la région de la mer Rouge, Sweilem affirme: « Une intervention est difficile et ne sera pas autorisée, ni par les Yéménites qui dominent la rive orientale du détroit de Bab al-Mandeb, ni les Erythréens qui contrôlent le côté ouest.  Pour justifier l’intérêt de l’Egypte, il a ajouté : « Il y a une base militaire de missiles iraniens sur la côte érythréenne et le Soudan est l’un des pays les plus importants sur la Mer Rouge. Il l’est devenu en partie grâce à l’Iran. En outre, il y a des usines d’armes iraniennes à Khartoum, y compris l’usine de Yarmouk ».

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Israël n’est invité que sporadiquement à participer aux débats sur un conflit armé, et surtout de façon secrète, mais l’enjeu de l’Etat d’Israël est trop important pour que le débat soit laissé entre les mains de pays qui ne sont pas de taille à affronter l’Iran ou les Houthis, ses supplétifs, comme les terroristes du Hezbollah le sont au Liban. Donc, l’intérêt stratégique d’Israël est primordial: son économie en dépend, puisqu’il s’agit du contrôle de la route du pétrole, et surtout parce qu’il confirme la vision lucide qu’il possède déjà sur l’hégémonie de l’Iran.

Une pensée sur “Bab al-Mandeb : une menace directe qui pése sur la stratégie israélienne

  • 25 décembre 2014 à 3:54
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    je trouve très interessant l’article suivant et vous y remercie: Bab al-Mandeb : une menace directe qui pése sur la stratégie israélienne

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