Avortement, mariage forcée, viols…ces palestiniennes qui se tournent vers Israël

 

Kalila avait 14 ans quand elle a épousé son cousin au second degré de 32 ans. Elle avait également 14 ans quand elle est tombée enceinte. Ni son mariage ni sa grossesse n’étaient sa décision..Enceinte de cinq mois, Kalila a grimpé au sommet d’un mur de pierre  de 3 mètres et elle se jeta le ventre en premier. Comme elle, environ 40 % des femmes des Territoires ont déjà avorté alors que cette procédure reste illégale chez les palestiniens. Devinez auprès de qui elles trouveront de l’aide?

Sa mère l’a amenée chez le médecin de famille, qui a constaté la mort de son fœtus, mais Kalila n’a obtenu aucune assistance médicale. Pratiquer un avortement est illégal en vertu de la loi palestinienne, alors qu’il est techniquement légal de protéger la vie de la mère. Dans la pratique, les médecins ne veulent pas effectuer une telle procédure. Après trois jours d’agonie, Kalila est allée à la salle de bain et en a sorti son bébé mort, ce qui a provoqué des saignements abondants. Elle a perdu connaissance. Sa mère l’a amenée vers le même médecin qui a pratiqué une intervention afin d’éviter d’éventuels risques d’infection.

L’histoire de Kalila est assez fréquente chez les femmes palestiniennes qui ne souhaitent pas mettre au monde un enfant. Bien que l’avortement soit interdit par le gouvernement palestinien, il n’y a pas de punition pour les femmes qui avortent seules. Cela a donc conduit à la propagation de méthodes d’avortement domestique, comme sauter depuis les escaliers ou insérer des instruments tranchants dans le corps.

En novembre dernier, une femme de Naplouse est décédée d’une hémorragie interne après avoir tenté de mettre fin à sa grossesse en ayant fait sauter son plus jeune fils sur son ventre. L’avortement est illégal dans la plupart du Moyen-Orient, mais ce qui distingue les femmes palestiniennes de ceux des autres pays arabes, c’est qu’elles vivent seulement à quelques kilomètres d’un pays où l’avortement est totalement légal, facilement accessible, et même financée par le gouvernement.

« Je préfère vivre en Israël sous gouvernement israélien. »

« L’Autorité palestinienne encourage essentiellement les méthodes d’avortements à risque », explique Amina Stavridis, la directrice de l’Association de Planification et de la Protection Familiale Palestinienne (PFPPA), une organisation à but non lucratif basée à Jérusalem. Les femmes doivent demander à une commission médicale l’obtention d’un avortement chirurgical mais 98 % de ces demandes sont approuvées. Les femmes palestiniennes qui vivent à Jérusalem-Est ont donc accès aux avortements à travers le système israélien.

Pour les palestiniennes vivant sous juridiction de l’Autorité palestinienne, le personnel de la PFPPA renvoie les femmes vers des cliniques où des médecins sont prêts à prendre un risque juridique pour pratiquer des avortements chirurgicaux confidentiels. La PFPPA est une organisation très nationaliste, qui est déterminée à voir un Etat palestinien se concrétiser. Pourtant, malgré son dévouement à la cause palestinienne, Stavridis, comme beaucoup de femmes palestiniennes, reconnait que les droits des femmes sont bafoués par l’Autorité palestinienne.

Pour 20 shekels

Et cela est souvent difficile pour elles de tout concilier. Bashira, une femme de 31 ans vit à Jérusalem-Est, dans la vieille ville à proximité du Mont du Temple. Elle prie tous les jours et a quatre enfants, dont le plus âgé à six ans. Son couple bat de l’aile, son mari est au chômage et elle reste à la maison avec leurs enfants. En raison de leur situation économique et de sa volonté de divorcer, elle a décidé qu’elle ne voulait pas avoir d’autres enfants.

Lorsque Bashira a découvert qu’elle était enceinte de trois semaines après leur cinquième enfant, elle ne l’a pas dit son mari. Elle est allée directement voir son médecin israélien, qui lui a prescrit une pilule abortive.  » Cela ne m’a coûté que 20 shekels! Je me sens très chanceuse de vivre ici », a déclaré Bashira, en se référant à Israël. Comme la plupart des Palestiniens, Bashira souhaite qu’il y ait un Etat palestinien indépendant. Mais, pour son bien et le respect de ses droits en tant que femme, elle concède: «Je préfère vivre en Israël sous gouvernement israélien. »

L’Autorité Palestinienne utilise le conflit pour préserver les crimes d »honneur!

Les crimes d’honneur – crime qui conduit les propres parents d’une femme à la tuer pour protéger la réputation de la famille – sont parmi les facteurs qui conduisent les femmes dans les territoires palestiniens à se faire avorter. Et les exemples ne manquent pas. Comme cette femme qui  était fiancée quand elle est tombée enceinte. Les parents de son mari lui ont mis la pression la menaçant de la tuer si elle n’interrompait pas la grossesse. Cette nuit-là, elle a essayé plusieurs méthodes à la maison. Après une semaine, elle est allée à la salle de bains et le fœtus mort est tombé. Mais elle a souffert de ces graves complications médicales!  Depuis, elle et son mari, qui se sont mariés un mois plus tard, ne sont plus en mesure de concevoir d’enfants.

Ou bien Atiya qui avait eu une relation avant mariage avec son petit ami. Elle raconte qu’à la fin, il ne voulait pas l’épouser…parce qu’elle n’était plus vierge. « Il m’a quitté, enceinte, et elle savait bien que si sa famille découvrait tout cela, ils allaient la tuer. » Stavridis pousse un cri de colère quand on lui parle du gouvernement palestinien, qui utilise le conflit avec Israël comme prétexte pour ignorer les droits des femmes.

« En soutenant les droits des femmes sous contrôle palestinien, l’Autorité palestinienne aurait la possibilité de débloquer la situation. Boire aussi est aussi contraire aux principes de l’Islam. Et pourtant, l’AP a bien des programmes publics pour les personnes ayant des problèmes avec la consommation d’alcool. C’est probablement parce que la plupart des palestiniens sont alcooliques. Bien sûr, ils ont adopté une loi pour punir les meurtres d’honneur mais dans la pratique, rien n’a pas été mis en œuvre.  »

Chaque année, la PFPPA « rend service » à plus de 70.000 palestiniennes! Aucune trace de la procédure d’avortement n’est laissée dans des dossiers médicaux ou ailleurs, il est donc impossible de déterminer combien de femmes palestiniennes subissent des avortements en Israël. Au Moyen Orient, Israël reste à la pointe au niveau du droits des femmes et cela, bien au-delà de ses frontières!

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